Un botteur du Rouge et Or invité au camp des Patriots de la Nouvelle-Angleterre

Richard Boutin
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Parti en Arizona pour deux camps de deux semaines en février et en avril dont il a assumé toutes les dépenses, le botteur Vincent Blanchard a vu son investissement fructifier tard samedi soir lorsque les Patriots de la Nouvelle-Angleterre l’ont invité à leur camp des recrues les 10 et 11 mai.
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À l’aube du repêchage de la NFL qui s’est déroulé du 25 au 27 avril, le produit du Rouge et Or de l’Université Laval savait que ses chances d’être sélectionné n’étaient pas élevées, mais il fondait ses espoirs de mettre le pied dans le meilleur circuit sur une invitation à un camp des recrues.
«À la base, c’était mon objectif et je suis très content, a-t-il raconté. Ce fut un investissement assez dispendieux, mais je croyais en mes chances. Ce fut rentable. Mes chances d’être repêché étaient extrêmement minces. Je ne pouvais pas m’entraîner sous les yeux d’une équipe de la NFL contrairement aux joueurs de la NCAA et j’ai souffert d’un manque de visibilité.»
Planche de salut
Sa présence en Arizona où il s’est entraîné sous la férule du gourou des botteurs Gary Zauner était sa planche de salut. Ce dernier a occupé un poste de coordonnateur des unités spéciales dans la NFL pendant 13 saisons et les formations du circuit Goodell lui témoignent une grande confiance quand elles sont à la recherche d’un botteur ou d’un spécialiste des longues remises.
«Ces deux camps m’ont permis de me faire connaître, a-t-il expliqué. Coach Zauner est très respecté. Il m’avait dit que les Pats étaient intéressés, mais il fallait attendre de voir jusqu’à quel point leur intérêt était grand. À mon deuxième camp en Arizona, j’ai eu une entrevue avec le coordonnateur des unités spéciales des Pats [Jeremy Springer]. Cet entretien de 20 minutes s’est très bien déroulé.»

Bonne situation
Si trois autres équipes ont contacté son agent, Blanchard est très heureux de se retrouver en Nouvelle-Angleterre. «Boston, c’est près de la maison; les Patriots possèdent une longue histoire et plusieurs s’intéressent au football en raison des succès de Tom Brady comme quart-arrière de l’équipe.»
S’il est loin d’être évident pour un invité d’attirer l’attention dans un camp de recrues qui regroupe 90 joueurs, Blanchard estime qu’il se retrouve dans une bonne situation. «Je suis content d’atterrir avec les Pats parce que leur botteur de précision a connu une saison moyenne l’an dernier. Contrairement à des équipes qui misent sur un botteur aguerri, celui des Pats n’a pas un poste coulé dans le béton.»
Dans ce contexte où Chad Ryland n’a pas connu une grande saison avec 16 placements réussis en 25 tentatives et qu’il ne compte qu’une année derrière la cravate après avoir été sélectionné en quatrième ronde en 2023, Blanchard prévoit que les Pats inviteront plusieurs botteurs, mais il ne se fait pas de sang de cochon pour autant.
«Je veux profiter du moment présent, m’amuser et rester calme sans tenter d’en faire trop. Je dois être dans le même état d’esprit qu’à mes deux camps d’évaluation en Arizona où la compétition était forte également. Je sais que j’ai la jambe assez puissante pour évoluer dans la NFL.»
Les Pats comptent dans leurs rangs le garde québécois Sidy Sow, coéquipier de Blanchard avec les Cougars du Collège Champlain en 2015 quand ils ont remporté le Bol d’Or.
«Vincent est un espoir légitime»
Gary Zauner ne peut prédire si Vincent Blanchard recevra une offre de contrat ou non au terme de sa participation au camp des recrues des Patriots, mais il est convaincu d’une chose.
«Vincent est un espoir légitime, a affirmé le coordonnateur des unités spéciales pendant 13 saisons dans la NFL et maintenant propriétaire d’une école de botteurs en Arizona. Quand une équipe de la NFL signe un joueur, c’est parce qu’elle croit qu’il possède une chance de percer l’alignement. Ce n’est pas une faveur ou un signe de gentillesse.»
«Les Pats veulent voir jusqu’à quel point il est bon, et Vincent aura l’opportunité de se produire en direct devant une équipe de la NFL pour la première fois, de poursuivre Zauner. Personne ne l’a vu sauf sur vidéo.»

Vainqueur du camp d’évaluation du coach Zauner réservé aux espoirs admissibles au repêchage de la NFL en février dernier à égalité avec Blanchard, Brayden Narveson a signé un contrat à titre d’agent libre avec les Titans du Tennessee. Les deux avaient réussi un placement de 60 verges.
«Comme en Arizona, ça va se jouer sur deux ou trois bottés, a indiqué Blanchard. Chaque botté sera important et ma concentration devra être élevée. Peu importe ce qui va arriver, je vais garder la tête haute.»
Parce qu’il n’était pas assuré d’obtenir un essai dans la NFL et qu’il voulait se préparer aussi pour le repêchage de la LCF, Blanchard a repris sa plaque à l’entraînement au cours des deux dernières semaines, mais il va maintenant se concentrer uniquement à botter directement du sol.
«J’ai mélangé les deux préparations et utilisé des ballons différents, a-t-il expliqué. Ce n’est pas évident.»
Une opportunité qui arrive rarement
Les botteurs issus de USports qui obtiennent une opportunité dans la NFL ne sont pas légion. En 2016, Quinn Van Gylswyk, des Thunderbirds de UBC, avait obtenu un essai avec les Giants de New York. Il faut par la suite remonter à 2010 quand Rob Maver, des Gryphons de Guelph, avait participé au camp des recrues des Falcons d’Atlanta.
Maver a longtemps travaillé en compagnie de Zauner. Il a évolué dix saisons dans la LCF principalement comme botteur de dégagement avec les Stampeders de Calgary avant de prendre sa retraite en 2019.