«Je crois que je peux encore gagner ce tournoi» – Tiger Woods au Masters
Le golfeur vedette de 48 ans vise pas moins qu’un sixième veston vert


François-David Rouleau
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AUGUSTA | Uno, si Tiger Woods est débarqué à Augusta pour le Tournoi des Maîtres, c’est qu’il croit encore viscéralement en ses chances. Il le répète depuis des années. S’il n’y croyait pas un tantinet, il n’y participerait pas. Deuzio, s’il y a une place sur terre où il peut encore gagner, c’est bien au Augusta National, un parcours qu’il connaît comme le fond de sa poche.
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Est-ce un rêve ou un mirage? Les prochains jours nous le démontrerons. Car le golfeur de 48 ans n’a complété aucun tournoi officiel depuis l’Invitation Genesis de février 2023. Oui, il a joué les quatre rondes de son Challenge Hero World en décembre dernier, mais ce tournoi est marqué d’un astérisque et n’est pas reconnu officiellement par le circuit de la PGA.
En championnat du Grand Chelem, il faut remonter à sa 47e position à l’édition 2022 du Masters lors de laquelle il effectuait son grand retour à la compétition après son grave accident de voiture. Il avait ensuite participé au Championnat de la PGA d’Amérique à Tulsa où il s’était retiré et à l’Omnium britannique à St Andrews où il n’avait pas résisté au couperet.
Depuis, rien. L’an dernier, il avait agité le drapeau blanc lors d’une très pénible troisième ronde pluvieuse et froide à Augusta. Il avait ensuite subi une énième intervention chirurgicale, cette fois à la cheville bousillée dans cet accident de la route en Californie.

Plusieurs souhaits
Pour enfiler un sixième veston vert et ainsi rejoindre Jack Nicklaus, golfeur le plus décoré à Augusta, le Tigre espère que son jeu sera à point et que la température coopérera. À l’entraînement cette semaine, bien que son compagnon de jeu de lundi Will Zalatoris ait dit qu’il jouait bien après avoir bénéficié des conseils du gros chat, il faut rectifier que Woods poivrait des balles à gauche et à droite sur le retour.
Quant à la météo, Dame Nature sera déchaînée jeudi. Près de 40 mm de pluie seraient déversés avec des vents soufflant jusqu’à 70 km/h tandis que le mercure oscillera autour de 25 degrés Celsius. Tout de même une bonne chose pour les os et les muscles endoloris du golfeur amoché et rouillé.

«Si je peux réunir tous les aspects de mon jeu et exécuter de bon coup, je crois que je peux encore gagner ce tournoi, a-t-il affirmé d’un ton sérieux dans sa très attendue conférence de presse. Je ne sais pas quand ce moment et ce jour viendront. Mais je persiste à y croire.
«Je ne suis pas encore rendu au moment où je pense d’arrêter d’y croire», a ajouté celui qui voue toujours un profond amour à son sport.
Toujours aussi unique
C’est d’ailleurs le même sentiment pour ce tournoi cher à ses yeux et auquel il participe une 26e fois dans sa carrière. Il a eu cette étreinte avec son père Earl après sa grande victoire de 1997, trois autres sacres et cet enlacement chaleureux avec son fils Charlie quand il a gagné en 2019.

«Il fait partie de ma vie et celle de ma famille. J’ai aussi vu les Byron Nelson, Sam Sneed et Gene Sarazen s’élancer du premier tertre. Je veux toujours continuer à participer à ce tournoi.
«Ce qui est incroyable à propos de ce parcours, c’est le site d’un seul et même majeur chaque année. On s’y raconte des histoires et on revoit des amis. C’est mon occasion de rattraper le temps avec mes idoles et les gens qui m’ont guidé toute ma vie.
«Je peux porter ce veston vert pour le reste de ma vie. C’est fantastique. Je suis un membre honorifique de ce club, mais j’adore ça.»
Ce que Tiger a aussi dit
Pourquoi a-t-il dérogé de son plan en ne jouant pas chaque mois depuis décembre?

«Je n’étais pas prêt. Mon corps et mon jeu non plus. Ce plan annoncé en novembre, c’était pour établir un rythme. Ça n’a pas fonctionné. J’espère que jusqu’avec les championnats majeurs prévus jusqu’à juillet, ça devrait fonctionner.»
Sa condition physique sur un parcours vallonné

«Ma cheville ne fait plus mal, car elle est soudée. C’est très bien avec les tiges insérées. Elle n’ira nulle part! Mais c’est plutôt les autres parties de mon corps qui en subissent les conséquences: le dos, les genoux, entre autres avec les longues marches. Il faut endurer. La douleur est quotidienne. C’est pourquoi je préfère quand il fait chaud et humide. Quant aux coups à exécuter, tous ceux qui ne sont pas du tertre représentent un défi.»
Résister à un 24e couperet de suite

«C’est la constance, la longévité et la façon de comprendre comment jouer ce parcours. C’est pourquoi on voit des joueurs de 50 et 60 ans résister au couperet et même des gars approchant les 50 ans rivaliser dans le haut du tableau. Il faut savoir comment jouer ce terrain. Mais il faut aussi exécuter.»
Capitaine à la Coupe Ryder 2025 à Bethpage?

«On continue à discuter avec la PGA d’Amérique. Seth [Waugh, directeur général] et moi devons nous asseoir après le Masters. Je peux dire que je serai occupé pour les prochaines semaines. Je me concentre sur le Masters d’abord.»
Rory McIlroy peut-il compléter son Grand Chelem?

«Sans aucun doute, il y arrivera à un moment ou un autre. Il est trop talentueux et il a encore beaucoup de temps devant lui. C’est maintenant de savoir quand il y arrivera. Il sera un grand champion du Masters un jour. Et ce pourrait être cette semaine. Il sait jouer ce parcours qui s’ajuste à ses yeux.»