L'heure de la retraite a sonné: Mikaël Kingsbury termine à Saint-Sauveur, là où tout a commencé
Le quintuple médaillé olympique met un point d’exclamation sur sa carrière au Championnat canadien de ski acrobatique ce week-end

François-David Rouleau
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SAINT-SAUVEUR | À 5 ans, Mikaël Kingsbury dévalait déjà les pentes du Mont-Saint-Sauveur en démontrant une attitude de champion. Une scène banale en bordure de piste lors d’une course familiale était tombée dans l’œil du cofondateur de la station, Louis Dufour. Il s’était ensuite approché de ses parents, Julie Thibaudeau et Robert Kingsbury, pour leur souffler à l’oreille un aperçu du futur.
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« Ce petit gars là, mettez ça tout de suite dans une équipe de compétition. Il a tout un caractère », avait dit le regretté bâtisseur du monde du ski dans les Laurentides, décédé en 2022, selon les récits.
À la fin des années 90, M. Dufour en avait vu des étoiles du ski alpin sur les pistes de la montagne. À commencer par Jean-Luc Brassard. Ont ensuite suivi les Rochon, les sœurs Dufour-Lapointe et Alexandre Bilodeau, pour ne nommer que ceux-là.
Pourquoi savait-il que le jeune Kingsbury, haut comme trois pommes, était promis à un bel avenir ?

Graine de champion
« On organisait la coupe familiale de la Vallée de Saint-Sauveur. Mik s’était rendu à la finale et, dans sa descente, il était tombé. Il était longtemps resté sur le bord de la piste, en beau maudit, à taper dans la neige avec ses pôles », raconte l’un des trois fils de Louis Dufour, Christian.

« Ensuite, Mikaël a fait de la compétition et il a intégré les équipes de bosses, relate celui qui est aujourd’hui directeur marketing du groupe Les Sommets et qui connaît les Kingsbury depuis plus de 30 ans. Il s’est développé et a connu cette carrière phénoménale.
« On le voyait dans son caractère et son attitude à son jeune âge. La qualité d’un champion, c’est de vouloir gagner et haïr perdre. »
Déplacer des montagnes
Pour que le skieur acrobatique aux cinq médailles olympiques, aux 29 globes de cristal, aux neuf titres de champion du monde, aux 100 victoires et aux 143 podiums sur le circuit de la Coupe du monde termine sa carrière là où tout a commencé, la direction des Sommets était prête à tout pour recevoir le Championnat canadien 2026. C’est d’ailleurs Mikaël qui en a exprimé le souhait, surtout s’il gagnait aux Jeux olympiques de Milan-Cortina.

« Il voulait finir ça à la maison. On a réfléchi entre le faire au Sommet Saint-Sauveur ou au Sommet Gabriel, connu pour le ski acrobatique. Pour le côté spectacle, on a misé sur Saint-Sauveur, explique Dufour, alors qu’une compétition semblable oblige un investissement de plusieurs dizaines de milliers de dollars.
« C’est important pour lui et pour nous, car il a tellement donné au ski alpin. Il faut être à l’écoute des athlètes. Il le voulait et on a trouvé une façon de tout aligner. Ça nous fait plaisir. On a de longues racines de ski acrobatique dans la région. C’est important que ce championnat soit disputé ici. »

Le directeur ne s’en cache pas. Avec la météo printanière qui sera au rendez-vous dès aujourd’hui pour l’épreuve individuelle dans la piste centrale de la 70, la station met le paquet sur le divertissement. Près de 5000 spectateurs sont attendus chaque jour. Elle ramène même le populaire DJ MC Mario pour faire lever le party.
« Le ski acrobatique, c’est un très beau spectacle. Observer deux athlètes descendre à fond de train dans un champ de bosses et faire des manœuvres incroyables sur les sauts, c’est quelque chose. Pour la compétition, c’est aussi le moment de voir qui seront les prochaines vedettes et quels athlètes seront sur l’équipe nationale. »
Presque toujours là
Kingsbury fait presque partie des meubles à Saint-Sauveur. C’est le lieu des mille et un coups, des soirées à sauter en bordure de piste, des printemps tardifs à façonner des sauts dans la neige mouillée à longueur de journée, des victoires à la coupe printanière, de bons moments en famille au pied de la montagne, etc.

« Au-delà des résultats, ce qui est impressionnant, c’est son accessibilité, son authenticité et ses valeurs familiales, affirme Dufour. On est chanceux d’avoir vu des champions comme lui, Jean-Luc Brassard et Alexandre Bilodeau chez nous.
« Mik, ses racines seront toujours bien implantées ici. »