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Témoins de la fusillade dans Côte-des-Neiges: «C’est normal d’être ébranlé», assure une psychologue clinicienne

2026-06-23T01:53:21Z

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La fusillade survenue lundi dans Côte-des-Neiges, à Montréal, qui a fait trois morts, dont un policier et un civil, a été vécue de près par de nombreux témoins ainsi que par les agents intervenus sur les lieux. Un tel épisode de violence peut laisser des séquelles psychologiques importantes, mais l’état de choc qui suit est tout à fait normal, souligne une psychologue clinicienne.

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« C’est sûr que c’est normal d’être très ébranlé. C’était un événement très sérieux, très angoissant », a déclaré d’emblée la Dre Karine Gauthier, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, aux ondes de LCN, lundi.

Selon elle, le caractère soudain du drame a pu faire craindre aux personnes présentes pour leur vie ou leur intégrité physique.

Portrait de la Dre Karine Gauthier, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec. Le jeudi 13 mars 2025. Sur cette photo: Dre Karine Gauthier MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI
Portrait de la Dre Karine Gauthier, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec. Le jeudi 13 mars 2025. Sur cette photo: Dre Karine Gauthier MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI (MARIO BEAUREGARD)

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« Donc, c’est normal d’avoir besoin de temps [...]. C’est comme si dans ces événements-là où les choses se passent très, très vite, des fois, on peut se sentir un peu déconnecté ou sentir qu’on ne réalise pas vraiment qu’est-ce qui s’est passé. Donc, d’être vraiment bienveillant avec nous », a-t-elle souligné.

La psychologue explique qu’il peut s’écouler un certain temps avant que les personnes touchées comprennent qu’elles ne sont plus en danger.

Armada de policiers du SPVM sur place pour trouver le tireur
Armada de policiers du SPVM sur place pour trouver le tireur Photo Mario Beauregard

« Au début, il y a la période de choc, qui peut durer jusqu’à trois jours. [...] De se demander : “OK, ça s’est-tu vraiment passé ?” D’avoir aussi des flashs-back [...], c’est-à-dire de revivre certaines scènes. Ça peut être aussi de les voir, ça peut être d’entendre des sons, même des odeurs, peu importe. Donc, ça, ça peut perdurer », a-t-elle expliqué.

Chaque personne réagit toutefois différemment à un événement traumatique, rappelle-t-elle. Certains symptômes peuvent apparaître rapidement, tandis que d’autres peuvent se manifester plus tard.

Une fusillade a éclaté et causé trois morts près du boulevard Décarie dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, le lundi 22 juin 2026. Sur cette photo: Des gens évacués du 6993, Décarie.
Une fusillade a éclaté et causé trois morts près du boulevard Décarie dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, le lundi 22 juin 2026. Sur cette photo: Des gens évacués du 6993, Décarie. Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

« On parle plus d’un trouble de stress post-traumatique après un mois, quand ces symptômes-là continuent. Puis, c’est sûr que des fois, il n’y en a pas au début des symptômes, puis ils peuvent apparaître même plusieurs mois plus tard », a-t-elle souligné.

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• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Marc Boilard, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Des policiers également affectés

Les policiers qui sont intervenus en première ligne lors de la fusillade ont eux aussi été exposés à un niveau de stress considérable. Tout en tentant de protéger la population et d’assurer leur propre sécurité, ils ont dû poursuivre leur intervention malgré la mort de l’un de leurs collègues.

« Ça fait une charge qui est très grande pour eux. Puis, c’est sûr qu’ils sont à risque d’avoir des symptômes en lien avec cet événement, puis de vivre ça difficilement », a mentionné Dre Gauthier.

Une fusillade a éclaté et causé trois morts près du boulevard Décarie dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, le lundi 22 juin 2026.
Une fusillade a éclaté et causé trois morts près du boulevard Décarie dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, le lundi 22 juin 2026. Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Selon elle, il est essentiel que les premiers répondants, y compris les policiers, aient accès à du soutien psychologique.

« Ils sont souvent exposés à des événements de la sorte [...], des événements qui sont potentiellement traumatiques. Donc, ce sont des choses qui s’accumulent, puis qui peuvent faire en sorte qu’à un moment donné, il y a un point de bascule, finalement, que ça fait trop pour une personne ou que ça devient plus difficile », a-t-elle ajouté.

La Dre Gauthier invite d’ailleurs toute personne qui ressent de la détresse ou qui constate que les événements nuisent à son fonctionnement quotidien à consulter et à aller chercher de l’aide.

Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-dessus.

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