Tous les résultats
Publicité

Rarement en uniforme: la fin de carrière difficile de Marc-Edouard Vlasic

Photo Ben Pelosse
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2023-12-10T22:30:00Z
2023-12-10T23:01:56Z

Partager

Laissé de côté dans 8 des 11 derniers matchs des Sharks, Marc-Edouard Vlasic semble arriver vers la fin de son long parcours à San Jose. À 36 ans, le défenseur qui a figuré parmi les meilleurs de la ligue vit une situation difficile au sein d’une équipe en reconstruction qui connaît une saison misérable. 

• À lire aussi: Combien de Québécois se tailleront une place avec Équipe Canada junior?

• À lire aussi: «Pour un jeune de 19 ans, je suis très impressionné» –Martin St-Louis au sujet de Juraj Slafkovsky

Le contexte n’est certainement pas agréable pour celui qui en est à sa 18e saison avec les Sharks et qui a maintes fois représenté le Canada sur la scène internationale. San Jose en arrache depuis quelques saisons, mais avec une pauvre récolte de 18 points en 26 matchs cette année, c’est le fond du baril. 

En 16 matchs, Vlasic compte point et son différentiel est de -10. Il joue 14 min par match, sa plus basse moyenne en carrière. 

Il ne faut pas être un devin pour imaginer qu’à ce stade de sa carrière, Vlasic n’est pas enchanté de vivre une reconstruction aussi ardue. Les Sharks ont fort probablement le désir d’échanger leur défenseur, mais le fait qu’il joue peu n’aide pas à bien l’exposer.

Publicité

Par-dessus tout, le lourd contrat de Vlasic, qui touche 7 millions pour les trois prochaines saisons et qui aura 37 ans à la fin mars, complique les choses.

Vlasic a poliment décliné notre demande d’entrevue. Pour les fins de ce reportage, Le Journal a donc discuté de la situation avec l’ancien défenseur Philippe Boucher, qui avait lui aussi été laissé de côté pendant une partie des séries éliminatoires, à ses derniers moments avec les Penguins, au printemps 2009. 

«Je comprenais la situation, même si ce n’était pas facile. Tu veux être un bon coéquipier, mais tu espères avoir ta chance aussi. Dans son cas, tu dois te demander pourquoi tu ne joues pas. C’est peut-être pour le bien de l’équipe, mais l’équipe s’en va où? C’est dur à comprendre», a réfléchi celui qui est analyste pour TVA Sports à l’émission JiC, ainsi que pour le LNH.com.

À titre d'ex-défenseur, Philippe Boucher est de tout cœur avec Marc-Edouard Vlasic.
À titre d'ex-défenseur, Philippe Boucher est de tout cœur avec Marc-Edouard Vlasic. Photos : René Baillargeon / Agence QMI
En déclin?

Pour aider à comprendre pourquoi l’ancien des Remparts est si souvent confiné à la galerie de presse, la firme de statistiques avancées Sportlogiq fournit quelques pistes éclairantes.

Sur le plan des statistiques purement défensives, le jeu de Vlasic a régressé en ce début de saison dans plusieurs indicateurs.

La chute la plus marquée se situe au niveau des entrées de zone repoussées. Il en est à 1,71 par match cette saison, ce qui lui vaut le neuvième rang chez les arrières des Sharks. En 2019-2020, il était à 2,41 par rencontre, ce qui lui valait le quatrième rang. En d’autres termes, il devient plus facile pour les attaquants adverses de pénétrer en zone offensive lorsque Vlasic patrouille la ligne bleue.

Publicité

Ce dernier récupère aussi moins de rondelles libres, soit 12,5 par match cette saison, par rapport à 16,8 lors de la dernière campagne et à 20,2 il y a quatre ans. Dans la brigade défensive des Sharks, il a glissé, depuis 2019, du troisième au dixième rang.

«Ce que je trouve plate pour lui, c’est qu’il a tellement eu une belle carrière dans une équipe qui est souvent passée proche de tout gagner. Là, il se ramasse dans un club qui ne va nulle part pour le moment, qui est en reconstruction. Je n’ai jamais été le plus grand fan des statistiques avancées parce que quand tout le club va mal, c’est dur de bien paraître», a répliqué Boucher.

Moins combatif?
Marc-Edouard Vlasic tente de soutirer la rondelle à Steven Stamkos.
Marc-Edouard Vlasic tente de soutirer la rondelle à Steven Stamkos. Getty Images via AFP

Cette semaine, l’informateur de Sportsnet Elliotte Friedman a laissé entendre que les Sharks seraient déçus du manque de combativité de Vlasic.

«Pendant longtemps, il a été le gars qui voulait se prouver, qui n’obtenait pas le respect qu’il méritait. Je ne sais pas pourquoi, mais il n’est plus le même gars.

«Je pense qu’une des raisons qui expliquent pourquoi il est cloué au banc est que le feu est éteint. Quand tu es une équipe en reconstruction, tu ne peux te permettre ça. Tu ne peux pas laisser ça aller, surtout autour de jeunes joueurs», a-t-il lancé sur son podcast 32 Thoughts.

Publicité

Les statistiques de Sportlogiq appuient ce constat à certains niveaux. Par exemple, Vlasic remporte 1,07 bataille à un contre un par partie, ce qui lui vaut le septième rang. Pas plus tard que l’an dernier, il en remportait 1,55 (quatrième rang). Il était à 2,84 en 2019-2020.

C’est aussi la première fois dans les cinq dernières années qu’il plonge sous la barre d’une rondelle harponnée par match, avec 0,86. Sur le plan des tirs bloqués (0,93) par match, c’est aussi en déclin. 

«Il a accompli de grandes choses dans le hockey, mais quand tu regardes aujourd’hui, il n’y en a plus tant que ça des joueurs de 36-37 ans qui performent à un niveau super élevé. Ce serait le fun qu’un club lui donne une chance. Il est un vétéran fier et des fois, quand une équipe commence la saison tout croche, ça doit être décourageant d’aller à l’aréna», a mentionné Boucher, qui sympathise avec le vétéran.

Un échange toujours possible

À ce stade, la seule façon pour les Sharks d’échanger Vlasic sera visiblement de retenir une portion de son salaire. Son contrat, valide jusqu’à la fin de la campagne 2025-2026, peut devenir un obstacle majeur. 

«Probablement que le débat, c’est de savoir s’il peut encore vraiment aider une équipe à la hauteur de son salaire. Avec tout le respect que j’ai pour lui, je pense que dans une bonne équipe, il peut être un bon leader silencieux et aider une équipe», opine Philippe Boucher.

«C’est malheureusement le contrat qui va peut-être faire peur aux équipes, mais si tu es une équipe qui veut gagner et que tu as besoin d’expérience avec un cinquième ou sixième défenseur, Vlasic peut encore aider, assurément», estime-t-il. 

Publicité
Publicité