«Catastrophe 24h/24»: elle quitte son chic appart du Vieux-Montréal à cause des Airbnb
Les véritables locataires d’immeubles envahis par un réseau d’Airbnb illégaux n’en peuvent plus
Dominique Cambron-Goulet
Partager
Des locataires pensaient avoir la paix d’esprit et être en sécurité en payant des milliers de dollars par mois pour vivre dans un appartement neuf du centre-ville. Mais ils côtoient plutôt quotidiennement des interventions policières, du vomi dans les corridors et d’autres nuisances en raison d’Airbnb illégaux.
• À lire aussi : Des réseaux d’Airbnb illégaux découverts dans cinq tours du centre-ville de Montréal
« Je ne dors plus la nuit. Je suis malade, je manque des heures de travail. C’est une catastrophe 24 heures sur 24 », souffle Amélie Duval, qui réside dans le Laurence, un immeuble « de luxe » du Vieux-Montréal.
Notre Bureau d’enquête a identifié 50 annonces aux caractéristiques similaires sur Airbnb qui sont reliées à ce bâtiment.
Mme Duval quittera prochainement son logement, puisqu’elle ne s’y sent pas du tout en sécurité en raison du va-et-vient constant.
« La semaine dernière, en plein milieu de la nuit, il a fallu que j’appelle la police parce que j’avais l’impression que quelqu’un à l’étage au-dessus de moi se faisait maltraiter, relate-t-elle. Tous les soirs il y a quelque chose. »

Vivre à l’hôtel
Des résidents de l’édifice le Champlain, dans le Village, qui paient parfois plus de 3000 $ pour leur appartement, vivent le même calvaire depuis trois mois.
« On n’était vraiment pas au courant qu’on allait vivre dans un hôtel », ironise un locataire qui n’a pas voulu être identifié pour ne pas subir de représailles de la part du propriétaire.
« On a des personnes qui arrivent à la pelletée dans les endroits communs. Je me fais voler des colis une à deux fois par semaine. Au gym, il y a de grands groupes de personnes qui dérangent. Ce sont pleins de petites affaires qui font que la jouissance de notre logement est vraiment moins grande », poursuit-il.
Une autre locataire relate des accrocs quotidiens et des interactions tendues avec les touristes.
« Ça m’affecte plus que je ne voudrais. Ce n’est pas sécuritaire, peste-t-elle. Il y a du monde sur le party, des gens qui crient, qui courent dans les couloirs. »
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Ils blâment le propriétaire
Les locataires multiplient des plaintes auprès de Revenu Québec, de la Ville de Montréal, de leur gestionnaire d’immeuble, Cogir, et de leur propriétaire, MonDev, qui a par ailleurs vendu le Laurence la semaine dernière à une compagnie domiciliée au Liechtenstein.
Même si Cogir et MonDev disent vouloir expulser les responsables, des locataires, eux, ont l’impression que rien ne bouge.
« Le propriétaire et le gestionnaire ne font absolument rien. C’est l’ignorance totale. Ils tolèrent le problème », déplore Amélie Duval, qui se plaint depuis plus d’un an.
Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?
Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.