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Tournoi des Maîtres: l’endurance à l’état pur

Tiger Woods parvient à terminer le Tournoi des Maîtres au 47e rang

Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2022-04-10T19:30:16Z
2022-04-11T01:28:14Z

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AUGUSTA | Tiger Woods a fait une accolade à sa mère, Kultida, une autre à sa fille, Sam, et serré dans ses bras son fils, Charlie, sous le Big Oak Tree, après sa dernière ronde du Tournoi des Maîtres, hier. Puis, il s’est dirigé vers la porte du pavillon de l’Augusta National en peinant à marcher.

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Le grand champion de 82 titres professionnels de la PGA, dont 15 tournois majeurs, venait de compléter son grand retour au jeu après son effroyable accident de février 2021. 

Au fil de sa 24e présence sur les allées du club géorgien, jamais il n’a osé se plaindre de sa condition physique. Tout était maîtrisé. 

Il a livré une leçon de courage et de persévérance aux « patrons » qui l’ont suivi et encouragé ainsi qu’à ceux qui l’ont observé de la maison. 

Il a reçu un chaleureux accueil triomphal à son arrivée au 18e fanion.

Scènes poignantes 

Photo AFP
Photo AFP

Mais hier, en sortant de la cabine de pointage, il n’a pu monter les quatre marches de l’escalier sans s’appuyer sur la rampe. Et après son point de presse, la scène à laquelle ont assisté quelques scribes et curieux patrons à proximité déchirait le cœur. 

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Quelques minutes plus tôt, il avait hésité à répondre à une question à propos de sa douleur. Il avait seulement réagi dans un moment qui voulait tout dire. Une image a valu mille mots. 

Les scènes suivantes en ont valu des millions. Par sa participation à ce Masters, le quintuple champion du veston vert a prouvé son inimaginable endurance. 

À son avis, celle-ci est l’une de ses plus grandes réussites à vie. 

« En excluant une victoire, c’est le plus grand, sans aucun doute », a signalé l’athlète de 46 ans, qui n’a pas été épargné par les nombreuses blessures durant sa carrière.

« Pour avoir effectué tout ce chemin depuis mon accident et être en mesure de jouer ce tournoi, c’est incroyable. J’ai une équipe tout aussi incroyable. L’appui et le soutien de mes amis et de mes pairs sur le circuit signifient énormément pour moi. »

Une victoire

Humble, l’homme a aussi démontré beaucoup de reconnaissance. Bien qu’il ait terminé au 47e rang avec une fiche cumulative de +13, il ne retient que le positif de ce retour. 

« Le seul fait de jouer, de performer à ce niveau et de jouer une bonne première ronde, étaient une victoire. J’ai réussi à me hisser dans le haut du tableau. 

« Je n’ai pas l’endurance physique que je voudrais, mais il n’y a que quelques semaines, je ne savais même pas si j’étais en mesure de jouer ce tournoi », a-t-il rappelé. 

Des séances d’entraînement intensives et des tonnes de traitements l’ont aidé à orchestrer ce grand retour au jeu.

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« C’est une chose de jouer pour le plaisir en courant derrière la balle avec mon fils Charlie, c’en est une autre de jouer un championnat majeur. Ce fut une longue route et je suis fier d’avoir tenu le coup. Tant de différentes choses auraient pu survenir depuis cet accident il y a 14 mois. Cette semaine, j’ai pu prendre le départ du Masters. »

Pourquoi à Augusta ?

Mais au juste, pourquoi tenait-il à revenir au jeu à cet endroit ? 

Pour sa signification. Parce que ce tournoi lui est cher. Parce que c’est là où tous les grands champions ont joué. Parce qu’ils ont tous parcouru ces allées mythiques.

« Il signifie tellement pour ma famille et moi. L’année où je suis né [1975], Lee Elder fut le premier homme noir à participer au Masters. Il fut l’un des trois membres à la cérémonie protocolaire des coups de départ l’an passé. Il était ici en 1997 quand j’ai gagné. Vingt-cinq ans plus tard, je suis encore ici à le jouer, a répondu Woods. 

« Ça veut tout dire pour moi, a-t-il ajouté. Il n’y a aucun autre endroit où on participe à un tournoi majeur toujours sur le même parcours. Je chéris aussi St. Andrews, car c’est le berceau du golf et j’y ai gagné deux fois. »  

Après son point de presse, le Tigre a éprouvé de la difficulté à descendre du petit podium d’environ 10 pouces. Un relationniste au veston vert a bien voulu lui offrir son aide. Il l’a refusée. 

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L’endurance à l’état pur. Jusqu’à la toute fin. 

