Corriger l'acoustique, refaire les toilettes et les sièges... après le nouveau toit, encore une fortune à investir au Stade olympique
Martin Jolicoeur, Charles Mathieu et Yves Levesque
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La construction d’un nouveau toit fixe pour le Stade olympique de Montréal ne constitue qu’un prélude à l’annonce d’autres travaux de plusieurs centaines de millions de dollars supplémentaires.
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Vous pensiez que vous aviez fini de payer? Qu’après le toit, le gouvernement cesserait enfin d’engouffrer des sommes astronomiques dans le Stade olympique? Détrompez-vous, préviennent plusieurs experts consultés.
«On ajoute un toit neuf sur un bâtiment qui aura bientôt 50 ans. C’est à peu près certain que d’autres travaux devront suivre», soutient le professeur du département du génie civil de Polytechnique Montréal Bruno Massicotte.
«Après avoir installé le toit et payé les dépassements de coûts d’usage, je ne serais pas surpris qu’il faille ajouter entre 200 M$ à 300 M$ de travaux, ne serait-ce que pour maintenir l’ouvrage de béton en bonne santé et rendre l’ensemble plus attrayant».

Des promesses
En conférence de presse, le 5 février, la ministre du Tourisme Caroline Proulx a expliqué que la toile actuelle, en piteux état, devait urgemment être remplacée pour préserver l’intégrité du stade. Coût projeté: 870 M$.
- Écoutez Marwah Rizqy au micro de Richard Martineau via QUB :
La construction d’un nouveau toit – le troisième depuis 1987 – permettrait de plus de tirer le plein potentiel du site, en lui permettant de se tailler une place dans le circuit des grands concerts internationaux, dans celui des foires commerciales et – peut-être aussi – dans celui du sport professionnel.
«Personnellement, je n’y crois pas du tout, lâche le professeur d’économie du sport à l’ESG UQAM, Philip Merrigan. Le stade pourra certes accueillir des événements ponctuels, mais pas d’équipes professionnelles sur une base régulière, comme avant. Malheureusement, du point de vue du sportif, je crois qu’il n’y a plus rien à attendre du stade.»

Confirmation de travaux à venir
Michel Labrecque, PDG sortant du Parc olympique (anciennement la Régie des installations olympiques), n’accordait déjà plus d’entrevues sur le sujet cette semaine.
Toutefois, au micro de QUB Radio, le jour de l’annonce, il avait admis que des travaux allaient devoir suivre ceux du toit. «L’acoustique [...] c’est dans le top de la liste», avait-il répondu, sans s’avancer sur les coûts.
Outre les problèmes connus de sonorisation du stade, qu’un nouveau toit fixe promet d’amplifier, la société d’État devra aussi vite s’attarder à la refonte du système d’éclairage, au rehaussement de ses loges corporatives, au remplacement de sièges, et de son système de ventilation.
La liste est longue, reconnaît le professeur Merrigan. Même les blocs sanitaires seraient à refaire, nous dit-on, avant de penser à y attirer les Taylor Swift et autres grandes pointures du spectacle et du sport.
Combien de millions encore?
Difficile de savoir combien devront être ainsi investis, en plus du toit et des 50 M$ que le Parc dépense déjà, bon an mal an, dans le seul maintien du stade et les immobilisations.
La direction du Parc se montre rassurante. Elle dit avoir la charge d’«infrastructures en santé» et être bien au fait des travaux à venir. Mais lorsque questionnée sur les coûts, par exemple, du remplacement à venir de l’éclairage, elle répond se concentrer pour l’heure au remplacement du toit.
À défaut de plus d’informations, l’expérience ontarienne pourrait là aussi nous éclairer à cet égard. L’ancien SkyDome de Toronto, mieux connu sous le nom de Rogers Centre, a amorcé il y a 18 mois des rénovations (voir texte ci-contre). Total de la facture: 300 M$ pour des installations vieilles de... seulement 35 ans.
Si l’échéancier est respecté, le stade montréalais aura 52 ans à la fin des travaux en 2028. Ce toit neuf, jure-t-on, durera 50 ans.
«Est-ce que le stade saura, lui, survivre encore aussi longtemps? Et demeurer sécuritaire jusqu’à l’âge de 100 ans?» demande sérieusement le professeur Massicotte, aussi membre du Groupe de recherche en génie des structures.
Aussi importantes soient-elles, ces questions demeurent en suspens. «En principe, la réponse est oui. Mais comme avec le pont Champlain – qu’il a fallu remplacer prématurément –, on n’est jamais à l’abri, de l’apparition d’un défaut d’assemblage ou de structure.»
Un risque qui s’accentue avec l’âge, prévient-il. Et qui, oui, pourrait encore nous coûter cher.
- Avec la collaboration d'Anouk Lebel.
Des rénos à 300 M$ à Toronto
Pas besoin de chercher très loin pour avoir une idée de ce que pourrait coûter la rénovation de l’intérieur du Stade olympique, une fois que le toit et l’anneau technique auront été remplacés.
À Toronto, le Rogers Centre a amorcé, en octobre 2022, des rénovations majeures au coût de 300 M$, financées entièrement par des investisseurs privés. Le stade des Blue Jays, qui avait été construit comme un complexe pouvant accueillir plusieurs équipes professionnelles, deviendra un établissement axé sur le baseball.

Lors de la première phase, complétée en 2023, tous les sièges de la section la plus haute du stade ont été changés ou remplacés par des espaces familiaux et des espaces de divertissement avec une vue sur le terrain. Les enclos des releveurs ont également été élevés pour être plus près des spectateurs.
La deuxième phase est en cours depuis l’automne dernier; elle devrait se terminer en avril. Elle se concentre surtout sur les coulisses et les zones réservées aux joueurs. Les sièges les plus près du terrain ont été remplacés par de nouveaux qui sont plus larges, qui donnent plus d’espace pour les jambes et qui ont des porte-gobelets intégrés.

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