Son rêve de coupe Stanley anéanti : l’uniforme rouge qui a apaisé la peine d’un hockeyeur victime d’un grave accident


Jessica Lapinski
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Dès son enfance, il a rêvé d’une coupe Stanley, ou au minimum de hockey professionnel. Porter l’uniforme du Canada ? Pas vraiment. C’est pourtant cette opportunité qui a changé la vie de Vincent Boily après un terrible accident survenu lorsqu’il était adolescent.
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« J’ai longtemps été dans le déni », raconte le Québécois, représentant de l’équipe canadienne de hockey luge qui a remporté la médaille d’argent aux derniers Jeux paralympiques.
« Je me disais que j’allais pouvoir patiner à nouveau, reprendre ma vie d’avant... Jusqu’à ce que je retourne sur la patinoire et que je constate que mes mutations fonctionnelles, elles étaient permanentes », poursuit Boily.
« Un coup dans la face »
Ce fut « un coup dans la face ». « J’ai eu un moment de dépression », relate l’athlète de 25 ans, désormais atteint d’une paralysie partielle.
Quelques mois auparavant, durant les vacances des Fêtes, Boily a été victime d’un accident de motoneige qu’il a décrit comme « banal », mais aux conséquences irréversibles.
Tristement, après des années à voir les portes se fermer devant lui en raison de son petit gabarit, l’attaquant venait de décrocher un contrat avec l’Océanic de Rimouski pour le reste de la saison 2017-2018.
Après sa blessure sérieuse (plusieurs os, dont sa colonne vertébrale, ont été fracturés), Boily est demeuré actif. Il est parti faire le tour de l’Australie. Quelques années plus tard, il réalisera même l’ascension du Kilimandjaro.

Encore les Américains
Mais le hockey ? « C’était difficile d’en regarder ou de m’impliquer, au début », concède-t-il. Jusqu’au jour où le jeune athlète a découvert le hockey luge, huit mois après son accident... et qu’il y était plutôt doué.
C’est ainsi que, de fil en aiguille, Boily en est venu à troquer son rêve de coupe Stanley pour l’uniforme du Canada, auquel il n’avait jamais vraiment songé.
Depuis quatre ans, il a remporté l’or au Championnat du monde, ainsi que deux médailles d’argent. Puis, il est allé à Milan, aux Jeux paralympiques, où l’équipe canadienne s’est inclinée en grande finale contre les Américains (oui, encore eux).

Une rivalité qu’il décrit comme la plus intense de sa discipline, puisque les deux pays s’échangent les triomphes aux Mondiaux depuis plusieurs années.
« Ce n’était pas notre journée », regrette Boily au sujet de cette finale perdue. Mais il pourra se reprendre, car le joueur de Saint-Eustache rêve déjà aux Jeux de 2030.
Parfois plus dur que le hockey debout
Il n’a donc pas connu la vie d’athlète professionnel espérée, mais Boily a vite constaté que celle d’un membre de l’équipe nationale de hockey luge était presque aussi exigeante.
Les joueurs sont partis une fois par mois, pour des camps, au Québec, en Ontario ou en Alberta, les trois provinces plus importantes, dans ce sport.
« Impossible pour moi de travailler en même temps », pointe Boily, qui a tout de même terminé son baccalauréat en administration des affaires et qui s’est inscrit à la maîtrise.
Dans le hockey luge, Vincent Boily a aussi découvert un sport difficile, parfois plus que le hockey sur glace « traditionnel ».
« Tu n’as que trois trios. Déjà, ça implique d’être parmi les neufs meilleurs au pays..., expose-t-il. On n’a pas tous le même handicap, donc pas tous les mêmes habiletés. Et comme il y a moins de place sur la glace, j’ai l’impression qu’on se fait frapper beaucoup plus qu’au hockey debout. »
Et surtout, Boily a découvert « un baume » sur l’épreuve subie il y a presque 10 ans. Du rêve de la coupe Stanley à la médaille d’argent paralympique... et peut-être d’or, dans quatre ans.