Slafkovsky cloué au banc: St-Louis doit être «challengé»

Jean-Charles Lajoie
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Shea Weber a passé presque une semaine dans l’entourage du Canadien. C’est peut-être la meilleure nouvelle autour du CH jusqu’ici cette saison.
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L’homme montagne ne joue plus depuis l’été 2021, mais son indéniable charisme en impose encore. Weber a ce petit quelque chose de plus qui impose l’écoute et le respect.
Il a confessé avoir discuté longuement avec son successeur au titre de capitaine du Canadien, Nick Suzuki. Il lui a rappelé que «Slick Nick» peut l’appeler quand il veut afin de lui demander conseil.
Suzuki est un garçon brillant et pondéré, je pense qu’il va utiliser son accès à Weber dès qu’il va en sentir le besoin. Ce sont ces petits détails qui mis bout à bout permettent à une équipe de progresser.
L’histoire ne nous dit pas si Martin St-Louis a pris lui aussi le temps de s’asseoir avec capitaine Shea afin de l’entendre et de bénéficier de ses précieux conseils, voire ses enseignements.
Martin demeure un coach qui en est à sa première expérience dans la Ligue nationale. Son règne, bien qu’en reconstruction, n’est pas très reluisant au registre des victoires-défaites jusqu’ici.
Je pense que tous les conseils devraient être les bienvenus dans un cas pareil.
Et même si Martin s’est récemment demandé publiquement pourquoi il écouterait les conseils de gens à qui il n’en demanderait pas, je suis convaincu qu’il aurait avantage à écouter le propos d’un gars comme Weber.
Coach St-Louis a le regard franc et les idées généralement claires lorsqu’il parle du rendement de son équipe. Il semble convaincu d’être sur la bonne voie et que son plan fonctionne.
Est-ce que cette vision tunnel finit par retarder le cheminement de son équipe? C’est à Hughes et Gorton d’en juger.
Or, ce que je peux affirmer sans peur de me tromper, c’est que les plus expérimentés coachs de l’histoire du sport n’ont jamais hésité lorsque les choses ne tournaient pas rond à utiliser des contacts extérieurs au cadre de leur équipe afin de demander conseil et d’entendre les observations de gens en qui ils ont pleinement confiance.
Est-ce que Martin a une courte liste de gens de la sorte? Est-ce qu’il est assez confiant en ses moyens pour s’abaisser à demander de l’aide chez plus forts que lui? Croit-il qu’il existe plus fort que lui quelque part? Seul Martin peut répondre à ces questions néanmoins importantes.
En attendant, on ne peut prétendre que son équipe est en progression. Le grand chantier semble perturbé actuellement, indépendamment d’un beau samedi soir contre un club aussi faible que le sien, et qui en plus avait joué la veille.
Et si Martin demande conseil, est-ce que son contact va le challenger? Lui demander pourquoi il a cloué Juraj Slafkovsky au banc pendant une période complète alors que, depuis le début de la saison, Kirby Dach peut patiner nonchalamment à sa guise en offrant bien peu à son club en termes de production et d’engagement?
C’est la crédibilité du coach qui est en jeu lorsqu’il est question de gestion des effectifs. L’époque des recrues qui mangeaient leur pain noir alors que les vétérans s’en moquaient est nettement révolue.
Les kids, jeunes et vieux, veulent que le coach soit transparent et honnête. Qu’il soit juste dans ses privations.
Je comprends Martin de ne pas reproduire le vieux modèle Tortorella qu’il a bien connu pour en avoir subi quelques foudres lors de sa carrière de joueur.
Mais, entre cet extrême et ne rien faire sauf punir les plus jeunes, il y a une marge. Si David Pastrnak a pu réchauffer le banc pendant une période à Boston, ne me dites pas que Kirby Dach ne peut pas regarder un match de la passerelle un soir donné.