Soldats envoyés au Groenland: «Trump a répondu par la bouche de ses tarifs»

Samuel Roberge
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L’envoi de soldats européens au Groenland, suivi de la menace de tarifs douaniers formulée par Donald Trump, fait émerger le risque d’une guerre économique – voire possiblement militaire – entre l’Europe et les États-Unis, fait remarquer l’analyste politique Stéphan Bureau.
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«Trump a répondu par la bouche de ses tarifs», a illustré M. Bureau lors d’une entrevue sur les ondes de LCN, lundi, en référence à la célèbre phrase du comte de Frontenac lors du siège de Québec en 1690.
Donald Trump n’est en effet pas resté muet face au déploiement de troupes européennes sur ce territoire stratégique de l’Arctique. Le président américain a menacé, samedi dernier, les huit pays à l’origine de cette initiative d’imposer des tarifs douaniers de 10%, une séquence d’actions qui pourrait mener à une escalade.
Mais d’abord, «qui va la déclencher cette guerre?» s’interroge Stéphan Bureau.
Ce pourrait être Donald Trump, s’il va de l’avant avec ses menaces tarifaires. Ou encore les Européens, en activant l’instrument anti-coercition (IAC), surnommé le «bazooka» de l’Union européenne.
«C'est une mesure qui avait été mise en place par l'Union européenne il y a deux ans pour éviter les actes de prédation de gros acteurs économiques qui peuvent faire pression sur un tout petit pays», a expliqué le collaborateur à TVA Nouvelles.

Ce règlement s’inscrit dans la logique de l’article 5 de l’OTAN, selon laquelle si «un membre est attaqué, tous sont attaqués».
«C'est un outil de dissuasion [...] si les Européens s'entendaient – et il y a un gros "si", parce que les Européens serrent les coudes à l'occasion, mais quand vient le temps d'agir, c'est toujours plus compliqué», a indiqué l’analyste politique.
«Les Européens peuvent mettre du temps avant d'accoucher, a poursuivi M. Bureau. Cet outil anti-coercition permettrait à l'Europe de dire aux Américains: "On court-circuite toutes les règles normales du commerce international. On a les moyens, les outils pour faire un gros doigt d'honneur". Et ça pourrait être, par exemple, fermer le robinet, l'accès au marché européen de 450 millions d'habitants, aux géants des plateformes, aux GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). On dit: "Non, fini, vous n'avez plus accès".»
Voyez l’analyse intégrale de Stéphan Bureau dans la vidéo ci-haut.