Le RTC prévoit une hausse de 30% de l’achalandage grâce au tramway, dès l’an 1
Dès sa mise en service en 2028, le tramway gonflera l’achalandage dans le transport en commun, prévoit le RTC

Jean-Luc Lavallée
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Le RTC anticipe une hausse de 30 % de l’achalandage sur son réseau, dès l’an 1 de la mise en service du tramway, et juge que le projet est toujours aussi « nécessaire », bien que ce chiffre ne tienne pas compte du télétravail.
Le Réseau de transport de la Capitale a raffiné ses projections, dans la dernière année, et prédit désormais une hausse de 10,4 millions de passages d’un seul coup, en 2028, pour l’ensemble de son réseau de transport en commun, ce qui permettrait d’atteindre 45,1 millions de déplacements annuels.
Évidemment, le RTC mise sur l’arrivée du tramway – entre le pôle Le Gendre et D’Estimauville, en passant par Sainte-Foy, la colline Parlementaire, Saint-Roch et Limoilou – pour gonfler ses statistiques.
Bien que la portée du projet ait été réduite de 3 km depuis la dernière étude, avec l’abandon de la portion Charlesbourg au profit de Beauport, l’impact est jugé marginal, avec une perte d’environ 1 % d’utilisateurs.
L’équivalent de 160 Métrobus
En heure de pointe du matin (entre 6 h et 9 h), une hausse de 13 600 clients est envisagée. Pour déplacer autant de gens, il faudrait utiliser 160 Métrobus, a-t-on imagé.
« On les met où ? On n’a pas la capacité pour ça », a plaidé la présidente du RTC, Maude Mercier Larouche, qui y voit l’illustration parfaite du besoin d’un tramway, plus capacitaire.
Cette dernière a répété, mercredi, que les Métrobus sont déjà « à saturation » le matin et en fin d’après-midi et qu’ils se congestionnent eux-mêmes dans leurs voies réservées au centre-ville.
« Les bus sont pleins. Je vous mets au défi de prendre la 800 et la 801 aux heures de pointe. C’est un mythe de penser que les autobus sont vides », a-t-elle insisté.
Méthodologie internationale
En conférence de presse, le RTC a vanté la rigueur de sa méthodologie, utilisée partout à l’international, pour justifier ses projections.
D’autres villes, comme Phoenix (+24 %), Norfolk (+ 30 %) ou Minneapolis (+32 %) ont notamment connu des hausses semblables dès l’an 1 de l’implantation d’un système de tramway ou de train léger comparable à celui de Québec.
La part modale du transport en commun dans la grande région de Québec passerait quant à elle de 8,1 % à 10,6 %.
« Ça peut paraître relativement faible parce qu’on parle ici de 2,5 % mais [...] des hausses de part modale de cette ampleur-là, ça ne s’est jamais vu. Le tramway présente vraiment une alternative intéressante », argue Luc Samson, chef de la planification des services au RTC.
En excluant la périphérie, on apprend que la « part de marché » du transport collectif passerait de 17,8 % à 24,6 % au sein de l’agglomération de Québec (qui regroupe Québec, L’Ancienne-Lorette et Saint-Augustin).
« C’est une personne sur quatre qui ferait le choix de prendre le transport en commun pour se rendre à destination », observe M. Samson.
Pandémie et télétravail
Le RTC s’est par ailleurs avancé très prudemment à risquer une projection quant aux effets de la pandémie et du télétravail.
« Il a été possible d’anticiper une diminution de 10 % des déplacements sur l’ensemble du réseau en 2028 par rapport à 2019, soit l’année de référence », explique-t-on dans le communiqué.
Cette donnée, très hypothétique, n’a pas été incluse dans le modèle de projections, compte tenu du fait qu’il s’agit d’un phénomène nouveau, a-t-on précisé.
Cette baisse, dit-on, pourrait cependant être compensée par d’autres facteurs externes (comme le prix de l’essence, la hausse du coût de la vie, l’immigration, etc.) dont le RTC n’a pas tenu compte non plus, dans ses prévisions
« Avis aux sceptiques : Bien que nos hypothèses nous permettent d’envisager et d’imaginer une baisse d’environ 10 % des déplacements dus au télétravail, ce qu’on doit retenir, c’est que les effets du télétravail n’invalident en rien le projet de tramway », a plaidé Maude Mercier Larouche.
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