Tour de France: Wout van Aert intraitable


Jean-François Racine
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L’intraitable Wout van Aert est plus sympathique qu’un ogre ou un vautour, mais il ne reste quand même que des miettes pour ses adversaires après son passage.
Pour cette quatrième étape, le Tour de France a retrouvé le public français mardi.
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Après trois tentatives ratées où il avait échoué chaque fois en terminant deuxième, le Belge de 27 ans voulait son bouquet.
Toujours assoiffé malgré le maillot jaune sur les épaules et le vert aux points, van Aert a placé une attaque dévastatrice dans la côte du cap Blanc-Nez, courte ascension située à 10 km de l’arrivée à Calais.
Le cycliste de la Jumbo-Visma étant propulsé par les membres de sa formation, la stratégie était parfaite et personne n’a pu répondre à son accélération. Ses quinze secondes d’avance lui ont été suffisantes pour célébrer joyeusement en solitaire.
«Un truc de fou»
«C’est une victoire exceptionnelle pour moi. C’est presque impossible d’arriver tout seul. Quand tu es seul en tête, c’est difficile d’imaginer c’est quoi 20 secondes. C’est un truc de fou», a lancé la vedette recrutée par le géant Red Bull.
«Il a largué Adam Yates. Ce n’est pas n’importe qui !» a ajouté Sylvan Adams, le patron chez Israel-Premier Tech.
Les parieurs se demandent encore ce que recherche cet athlète polyvalent. Spécialiste du cyclo-cross, van Aert est costaud au contre-la-montre, rapide au sprint et passe à merveille plusieurs types de bosses. Il a toutes les cordes à son arc ou presque. Habile sur les pavés, il pourrait même jouer vêtu de jaune le rôle d’équipier de luxe de ses potes Primoz Roglic et Jonas Vingegaard à Arenberg mercredi. Drôle de situation.
Peut-il gagner le Tour ? Certains commencent à s’interroger sérieusement. De bons rouleurs comme Thomas Voeckler et Julian Alaphilippe ont déjà causé des surprises jusqu’à la dernière minute sur la Grande Boucle.
Exploit plutôt rare
Le vainqueur du jour signe déjà sa septième étape sur le Tour. Il devient ainsi le premier coureur qui s’impose vêtu du maillot jaune sur une étape de plaine depuis Fabian Cancellara en 2007 à Compiègne.
Wout van Aert augmente aussi son avance en tête du classement général. Le double champion Tadej Pogacar pointe au troisième rang à 32 secondes.
À l’arrivée à Calais, le pauvre Jasper Philipsen a hurlé sa joie croyant avoir gagné l’étape. Comme un junior, il n’a jamais vu la fusée van Aert à l’avant.
«Bien sûr, j’étais déçu. Ça montre aussi l’intensité de l’effort», a tenté d’expliquer Philipsen.
«C’est vraiment dommage pour lui», a ajouté le gagnant.
Encore le Danois
Le Français de la formation Cofidis, Anthony Perez, a animé la journée en prenant la fuite avec l’infatigable Magnus Cort, toujours présent. Le Danois conforte son maillot à pois après plus de 400 km en échappée.
Avec seulement deux hommes en tête, le peloton avait déjà visiblement les yeux tournés vers l’étape de mercredi sur les pavés.
«Je m’attendais à ce qu’il y ait un peu plus de coureurs. J’aime quand même avoir mon ticket de sortie et le public du nord a été super avec moi», a précisé Perez.
«Il y a des équipes qui auraient eu intérêt à placer un homme à l’avant», a aussi mentionné l’analyste Thomas Voeckler, retraité depuis 2016.
Les râleurs ont ravalé leurs critiques en voyant le numéro planifié par la Jumbo-Visma et Wout van Aert.