TGV à Québec: des avis contrastés pour l’emplacement de la gare


Taïeb Moalla
Partager
Les participants aux consultations sur le TGV Québec-Toronto se sont accordés, mercredi, sur l’importance de ce projet pour l’économie du pays et de la région. Les opinions étaient toutefois divergentes quant au meilleur emplacement pour la gare de Québec.
• À lire aussi: TGV: l’emplacement de la gare de Québec connu à l’automne
C’est ce qui ressort de la première journée de consultations publiques organisées par Alto (nouveau nom du TGV) à Québec.
Alto a choisi d’installer des kiosques dans une salle du Hilton pour pouvoir parler de différents aspects (vitesse, coûts, calendrier, environnement, enjeux techniques, économie...) du mégaprojet. Quelques dizaines de personnes se sont déplacées pour y assister.
«Le Canada a été créé par le train. Au fond, c’est comme la deuxième vague. C’est un Canada 2.0.», s’est enthousiasmé Richard Legendre.
Raisonnement semblable chez Laurent Boivin. Accompagné de sa conjointe, ce dernier a montré un fort intérêt pour le TGV. «On a déjà pris le train entre Québec et Montréal, mais c’est souvent trop lent. Quand on a pris le TGV en Europe, c’était beaucoup plus rapide», a-t-il relaté.
À l’est ou à l’ouest?
L’emplacement de la future gare ne sera connu qu’à l’automne, insistent les dirigeants d’Alto.
L’option de la gare du Palais semblait recueillir la faveur de plusieurs personnes, même si tous conviennent de l’importance des défis techniques d’une insertion jusqu’au centre-ville.
Pour Anthony Cadoret, «la gare du Palais est parfaite notamment parce que les gens qui utilisent le transport en commun sont concentrés au centre-ville. C’est un emplacement logique».
De passage à Québec, Bruno Berge, touriste français résidant à Lyon, a affirmé que «le TGV change complètement la physionomie des villes et les façons de se déplacer et de travailler [...] La gare doit être le plus près du centre-ville et du centre d’affaires. Il faut aussi avoir des parkings souterrains.»
Gilles, qui n’a pas voulu donner son nom de famille, a qualifié l’option de la gare du Palais «d’intéressante». Par contre, il n’a pas caché son intérêt pour un emplacement à Charlesbourg, dans le secteur de la 41e Rue, où sera situé le terminus est du tramway. D’autres intervenants ont plutôt évoqué le terminus ouest du tramway, à Le Gendre.
De leur côté, Richard Legendre et René Ferguson sont plutôt convaincus que la future gare du TGV doit absolument être située sur les terrains de l’aéroport à condition que le tramway s’y rende également. Ils y voient une opportunité pour qu’il y ait davantage de vols directs entre l’aéroport de Québec et l’Europe.
8 à 12 G$
Lors de sa conférence devant la Chambre de commerce, le maire de Québec, Bruno Marchand, a soutenu que les investissements publics pour la région, en lien avec Alto, sont évalués entre 8 et 12 G$.
«On a beau dire que le TGV va se rendre à Québec, et j’y crois à 100%, ça va être facile un jour pour les politiciens de dire: “Ça coûte un peu cher, peut-être que ça va arrêter à Montréal” [...] Si on ne défend pas nos projets collectifs, c’est d’autres qui vont nous manger la laine sur le dos.»
Le TGV de 1000 km, reliant Québec à Toronto, devrait voir le jour autour de 2040 et pourrait coûter entre 60 et 90 G$.
Avec la collaboration de Stéphanie Martin
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.