Salon du livre: Dany Laferrière fête ses 70 ans à Québec


Marie-France Bornais
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Écrivain adoré des Québécois – et de milliers de lecteurs à travers le monde –, Dany Laferrière se fait une joie de participer au Salon international du livre de Québec.
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Comme il le dit lui-même, il est souvent l’un des premiers à arriver et l’un des derniers à partir. Et il le fait avec grâce, avec joie, une grande disponibilité et une immense gentillesse. Cette année, curieux hasard, il a même célébré son 70e anniversaire à Québec!
En super forme, de bonne humeur, Dany Laferrière ne parle pas de bilan. À 70 ans, il parle plutôt de sa passion pour la lecture et l’écriture, de son plaisir énorme quand il parvient à écrire quelque chose qui le satisfait, de la liberté qu’il s’accorde maintenant.
«Je ne suis pas du tout dans le bilan, au contraire. Je suis plutôt dans une plus grande liberté et je ne veux pas du tout faire mauvais usage de cette liberté. Ce que j’appelle mauvais usage, c’est-à-dire, prendre pour acquis. J’ai une accumulation d’expériences, de rencontres, de vie. J’ai compris un peu certaines petites choses.»
«Ça me permet d’être plus libre, de continuer mon chemin et de le faire comme je l’entends, avec plus de gaieté. Encore. Plus d’énergie même, encore. Tout ça, c’était pour me construire.»
Dany Laferrière cite un écrivain qu’il aime bien, Christopher Isherwood. «Il a dit, à près de 70 ans, je crois: “Aujourd’hui, ma vie est devenue si simple qu’elle ne concerne plus que moi”. Mauvais usage de cela, ce serait de ne regarder que soi, avec ça.»
L’académicien ajoute qu’il n’a pas l’impression d’avoir le fardeau d’avoir quelque chose à faire pour légitimer son existence. «Au contraire, je commence à peine à exister.»
«La seule pression qui reste, c’est celle d’être sensible aux gens, à la nature, aux lieux, à l’esprit des lieux, à toutes ces choses desquelles je m’étais détourné pour entrer dans le tunnel de l’écriture.»
«J’écris depuis presque un demi-siècle», rappelle-t-il. «Ça fait un demi-siècle que je barbote dans l’encre, totalement.» L’écriture et la lecture sont pour lui des nourritures essentielles.
«Et la lecture dans l’écriture, parce que je crois être l’un des dix écrivains dans le monde qui a cité, nommé, le plus grand nombre d’écrivains dans ses livres.»