Un sursis pour les agences de voyages sportifs


Benoît Rioux
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Moindre mal pour certaines agences de voyages sportifs du Québec: la menace d’une possible guerre tarifaire pèse alors que la saison de la NFL se conclut, dimanche, avec la présentation du Super Bowl.
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«La NFL est notre vache à lait, c’est notre produit le plus populaire et de loin, vient trancher Eric Grenier, co-propriétaire de l’agence de voyages Rêve Sportif, qui est basée à Québec. Les consommateurs ont été au rendez-vous cette saison, malgré la faiblesse du dollar. Ça pourrait nous aider à traverser une tempête.»
Pour le moment, on sait que les tarifs douaniers de 25% imposés au Canada par les États-Unis, qui devaient entrer en vigueur mardi, ont été suspendus pour au moins 30 jours.
L’entreprise Rêve Sportif, populaire pour ses voyages organisés en autocar de luxe, traverse une période faste depuis quelques années. Or, les menaces du président américain, Donald Trump, ont inévitablement créé de l’incertitude. Un boycottage des voyages sportifs aux États-Unis de la part des Québécois pourrait faire mal aux entreprises d’ici.

«Ça va nous toucher si les gens décident de boycotter les États-Unis, on devra alors réfléchir, a précisé Grenier, dont l’entreprise a profité d’une fusion avec Les Sportifs en Voyage. Depuis le retour de la pandémie, on bat des records à chaque année. On vient d’avoir un automne historique avec un record de voyages et de passagers.»
Des produits québécois
Si une hausse des prix n’est pas envisagée à court terme, la réflexion s’amorce alors que Rêve Sportif estime que 80% de ses voyages ont lieu aux États-Unis. À l’aube du Super Bowl, leur bilan de la saison 2024 de football est sans équivoque: 4908 passagers, 86 autocars, 22 stades différents visités, plus de 10 000 hot-dogs ou hamburgers consommés de même que... 10 317 bières.
À ce sujet, Grenier se fait une fierté de dire que l’entreprise de voyages sportifs encourage les produits québécois.
«Les billets de la NFL et les hôtels en territoire américain sont difficilement remplaçables, mais on fait affaire avec un transporteur québécois et on a beaucoup de produits locaux pour les tailgates, que ce soit pour la nourriture ou la boisson», a-t-il fait valoir.
En plus de faire affaire avec des boucheries d’ici, Rêve Sportif a même collaboré à la création d’une bière de type session IPA, «La Tailgate Party», avec la microbrasserie Ras L’Bock, située à Saint-Jean-Port-Joli.
Des options?
Pour l’avenir, Grenier voit difficilement comment la NFL pourrait être remplacée. Avec des voyages au Canada pour aller voir les Alouettes de Montréal sur la route?
«La demande n’est pas là pour la Ligue canadienne de football», a-t-il avoué.
Présentement, les périples au Canada sont essentiellement composés d’une vingtaine d’autocars, en provenance de Québec, pour aller voir le Canadien au Centre Bell. Sinon, il y a plus ou moins cinq voyages par année à destination de Toronto pour aller voir le baseball majeur et les Blue Jays.
Ajustements
Les clients n’ont pas démontré, pour l’instant, un désir de boycotter les voyages aux États-Unis. Encore il y a quelques jours, soit le 31 janvier, on annonçait plutôt l’ajout d’un autocar supplémentaire pour un trip de baseball prévu à New York et Philadelphie du 30 juillet au 3 août.
Parmi les prochains voyages, il y a un doublé pour aller voir Connor McDavid et les Oilers, à Philadelphie et à Washington, plus tard, en février. L’offre est valable alors qu’un voyage en autocar de Québec à Edmonton peut difficilement être à la fois réalisable et plaisant sur une période de deux à trois jours.
En avril, on propose toutefois un match des Blue Jays combiné à une partie des Raptors dans la région de New York. Pourquoi ne pas proposer un combo semblable à Toronto? Cela pourrait faire partie d’une éventuelle réflexion, si un boycottage des Québécois pour les États-Unis devait s’imposer.