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Theo Benedet, le projet franco-canadien des Bears de Chicago

Le bloqueur de l'Université de la Colombie-Britannique a été embauché après le repêchage

Photo Didier Debusschère
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2024-05-06T04:00:00Z

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Dans les années à venir, chez les Bears de Chicago, l’un des protecteurs du tout premier choix au repêchage, Caleb Williams, pourrait bien être un joueur de ligne offensive issu directement du système universitaire canadien et qui s’exprime couramment en français.

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Tout juste après l’encan annuel lors duquel il n’a pas eu le bonheur d’entendre son nom, Theo Benedet n’a pas patienté longtemps lorsque les Bears lui ont donné le coup de fil attendu.

Il a conclu un pacte à titre d’agent libre qui lui garantit de toucher au moins 100 000$. Pour ce type d’entente, il s’agit d’un montant plutôt significatif qui laisse croire que les Bears estiment réellement que Benedet peut percer leur formation de 53 joueurs à la fin de l’été.

Et qui est ce Theo Benedet? Les partisans des Carabins se souviendront que leur équipe a vaincu les Thunderbirds de l’Université de la Colombie-Britannique à la finale de la Coupe Vanier de novembre dernier.

Benedet était l’un des joueurs les plus dominants à UBC, lui qui est devenu le premier joueur offensif de l’histoire du football universitaire canadien à mettre la main deux fois sur le trophée JP Metras, remis au meilleur joueur de ligne au pays.

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«Jamais je ne vais passer par-dessus cette défaite, mais en même temps, je m’en sers comme motivation. Les Bears vont vite voir que je suis quelqu’un de très compétitif qui cherche toujours à gagner. C’est bien les trophées individuels, mais c’est les championnats que je recherche», a-t-il lancé lors d’un entretien avec Le Journal.

Racines canadiennes et européennes

Lors de la conversation, Benedet ne s’est pas contenté de baragouiner quelques mots de français. Le natif de Toronto et résident de Vancouver a tenu à ce que l’entretien se déroule entièrement en français, langue qu’il maîtrise parfaitement et dont il est fier.

«Mon père est né à Ottawa et il a grandi en Suisse. Il parle en français depuis que je suis né et j’ai fait toute mon école primaire dans le système francophone. J’ai aussi habité une année à Lyon, en France. J’ai un mélange de toutes ces influences.

«Mon père a toujours voulu que comme Canadiens, on soit bilingues. Ma sœur est très impliquée dans la communauté francophone en Colombie-Britannique», a-t-il expliqué.

Une équipe en ascension

Benedet aurait aimé être repêché, mais il se console à l’idée d’avoir pu choisir Chicago comme destination parmi quelques offres.

Les Bears sont venus le voir à Vancouver à deux reprises l’automne dernier et ont trouvé qu’il bougeait fort bien pour un gaillard de 6 pi 7 po et 300 livres. Ils étaient aussi présents avec 15 autres équipes à son Pro Day, en mars.

Depuis, les Bears entretiennent les plus grands espoirs après avoir repêché le quart-arrière Caleb Williams, perçu comme un talent rare.

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Le premier choix des Bears au dernier repêchage, Caleb Williams.
Le premier choix des Bears au dernier repêchage, Caleb Williams. Photo Getty Images via AFP

«C’est super excitant me joindre à une équipe en ascension avec un groupe de jeunes joueurs remplis de potentiel. J’ai hâte de contribuer», a indiqué Benedet, qui participera au mini-camp des recrues le week-end prochain.

Si l’aventure de la NFL ne fonctionnait pas, Benedet n’aurait pas à s’exiler loin de la maison puisque les Lions de la Colombie-Britannique en ont fait leur choix de deuxième ronde mardi.

Une année faste pour les Canadiens

Theo Benedet est ouvert à l'idée de changer de position dans la NFL.
Theo Benedet est ouvert à l'idée de changer de position dans la NFL. Photo Didier Debusschère

Theo Benedet n’est pas le seul joueur au pays à tenter d’atteindre la NFL la saison prochaine. Pas moins de quatre Canadiens ont été repêchés, dont un autre joueur de ligne offensive de l’Université de la Colombie-Britannique, Giovanni Manu.

Manu a été le choix des Lions de Detroit au quatrième tour, ce qui a réjoui son bon ami Theo Benedet.

«On se parle tout le temps. C’est spécial de se retrouver ensemble, non seulement dans la NFL, mais tous les deux dans la même division. Il y a déjà une rivalité!» a-t-il rigolé.

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En plus de Manu, l’ailier rapproché Theo Johnson a été choisi par les Giants au quatrième tour, tout comme le demi de coin Qwan’tez Stiggers par les Jets une ronde plus tard. Un autre ailier rapproché, Tanner McLachlan, a été le choix de sixième ronde des Bengals.

Il s’agit de la deuxième meilleure cuvée canadienne après le record de cinq, qui a été établi l’an dernier.

Inspiré par LDT et Auclair

Dans l’histoire de la NFL, seulement 39 joueurs ont fait leur place dans des formations de la NFL en provenance du football universitaire canadien. Au Québec, Laurent Duvernay-Tardif (2014) et Antony Auclair (2017) sont les plus récents à avoir pavé la voie.

«C’est spécial de considérer ça, mais ce que j’espère le plus c’est que le cercle va continuer de s’agrandir.

«Des gars comme Laurent et Antony, c’est super inspirant parce qu’ils nous ont montré que tout était possible. Il faut être reconnaissant. Les équipes ont vu leurs succès et ils voient que d’autres peuvent devenir de bons joueurs», a souligné Benedet.

Le joueur de 22 ans a aussi bénéficié des contacts de l’agent montréalais Sasha Ghavami, lui qui était familier avec le directeur général des Bears, Ryan Poles.

«Ryan Poles était à Kansas City lorsque Laurent était avec les Chiefs. Ce que les Bears ont vu en premier, c’est mon potentiel athlétique et le mouvement de mes pieds. Si je fais l’équipe, je dois me préparer à jouer toutes les positions. C’est ce que j’ai fait en prévision du repêchage.»

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