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Tortorella: son dernier match à Montréal?

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-04-09T22:25:28Z

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Le Canadien reçoit les Flyers de Philadelphie ce soir au temple. Il s’agit d’une deuxième visite à Montréal en moins de trois semaines pour les oranges.

À la dernière occasion, Martin St-Louis a posé un «solidex» lapin à son homologue, ami et mentor John Tortorella alors que ses hommes ont gagné le match 4 à 1.

Les Flyers luttent désespérément pour entrer en séries éliminatoires la semaine prochaine.

Ils n’ont plus de place où aller, ils doivent aligner quelques victoires et pourtant, il semble que ce soit très difficile pour eux.

Dans les 10 derniers matchs, Philly a le pire dossier des cinq équipes qui ont encore espoir de ramasser une des deux dernières places disponibles pour le gros tournoi (2-5-3). Sept maigres points de classement sur une possibilité de 20, c’est nettement insuffisant, mais pourtant, les hommes de John Tortorella demeurent à un petit point d’une place en séries, avec toutefois un match de moins à disputer que tous leurs opposants sauf leurs voisins d’état, les Penguins.

«Les hommes de John Tortorella», est-ce que l’on peut vraiment encore le dire comme ça?

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Le 19 mars dernier, l’intempestif entraineur-chef a décidé de laisser de côté quelques vétérans, dont Sean Couturier, que l’organisation avait nommé capitaine 34 jours plus tôt.

Une décision sans doute défendable, mais assurément audacieuse. La production de Couturier n’est assurément pas au niveau attendu cette saison, mais 11 buts et 36 points en 70 matchs, ce n’est quand même pas totalement catastrophique. Pensez à la production de Josh Anderson...

D’autre part, outre une fiche offensive plus tiède, Couturier demeure très engagé sur la glace. Son effort est constant et soutenu, il a la cause de son équipe à cœur et son désir de jouer en séries ne peut pas être contesté.

Il a, en outre, le respect de ses coéquipiers. Il est récipiendaire du trophée Selke en 2020 et lors d’une entrevue qu’il m’a accordée en janvier, le directeur général, Daniel Brière, a qualifié Sean de «cœur et âme» de son équipe et une des raisons pour lesquelles les Flyers pouvaient espérer entrer en séries ce printemps.

Vérifications faites, Couturier n’a enfreint aucun règlement d’équipe, il n’a commis aucun délit passible d’une telle sanction.

Il a juste été victime d’une autre saute d’humeur de son coach, John Tortorella ayant accumulé un palmarès de décisions douteuses impressionnant au fil des saisons.

Je rappelle que «Torts» ne voulait plus rien savoir de Vincent Lecavalier à Tampa et que sans un changement à la direction générale, le Lightning aurait probablement échangé son centre numéro un. Le nouveau DG est arrivé et a obligé Tortorella à faire avec Vincent. La suite, on la connaît : une coupe Stanley.

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Le 19 mars dernier, Tortorella a gagné son pari. Son club a battu les puissants Leafs 4 à 3.

Depuis cette victoire, les oranges ont gagné une seule fois, perdant cinq fois, puis trois autres fois au-delà des 60 minutes réglementaires.

Au fil de cette vilaine séquence, ils se sont fait planter 4-1 par le Canadien, puis 5-1 par les Blackhawks de Chicago et enfin, 6-2 par les Blue Jackets de Columbus. Trois des cinq pires équipes au classement général de la ligue, hors circuit des séries depuis quelques lunes. Les Flyers ont aussi perdu 4-2 à Buffalo.

Peut-on vraiment, dans les circonstances, convenir que Tortorella a gagné son pari en laissant son capitaine de côté ?

Philly compte plusieurs jeunes joueurs. Ceux-ci sont facilement impressionnables. Par la peur, Tortorella est parvenu à les faire fonctionner un temps, ce temps semble révolu.

Les «leçonnettes» fréquentes du coach sur la place publique, sa façon de d’accuser personnellement certains de ses joueurs dans les médias... il y a dans les méthodes de «Torts» quelque chose de passéiste, de dépassé.

Le style de Tortorella plait beaucoup aux médias, je suis un de ceux qui adore ses points de presse et qui aime tout autant le voir vociférer derrière le banc.

Mais je pense qu’il a abusé de la corde que lui ont laissé le propriétaire de l’équipe et les légendes Bobby Clarke et Paul Holmgren, qui reconnaissent en lui un «broadstreet bullie».

L’ennui, c’est que ce style corrosif est égal à patiner sur une glace très mince en 2024. Et Tortorella voit actuellement cette glace se rupturer sous ses lames. Regardez-le bien, ce soir, car vous ne le reverrez peut-être plus jamais derrière un banc d’un club de la Ligue nationale à Montréal !!

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