Procès d'agressions sexuelles au Texas: «Ribeiro est dans le trouble» — Me Jean-Pierre Rancourt
En attente de son verdict; l’ancien attaquant du Canadien pourrait passer jusqu’à 20 ans en prison


François-David Rouleau
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À la lueur des preuves présentées au tribunal et à l’écoute des témoignages des présumées victimes, l’ancien attaquant du Canadien Mike Ribeiro est «dans le trouble», selon l’avocat criminaliste canadien spécialisé en droit américain, Me Jean-Pierre Rancourt.
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Les faits reprochés remonteraient au 23 juin 2021. Durant une journée au lac Cypress à Mount Vernon, Ribeiro aurait agressé sexuellement deux femmes et aurait commis une tentative d’agression sexuelle sur une autre.
Rejoint par Le Journal alors que le jury était plongé en pleine délibération vendredi, l’avocat qui a œuvré pendant 25 ans aux États-Unis estime que l’accusé aurait dû livrer sa version des faits dans cette affaire.
«Quand il y a une seule victime, c’est plus facile à contrer, car c’est la parole de l’un contre celle de l’autre. Dans le cas de Ribeiro, elles sont deux victimes à avoir témoigné. Et en plus, le juge a accepté la preuve d’une autre victime, la nourrice, dans le passé, a-t-il relaté.
Témoignage accablant
Rappelons qu’en 2015, celle-ci avait accusé Ribeiro de l’avoir agressée sexuellement dans le sous-sol du domicile familial en août 2012. Elle dormait alors avec les enfants de l’attaquant qui jouait alors avec les Capitals de Washington.
Cette «nounou» lui réclamait 1 M$. Le litige s’était réglé pour le montant de 500 000$.
Dans son témoignage cette semaine devant le tribunal texan de Franklin County, à l’est de Dallas, cette nourrice a relaté son histoire en affirmant au juge que c’était «la seule fois qu’elle avait vu le diable dans le regard de quelqu’un», lors de cette soirée d’août 2012.
Un témoignage qui n’a certainement pas aidé l’ex-hockeyeur, selon Me Rancourt.
«Je ne suis pas certain que le juge aurait dû accepter cet élément de preuve, a souligné le criminaliste. En payant la somme, Ribeiro a reconnu les faits reprochés.»

Me Rancourt estime que si l’homme de 43 ans était trouvé coupable, il pourrait faire appel de la sentence sur ce point.
Silence de l’accusé
Mais à son avis, devant les témoignages et le déroulement du procès, la défense aurait dû appeler l’accusé à la barre pour qu’il livre sa version des faits.
«C’est dangereux qu’il ne l’ait pas fait. Ça me surprend beaucoup. Ce n’est pas normal, car quand tu ne le fais pas, c’est en quelque sorte d’admettre les faits, a-t-il expliqué en doutant que l’avocat de la défense ait suffisamment soulevé le doute dans sa stratégie. Les jurés sont en délibération et ils se questionnent à savoir pourquoi il n’a pas livré sa version.»
Éviter les gaffes
Un autre criminaliste ayant demandé de conserver l’anonymat croit que Ribeiro n’a pas témoigné pour éviter d’ouvrir une boîte de Pandore et donner des munitions à la partie adverse.
Toutefois, en raison de la nature des accusations, des preuves, des témoignages des présumées victimes et du milieu rural où se déroule le procès au Texas, cet avocat voit mal comment l’ancien choix de deuxième ronde de la LNH en 1998 pourrait s’en tirer sans prison, surtout si plusieurs femmes composent le jury.
Ribeiro n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. En octobre 2017, il avait entre autres été arrêté et accusé d’intrusion, en Floride. Il avait ensuite été libéré sous caution.
Face à ses trois chefs d’accusation, Ribeiro pourrait cette fois passer jusqu’à 20 ans derrière les barreaux.