Suivre les changements de la LCF va coûter très cher
Mylène Richard
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Les changements que la Ligue canadienne de football mettra en place au cours des deux prochaines années ont beau en réjouir plusieurs, ils suscitent aussi de l’inquiétude au sein du sport scolaire.
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Les nouvelles règles de jeu, c’est facile à adapter. Ce sont plutôt les modifications que la LCF fera aux terrains qui pourraient coûter très cher aux municipalités et aux écoles qui voudraient emboîter le pas afin d’uniformiser le football au pays et ainsi mieux préparer les athlètes au circuit professionnel.
«On m’informait que ça peut tourner autour de 30 000$ juste pour déplacer les poteaux de l’avant à l’arrière de la zone des buts. Et ça ne tient pas compte du changement de lignage», a raconté hier Gustave Roel, chef de la direction du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), faisant référence aux nouvelles dimensions du terrain.
Son organisme est en attente des directives de Football Québec, qui les reçoit de Football Canada.
«Je ne suis pas convaincu que les organisations aient la capacité financière de faire les changements d’infrastructure pour 2027. C’est quand même assez rapide», a poursuivi Roel en entrevue au Journal.

L’exemple du basketball
Il se rappelle qu’il y a quelques années, la zone nommée «la bouteille» au basketball avait été réduite. Les changements s’étaient opérés à long terme, lorsqu’un gymnase était construit ou qu’une surface neuve était installée.
En reculant les poteaux dans les zones payantes, la LCF espère voir plus de touchés. Mais il y a aussi une question de sécurité, afin d’éviter les collisions.
«Ç’a du sens, mais ça reste une modification importante d’une structure», a martelé Roel.
«Ça amène une vitesse de jeu, un spectacle un peu plus soutenu. C’est intéressant, on ne peut pas dire le contraire. Mais comment ça va s’opérer sur le terrain?» s’interroge-t-il.

Le cas de McGill
Tant le RSEQ que le U Sports, qui encadre les sports universitaires élites au Canada, n’ont pas été consultés par la LCF.
«On va prendre les informations, comprendre les détails et entreprendre la discussion avec nos membres et les associations, a expliqué le chef de la direction d’U Sports, Pierre Arsenault. On va prendre le temps qu’il faudra afin de savoir si c’est possible, parce que les changements d’infrastructure, ce sont de gros projets.»
L’un des dossiers à surveiller sera celui des trois universités partageant le terrain avec des équipes de la LCF, dont les Alouettes, qui évoluent au stade Percival-Molson de l’Université McGill. C’est également le cas à Calgary et à Winnipeg.
Les Alouettes devraient demander à McGill d’effectuer les modifications, ce qui ferait en sorte que les Redbirds pourraient ne pas jouer sur une surface identique à leurs adversaires.
«Je crois que dans les prochaines années, les deux structures vont exister au Canada, a avancé Arsenault. C’est une question de savoir si, pour toutes les catégories, c’est possible que deux types de terrains soient utilisés dans une même ligue durant une saison.»

De plus, la zone payante à McGill est présentement amputée en raison de la présence d’une piste d’athlétisme. Une situation à laquelle la LCF souhaite remédier.
«Si des équipes professionnelles veulent faire des changements, c’est bien, mais nous, on fait affaire avec du sport amateur», a rappelé Roel.