Raúl Castro accusé par la justice américaine: «Ça ne va pas comme Trump voudrait en Iran, il se cherche une victoire rapide»

Mina Collin
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La justice américaine a porté des accusations, mercredi, contre l’ex-président cubain Raúl Castro, dans une affaire de complot visant l’assassinat d’Américains remontant à 1996. Cette démarche s’inscrirait dans une stratégie politique de Donald Trump visant à obtenir rapidement un succès diplomatique face à Cuba, pendant que la situation serait plus complexe en Iran, estime un analyste.
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Cette mise en accusation de Raúl Castro, âgé de 94 ans, vient accentuer les tensions déjà vives entre Cuba et les États-Unis. Sur fond de blocus pétrolier américain, l’île fait face à de fréquentes coupures d’électricité et à une crise économique et énergétique persistante.

Mercredi, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a par ailleurs lancé un message aux Cubains, les invitant à envisager « une nouvelle voie » dans laquelle le président Trump leur offrirait la possibilité de choisir leurs dirigeants. Selon le membre associé à la Chaire Raoul-Dandurand, Guillaume Lavoie, cette position serait influencée par des motivations personnelles de M. Rubio.
« Lui, il est le fils de gens qui ont été forcés de s’exiler à cause du régime Castro, les communistes. Alors, c’est un agenda personnel de quelqu’un qui n’est rien de moins que le secrétaire d’État et le conseiller à la sécurité nationale », a-t-il souligné sur les ondes de LCN.

Ce durcissement de la position américaine profiterait également au président Donald Trump, selon l’analyste.
« Donald Trump se cherche une victoire et rapide. Ça ne va pas comme il voudrait en Iran. Il voulait un Venezuela 2.0, il est en train de s’enliser dans quelque chose qui a l’air d’une espèce de Vietnam du Moyen-Orient. Il a besoin de changer le narratif », a-t-il affirmé.
Une victoire sur le régime communiste cubain pourrait permettre à Donald Trump de laisser sa marque dans l’histoire politique américaine.
« Je rappelle que quand Castro [a pris] le pouvoir à Cuba, c’est le prédécesseur de John F. Kennedy qui est au pouvoir. Ça vous donne une idée à quel point ça fait longtemps que le régime cubain est en place. C’est, je pense, de mémoire, 9 ou 10 présidents américains qui auraient bien voulu faire tomber le régime et qui n’ont pas réussi. Pour Donald Trump, c’est une manière de passer à l’histoire », a-t-il expliqué.
Pression et intimidation
Selon Guillaume Lavoie, cette accusation contre Raúl Castro servirait également d’outil de pression et d’intimidation envers Cuba.
« Je suis sûr que le message codé, c’est “Vous avez vu ce qu’on a fait à Maduro au Venezuela ? Est-ce que vous voulez que ça vous arrive à vous ?” Maintenant, l’homme a 94 ans, on n’imagine pas que c’est un Maduro version Cubain. Il est plutôt ailleurs », a-t-il fait valoir.

L’objectif serait donc de démontrer que les États-Unis sont prêts à intensifier la pression sur le régime cubain.
« À moins que le régime, lui, n’accommode les Américains un peu à la Venezuela », a-t-il ajouté.
Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-haut.