Stade olympique: le PLQ réclame une pause
L’opposition officielle craint que la suite de l’aventure ne soit un puits sans fond pour les contribuables


Marc-André Gagnon
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Le chantier du Stade olympique de Montréal doit être mis sur pause, exige Marwah Rizqy. La députée libérale craint que la suite de l’aventure, à la lumière des révélations du Journal, ne devienne un véritable puits sans fond pour les contribuables.
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«Avant d’engager des deniers publics, la première chose à faire, c’est arrêter de nous prendre pour des valises et nous donner l’heure juste», réclame Mme Rizqy à l’endroit du gouvernement Legault.
Selon des experts universitaires consultés par nos journalistes, après l’installation d’un nouveau toit sur le stade – des travaux d’au moins 870 M$ – il faudra vraisemblablement investir des centaines de millions pour corriger l’acoustique du bâtiment, retaper les toilettes et les sièges, etc.
«Je pense qu’on doit avoir le portrait global», considère Mme Rizqy. Or, c’est ce qui manque, constate-t-elle, avec le plan de match actuel pour prolonger la vie du bâtiment datant de 1976.
«Il n’y a personne qui va entreprendre la rénovation de sa maison en commençant avec la toiture, alors qu’on nous dit: “En passant, ça se peut que les fondations soient à refaire”», observe la députée de Saint-Laurent.
- Écoutez Marwah Rizqy au micro de Richard Martineau via QUB :
Un puits sans fond
«On en train en fait de se magasiner un gigantesque puits sans fond de dépenses», s’inquiète Mme Rizqy.
L’élue libérale n’en revient toujours pas que l’estimation de 2 G$ martelée par la ministre du Tourisme Caroline Proulx pour les coûts de démolition du stade repose dans les faits sur une étude datant de 2003.
En effet, un document obtenu à la suite d’une demande d’accès à l’information démontre que pour en arriver au chiffre de 2 milliards, la direction du Parc olympique n’a fait qu’actualiser en dollars d’aujourd’hui une «analyse préliminaire» réalisée en 2003.
«En vingt ans, vous ne ferez jamais croire qu’on ne s’est jamais amélioré partout dans le monde, au niveau de l’ingénierie», conteste Mme Rizqy.
- Écoutez la chronique culture et société avec Jean-François Baril et Sophie Durocher via QUB :
Comparables
La députée s’étonne aussi que le gouvernement ne se soit pas donné la peine de présenter des chantiers de démolition comparables, comme l’a fait Le Journal, et qui se chiffrent bien loin des 2 G$ martelés par la ministre du Tourisme Caroline Proulx.
Ayant grandi à un jet de pierre du Stade olympique, Marwah Rizqy dit comprendre «l’attachement émotif» que plusieurs ont avec ce bâtiment symbolique pour les Montréalais.
Mais si c’est la principale raison qui pousse le gouvernement à aller de l’avant avec un nouveau toit, que ce soit dit clairement, plutôt que de «sortir n’importe quoi comme chiffre» en ce qui a trait aux coûts de démolition, signale la députée du PLQ.
«En attendant, je refuse qu’on nous dise n’importe quoi comme chiffre et qu’on insulte l’intelligence des Québécois», a résumé Mme Rizqy, qui invite le gouvernement Legault à davantage de rigueur avec l’argent des contribuables, surtout à l’heure où le premier ministre prépare les Québécois à plusieurs années de déficit.
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