Tournoi des Maîtres: une «évasion» et une «libération» sans cellulaire une journée
Les patrons adorent la politique rigide du Augusta National interdisant les téléphones portables sur la propriété


François-David Rouleau
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AUGUSTA | « Dring, dring, dring. » Sur l’afficheur du destinataire apparaît la provenance de l’appel : Augusta National Golf Club. Pour les adeptes de golf et les apôtres du Tournoi des Maîtres, c’est un clin d’œil formidable. Pour les autres ignorant les règles strictes, ce n’est pas un appel de courtoisie !
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Vieux règlement datant de plus de trois décennies, même quand les appareils portables à clavier plastifié ne servaient qu’à téléphoner, les cellulaires sont strictement interdits sur la propriété du club de golf Augusta National (ANGC). Tout appareil électronique capable de retransmettre du contenu doit rester dans la voiture. C’est bien inscrit sur les affiches dans les stationnements. Une mesure qu’aiment énormément les golfeurs.
Aux entrées, les « patrons » vident leurs poches et leurs sacoches et passent les contrôles de sécurité. Même la silhouette des appareils dans les vêtements est repérée en un coup d’œil.
Pour garder un brin le contact avec le monde extérieur, par contre, les spectateurs ont accès aux bons vieux téléphones avec ligne terrestre. Les appels locaux, nationaux et internationaux sont offerts gratuitement, à condition de connaître les numéros et les codes des pays où joindre l’être cher.

Bonne fête !
À 10 h 30, par une splendide matinée en Géorgie, des patrons faisaient la file pour accéder aux 24 cabines téléphoniques près du gigantesque tableau principal.
Brett avait un message pour son petit-fils à l’autre bout du fil, au Kentucky. « Bonne fête, Noah. Je suis au Augusta National avec ton papa », lui a-t-il soufflé pour souligner ses neuf ans.
À leur première visite au Augusta National, son gendre et lui ont savouré chaque minute de l’occasion d’une vie pour les amateurs de la petite balle blanche.

« C’est un peu bizarre de se promener sans un téléphone dans les poches. Mais c’est super, car on porte attention à tout ce qui se passe autour. On se parle aussi. Ce qui n’est pas toujours le cas quand on a un téléphone dans les mains », a indiqué avec justesse Brad, en répondant aux questions du Journal sur le sujet.
Retour en enfance
Pour Beau, un résident du Colorado qui passait la troisième de ses quatre journées en « terre sainte » au ANGC, laisser le téléphone dans l’auto est une « libération totale ».
« Je retombe en enfance, quand on faisait simplement jouer dehors, a rappelé celui qui est professionnel de golf en titre par chez lui. Je n’ai pas à me soucier de ce qui se passe à l’extérieur de ce parcours. C’est aussi une pause complète de travail. Tout ça attendra à ce soir. »

Où pouvait-il bien appeler à 11 h du matin ?
« J’ai appelé ma mère, a-t-il répondu en riant. Je lui ai dit que je suis encore vivant, que je me tiens loin des problèmes et que j’apprécie mon temps ici. »
« Appeler de ces téléphones, c’était sur ma liste de choses uniques à faire en visitant ce parcours, a ajouté un peu plus tard Caroline, venue de Tulsa, en Oklahoma. J’ai appelé ma mère, qui est une fan du Masters. C’est cool de voir le nom de cet endroit sur l’afficheur. »
Pour capturer les moments de la visite, les appareils photo sont toutefois permis uniquement durant les trois rondes d’entraînement.
