De futurs enseignants ont refusé de faire de la suppléance dans les écoles jeudi, une «grève» qui avait pour but de faire entendre leurs revendications au sujet d’un test de français obligatoire.
• À lire aussi: De futurs profs en grève pour un test de français, d'autres pour de meilleures conditions de stage
• À lire aussi: La piètre qualité du français écrit: lorsque la complexité rebute
• À lire aussi: Tests de français des futurs profs: une faillite collective
Leurs revendications concernent le fameux Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFÉE), dont la réussite est obligatoire pour obtenir un brevet d’enseignement au Québec.
«À Rimouski, on est une cinquantaine d’étudiants, de première, deuxième et troisième années du baccalauréat à avoir refusé de faire de la suppléance aujourd’hui. Même des étudiants qui ont réussi le test participent», a indiqué Caroline Fournier, initiatrice du Regroupement pour la modification du TECFÉE et étudiante de troisième année en enseignement du primaire à l’Université du Québec à Rimouski.

Mme Fournier a assuré que des étudiants en enseignement de plusieurs universités québécoises ont refusé de faire de la suppléance jeudi, mais il était toutefois impossible pour elle de chiffrer le taux de participation à l’échelle de la province.
Karine Grenier, qui est étudiante en enseignement à l’Université du Québec en Outaouais, a récemment décidé de militer auprès de Mme Fournier.
«Ça se déploie rapidement, on reçoit beaucoup de messages et on voit combien il y a eu des gens bloqués par le TECFÉE», a-t-elle raconté.
«Pour moi, c’était un rêve de devenir enseignante, d’obtenir mon brevet, et je dois vous avouer que je me pose la question. Si je suis stoppée, j’ai 44 ans, est-ce que je vais aller travailler dans les écoles pour les 10 prochaines années sans brevet? – parce qu’on le sait, avec la pénurie, il va y avoir de l’emploi – ou est-ce que je me dirige vers un autre baccalauréat?» a-t-elle confié.
Les étudiants s'impliquant dans le Regroupement pour la modification du TECFÉE souhaitent qu’il y ait une réforme de l’examen et des règles l’entourant.
Ils espèrent notamment que la réussite obligatoire de cet examen soit repoussée à la fin de leur formation plutôt qu’au troisième stage. Mentionnons qu’un échec de cette épreuve avant leur troisième stage oblige les étudiants à le reporter d’un an.
«On ne veut pas niveler vers le bas, mais on veut augmenter le taux de réussite de cet examen pour que les étudiants puissent poursuivre leur parcours scolaire», a expliqué Mme Fournier.
Le Centre d’évaluation du rendement en français écrit, qui gère le TECFÉE, a refusé la demande d’entrevue de TVA Nouvelles.

L’attachée de presse du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a indiqué «que les préoccupations des étudiants étaient entendues par le ministre» et qu’il prenait actuellement connaissance des dossiers.
Pour ce qui est des étudiantes qui portent le mouvement, elles assurent que ce ne sera pas la dernière journée de grève.