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Siemens fait des pressions pour un tramway «hybride»

Le fabricant menace de se désister de l’appel d’offres pour le projet à Québec

La Ville de Québec prévoit une alimentation électrique avec des lignes aériennes de contact tout au long du tracé de 19 km du futur tramway.
La Ville de Québec prévoit une alimentation électrique avec des lignes aériennes de contact tout au long du tracé de 19 km du futur tramway. Illustration Ville de Québec
Photo portrait de Jean-Luc Lavallée

Jean-Luc Lavallée

2022-06-10T03:31:58Z
2022-06-10T11:27:46Z

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Le constructeur Siemens envisage sérieusement de laisser le champ libre à Alstom/Bombardier pour le contrat des rames du futur tramway de Québec, si la Ville refuse de considérer sa technologie hybride « avec ou sans fil ».

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Dans un échange de courriels avec Le Journal, jeudi, Siemens Mobilité Canada a confirmé qu’il n’avait plus la certitude de déposer une soumission pour la conception, la fabrication et l’entretien du matériel roulant. L’entreprise se dit «en réflexion».

Le processus actuel, invoque-t-on, ne permet pas de proposer la «meilleure technologie» dès le départ, pour la qualité de vie dans les quartiers résidentiels traversés par le futur tramway.

Siemens propose une solution hybride «moderne» qui permettrait d’éliminer les fils au besoin sur certaines portions sensibles du tracé. Des batteries prendraient alors le relais pour propulser le tram.

La sortie de Siemens, rapportée d'abord par Le Soleil jeudi, a semé la consternation à l’Hôtel de Ville, alors que le processus d’appel d’offres bat son plein.

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Pas de commentaires

Le maire Bruno Marchand et la présidente du RTC Maude Mercier Larouche ont refusé de commenter jeudi.

«Le processus d’appel de propositions étant en cours, la Ville ne peut commenter la sortie d’une des entreprises pour le volet matériel roulant concernant les paramètres techniques. Le processus se poursuit selon l’échéancier prévu», a réagi succinctement le porte-parole de la Ville de Québec, David O’Brien.

En coulisses, plusieurs s’offusquent cependant que Siemens ait brisé le silence de la sorte, alors que le processus en cours est assorti de clauses de confidentialité.

Certains se demandent aussi pourquoi Siemens s’est lancé dans la course, et s’est qualifié en janvier, alors que les paramètres du projet étaient déjà connus.

Le gouvernement du Québec exige une technologie éprouvée dans des conditions hivernales.

Celle de Siemens a fait ses preuves uniquement à Charlotte, en Caroline du Nord, depuis moins d’un an.

Illustration courtoisie, Siemens
Illustration courtoisie, Siemens

Siemens estime malgré tout que sa technologie est fiable et assure que la Ville de Québec ne serait pas un «banc d’essai».

Un seul soumissionnaire?

S’il fallait que Siemens exécute sa menace, il ne resterait plus qu’un seul soumissionnaire.

Rappelons que la Ville avait choisi de scinder le processus d’approvisionnement en deux, en 2021, afin de stimuler la concurrence, ce qui a provoqué un retard d’un an.

En janvier, le maire Marchand s’était réjoui que deux candidats d’envergure soient sur les blocs de départ pour le contrat des rames.

«Ce succès assurera le meilleur projet au meilleur prix, et ce, au bénéfice de tous les citoyens», avait-il fait miroiter.

Le chef de Québec 21, Éric Ralph Mercier, s’est dit «préoccupé» jeudi et se demande encore ce qui arrivera si les soumissions (tant pour le matériel roulant que les infrastructures) dépassent le budget de près de 4 G$.

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