On ne sait pas s’il reviendra au jeu dans les prochaines semaines. Il n’a pas confirmé sa présence au Championnat de la PGA d’Amérique à la mi-mai, à Southern Hills, un parcours de plus de 7500 verges. 

Woods sera toutefois présent à la 150e édition de l’Omnium britannique, à St. Andrews, en juillet. 

Augusta express 

RUPTURE DE STOCK

Hier matin, c’était la réunion préparatoire à la journée de golf qui attend 28 membres des médias sur l’Augusta National, aujourd’hui. Nous avons écouté toutes les consignes à la lettre, puisqu’il ne faut surtout pas en déroger. Parmi les consignes, il nous est impossible d’utiliser notre cellulaire sur le parcours pour prendre des centaines, voire des milliers de photos de cette ronde unique. Dès la sortie de la réunion s’est engagée une course pour trouver un appareil. Dix jours après le début du programme du Masters, il est tout sauf évident de trouver un maususse de kodak en ville. Les patrons qui pensaient franchir les tourniquets avec leur cellulaire ont dévalisé les rayons de tous les grands magasins. Des recherches dans des succursales de Walmart, Target, CVS et cie n’ont pas abouti. Finalement, l’un des Best Buy de la région avait deux appareils en stock. Mon collègue de Toronto, Jon McCarthy, et moi avons même répondu à un petit quiz sur le Masters afin d’obtenir un rabais additionnel à chaque bonne réponse. Le coup de départ est prévu à 11 h 40. Le reste, vous le lirez mardi ! 

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RÉSISTER À L’ENVAHISSEUR

Dans la foulée de la pandémie et de la folie immobilière, la grande région d’Augusta n’est pas différente des autres villes d’Amérique. Le prix des propriétés a doublé depuis 18 mois. Le magazine Insider a publié un reportage à la suite d’un article du Wall Street Journal. Ce dernier a rapporté que, depuis 1999, la direction de l’Augusta National a acheté plus d’une centaine de propriétés voisines du club de golf en dépensant plus de 200 M$. La superficie totale de ses nouvelles propriétés dépasse les 270 acres. Mais une seule maison résiste encore et toujours à l’envahisseur. Elle est située à un jet de pierre du parcours. Sur Berckmans Road, à l’angle de Washington Road, celle-ci a une superficie de 1900 pieds carrés. Sa valeur est évaluée à 330 000 $. L’ANGC a déposé de multiples offres au-delà de 1 M$. Les propriétaires lui ont vendu une autre maison qui était située de l’autre côté de la rue pour la modique somme de 1,2 M$. Les Thacker refusent de céder leur petit coin de paradis, car ils ont élevé leurs deux enfants sous ce toit. Leurs cinq petits-enfants et leurs cinq arrière-petits-enfants continuent de les visiter. Pas question de la livrer à la démolition. 


UNE PREMIÈRE DEPUIS 2005

Corey Conners
Corey Conners Photo AFP

Il y a longtemps qu’un Canadien n’avait pas réussi un aussi bon résultat que cette sixième place de Corey Conners au Tournoi des Maîtres. Il faut remonter à 2005, année où Mike Weir avait pris le 5e rang, deux ans après sa victoire en prolongation face à Len Mattiace. Terminant avec une fiche cumulative de -3, à égalité avec l’une des stars montantes du circuit, Will Zalatoris, Conners aurait souhaité un départ sur les chapeaux de roues afin de suivre la parade devant. Les conditions météorologiques parfaites n’ont pas empêché le parcours de montrer les dents. Mais à ses cinq derniers fanions, l’Ontarien a réalisé trois oiselets, dont les deux derniers trous. « Toutes les facettes de mon jeu ont fonctionné cette semaine. J’aurais souhaité réaliser plus d’oiselets, mais je suis aussi parvenu à sauver de bonnes normales pour garder le rythme. J’ai vraiment bien frappé la balle, a expliqué celui qui a terminé avec une ronde de 70 (-2). Sur ce parcours, l’exécution doit être à point. Je crois que mon jeu épouse bien l’Augusta National avec ma trajectoire naturelle de droite à gauche. En résumé, j’ai bien fait des tertres aux verts. » En effet, le golfeur de 30 ans a atteint 65,3 % des verts en coups prescrits, ce qui lui confère le 9e rang. Bien qu’il eût souhaité en amasser davantage, sa récolte de 16 oiselets le place au 5e rang. Il a profité de 16 de ses 47 occasions. C’est un troisième top 10 de suite à Augusta. Ce qui le met en confiance pour le reste de la saison et ses futures présences sur le National.

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