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La grande occasion de Félix

«C’est pour des moments comme ça qu’il s’entraîne», dit son entraîneur

Photo AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2022-05-28T12:23:56Z
2022-05-29T02:37:06Z

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PARIS | Face à l’Espagnol Rafael Nadal, dimanche matin à Roland-Garros, Félix Auger-Aliassime entrera sur le court Philippe-Chatrier avec en tête « l’idée d’affronter une balle de tennis, et non un palmarès », assure son entraîneur Frédéric Fontang. 

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« C’est pour des moments comme ça qu’il s’entraîne depuis qu’il est tout petit. C’est pour jouer sur des grands courts, contre les meilleurs joueurs », ajoute le Français. 

Samedi, le Québécois a pratiqué pendant 1 h 15 sur le court 12 contre un adversaire gaucher, pour se préparer à l’un des plus gros tests de sa carrière.

Car Nadal à Paris, c’est 13 titres et 108 victoires contre trois défaites. Et ces trois revers, ils sont venus de la raquette de deux joueurs seulement : le surprenant Suédois Robin Soderling, en 2009, puis le numéro un mondial, le Serbe Novak Djokovic, en 2015 et l’an dernier. 

« Il n’y a pas de secret pour battre Nadal à Roland-Garros. Sinon, il n’aurait pas gagné 13 fois », a dit sourire en coin la neuvième tête de série, vendredi. 

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Pas de secret, non. Et comme Fontang l’a expliqué samedi, Nadal ou pas, Auger-Aliassime pratique toujours les mêmes parties de son jeu, sauf deux ou trois aspects qu’il adapte en fonction de son prochain rival. 

Pas de révélations de Nadal

Les révélations ne viendront pas non plus de la part de Toni Nadal, conseiller de Félix et oncle de « Rafa ». 

« Tonton » était bien présent sur le court aux côtés de son nouveau protégé, avec qui il travaille maintenant depuis un an. Mais dimanche, pour ce match de ronde des 16, aux alentours de 9 h 30, heure du Québec, Toni Nadal sera assis en terrain neutre. 

Cette question, elle intrigue à Roland-Garros depuis le dévoilement du tableau. Car même s’il ne veut pas le reconnaître, Nadal l’oncle, qui a mené son neveu à la conquête de ses titres à la Porte d’Auteuil, est une vedette à Paris.

Samedi encore, il a multiplié les autographes et les « selfies » à sa sortie du terrain de pratique. Et les entrevues en français, aussi. 

« Je vais aborder ce match comme un spectateur, a-t-il dit. Non, je ne donnerai pas de conseil à Félix pour le battre. Je ne donnerai pas de trucs pour battre quelqu’un que je considère comme mon fils. »

S’il considère le Québécois comme un « excellent élève », il l’avait mis au courant dès le début de leur association de cette loi non écrite. 

« Il faut continuer »

Qu’il crée l’exploit ou non aujourd’hui sur la terre battue parisienne, Félix pourra aborder la suite en se disant qu’il a progressé sur cette surface.

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Avant d’amorcer la quinzaine, Auger-Aliassime n’avait jamais gagné un match dans le grand tableau à Roland-Garros. 

Fontang, lui-même un ancien joueur qui a déjà atteint le deuxième tour à Paris, était convaincu que c’était « une question de temps », puisque son joueur se débrouille bien sur l’ocre. 

« Et au fil des matchs, son niveau de jeu a monté. Là, il faut continuer. » 

La bataille de la jeunesse pour Leylah  

Il n’est pas aussi flagrant que celui de son compatriote Félix Auger-Aliassime, mais Leylah Fernandez aura également droit à un bon défi ce matin face à l’Américaine Amanda Anisimova. 

À l’instar de la Québécoise, la 27e favorite est en grande forme depuis le début de la quinzaine. D’entrée de jeu, la prometteuse joueuse de 20 ans a battu en deux manches la Japonaise Naomi Osaka, ancienne numéro 1 mondiale. 

Mais Leylah n’est pas en reste. Afin d’obtenir son billet pour la ronde des 16, vendredi, elle est venue à bout de la Suissesse Belinda Bencic (14) en trois manches de dur labeur. 

Fernandez et Anisimova se sont déjà croisées cette année. C’était sur surface dure, à Indian Wells. Leylah, 17e tête de série à Paris, avait remonté la pente – sauvant quatre balles de match au passage – pour pousser ce match en trois manches. 

Anisimova avait fini par abandonner, blessée. 

« Je connais son jeu, a relevé l’Américaine en conférence de presse. Je n’ai pas encore affronté une gauchère depuis le début du tournoi. Ce sera difficile, mais je suis enthousiaste. »

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« Elle est incroyable »

Malgré son jeune âge, Anisimova a déjà obtenu d’excellents résultats en Grand Chelem. Il y a deux ans, elle avait atteint le carré d’as à la Porte d’Auteuil.

Un fait d’armes que Fernandez, dans toute sa gentillesse, a souligné quand elle a été questionnée au sujet de son prochain match, qui se jouera sur le Philippe-Chatrier à compter de 6 h dimanche matin, heure du Québec. 

« Je sais que ce sera une adversaire coriace, a soulevé la Lavalloise. Je dois juste me concentrer sur moi-même. Je me rappelle l’avoir regardée jouer et ce qu’elle fait est incroyable. »

Le titre oublié

À 19 ans, Leylah en sera pour sa part à une première présence en ronde des 16 à Paris, à sa troisième participation. 

Mais elle a remporté le titre en France chez les juniors en 2019. Un fait d’armes que la jeune raquette avait... oublié. 

« Pour être honnête, cette année, ça m’est sorti de l’esprit. Ç’avait aidé les premières années, quand je suis arrivée, pour m’habituer et trouver mes marques sur le circuit », a-t-elle pointé, vendredi. 

« Après, j’ai essayé de trouver mon propre rythme, ma propre manière de m’entraîner, de faire des choses, ma propre routine. Cette année, tout se met en place. » 

En direct de paris  

Il y avait foule pour voir Félix s’entraîner

Quelques Français étaient en action en journée à Roland-Garros. Il y avait des têtes d’affiche aussi, comme le Russe Daniil Medvedev, deuxième mondial. 

Mais sur le coup de midi, heure de Paris, les estrades du court 12 étaient tout de même pleines pour voir Félix Auger-Aliassime s’entraîner. Il y avait plus d’une centaine de personnes dans les gradins du petit terrain. Les caméras de Netflix, qui tourne un documentaire sur le tennis dans le même genre que la série Drive to survive, étaient aussi sur place, ainsi que celles d’Amazon Prime, qui diffuse le tournoi en soirée. 

Et non, contrairement à la plupart des journalistes à Roland-Garros, les spectateurs n’étaient pas là pour voir Toni Nadal, le conseiller du Québecois...Quoique ce dernier a signé de nombreux autographes après la pratique, à l’instar de son protégé. 

Le champagne à l’honneur à Roland-Garros

Plus tôt cette semaine, cette rubrique faisait état des longues files qui se formaient un peu partout sur le site de Roland-Garros, en raison des grandes affluences, après deux années de restrictions liées à la pandémie.

Mais il n’y a pas que les terrains qui sont pris d’assaut. Vendredi en début de soirée, alors qu’il y avait congestion à la sortie, plusieurs amateurs ont décidé de se tourner vers le kiosque Moët et Chandon, où est vendu du champagne au verre (pour 16 euros, c’est-à-dire 22 $).

Sur cette photo, ledit kiosque est au fond, avec un toit orange. Oui, derrière tant de monde. Un peu difficile à repérer. 

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