Suspension de la guerre commerciale entre Trump et le Canada: le tourisme sportif aux États-Unis était déjà au ralenti
Les décisions politiques du président Donald Trump et la faiblesse du huard expliquent la tendance à la baisse dans les voyages de ski et de golf aux États-Unis


François-David Rouleau
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De grandes agences de voyages du Québec spécialisées dans le tourisme sportif observent un ralentissement de la demande et ressentent «certaines craintes» envers les forfaits de sports de glisse et de golf aux États-Unis. Deux raisons expliquent cette tendance des derniers mois, selon elles: les politiques du président Donald Trump et la faiblesse du dollar canadien.
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«Beaucoup de clients ont démontré leurs hésitations de voyager aux États-Unis. Nos agents ont senti qu’ils ont envie d’aller ailleurs dans les prochaines semaines et les prochains mois, a affirmé Marc-Olivier Gagné, directeur des développements numériques et responsable des communications chez Voyages Gendron.
Ce très gros joueur du Québec offre une panoplie de forfaits dans des destinations américaines pour jouer au golf, dévaler les pentes et rouler à vélo, entre autres.

Bien que l’entreprise se dise apolitique, elle a mis sur pause son investissement dans l’offre de ses produits aux États-Unis et réoriente son marché.
En réponse à Trump
«On offre le produit et on ne décourage personne d’y aller, a insisté M. Gagné en entrevue avec Le Journal. On demeure un facilitateur dans le monde du voyage.»
Les agents de Voyages Gendron ont toutefois souvent entendu les politiques, dont la volonté d’imposer des tarifs douaniers du président américain depuis quelques semaines, comme raisons de la part de ses clients désirant voyager ailleurs dans le monde.
«Avec ce qui se passe, on s’attend aussi à une hausse marquée de l’intérêt des voyageurs pour le Mexique, l’Europe et l’Afrique, a expliqué M. Gagné. On essaie de réorienter nos marchés vers d’autres destinations pour pallier à un éventuel boycottage des États-Unis.»

Parmi ses options, l’agence mettra davantage en valeur les options de voyages au Québec et dans diverses régions du Canada.
Ski et golf: une beurrée
Il n’y a pas qu’une potentielle guerre économique «suspendue durant 30 jours» qui incite les voyageurs à regarder ailleurs. Avec un taux de change à 1,47$, la facture est beaucoup plus salée quand vient le temps de s’éclater sur des planches dans les montagnes ou avec des bâtons sur les parcours de golf du pays de l’Oncle Sam.

Les destinations prisées du Colorado réputées à travers le monde telles que Vail et Aspen, de l’Utah, de l’Arizona et de la Floride coûtent les yeux de la tête.
«Le taux change carrément la donne», a affirmé Marc Savoie, le président de Sportvac, une agence spécialisée dans les forfaits de ski et de golf, entre autres.

«Un voyage de ski au Colorado coûte déjà cher avec le coût de la vie et le prix des billets de remontées mécaniques, a-t-il poursuivi. Là, avec les décisions de [Donald] Trump et les effets sur le taux de change, ce sera encore plus cher. L’effet du dollar présentement va carrément tuer l’offre.»
Selon lui, la demande pour les États-Unis est moins forte depuis l’arrivée de Trump dans le portrait. Les adeptes de voyages sportifs se dirigent plutôt vers l’Europe, comme dans les Alpes pour le ski ou dans l’ouest du Vieux Continent pour le golf. Il note déjà un changement dans les habitudes alors qu’il estime que 40% de sa clientèle a mis le cap sur l’Europe pour les périples de ski et à 30% vers les Caraïbes pour le golf.

«Si on compare rapidement, un billet de ski à Aspen, au Colorado, peut grimper jusqu’à 300$ canadiens par jour. À Val d’Isère en France, il est à 110$. Pour 426 euros (630$), tu peux skier six jours. Au total, l’économie s’élève à plus de 1600$ et on n’a même pas encore parlé de l’hébergement, qui est beaucoup plus cher aux États-Unis que dans les Alpes», a expliqué le président de cette agence qui est dans le milieu depuis 35 ans.
Des impacts à venir
Sportvac va aussi pousser l’offre canadienne, soit des forfaits à Whistler-Blackcomb ou à Banff, par exemple dans le domaine des sports de glisse.
Marc Savoie croit également que les politiques de Trump et les effets du taux de change auront des impacts sur les idées de dernière minute pour s’occuper durant la semaine de relâche.

Il ne s’inquiète toutefois pas outre mesure à propos du marché en raison de la diversification du marché.
«Mais ce qui m’inquiète, c’est qu’avec l’allure des choses présentement, ça dérape avec des pertes d’emplois. On le saura dans plusieurs mois.»