Qui est Mirra Andreeva, l'adolescente qui a conquis Wimbledon?


Jessica Lapinski
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LONDRES | Elle a tout juste 16 ans et elle les fait bien, avec ses cheveux bouclés décorés de barrettes durant les matchs. Mais depuis quelques mois, la Russe Mirra Andreeva est à sa place avec les grandes sur le terrain. Elle est même à sa place sur les plus grands terrains du monde.
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En janvier, Andreeva jouait encore chez les juniors. Elle atteignait d'ailleurs la finale des Internationaux d'Australie chez les filles.
Depuis, la jeune joueuse a joué uniquement chez les pros. Et elle a déjà enchaîné les grands moments: 12 victoires de suite - et deux titres - à ses débuts sur l'ITF, dans l'antichambre de la WTA.
Un quatrième tour au Masters 1000 de Madrid, où elle a battu d'entrée de jeu la Québécoise Leylah Fernandez.
Puis, une troisième ronde à Roland-Garros, où elle s'est extirpée des qualifications.
À Wimbledon, mieux encore: la native de la Sibérie, installée en France depuis quelques années, a atteint le quatrième tour, à nouveau après avoir dû passer par les qualifications.

Qui plus est, un quatrième tour sur une surface où elle n'avait encore jamais joué avant il y a deux semaines, et qu'elle n'aimait pas particulièrement au départ parce qu'elle craignait de chuter... ce qu'elle a fait trois fois à son premier entraînement.
Un peu de «stuff de junior»
Andreeva a perdu ce match de ronde des 16, lundi, face à l’Américaine Madison Keys, beaucoup plus expérimentée, qui est de 12 ans son aînée.
Un revers de 3-6, 7-6 (4) et 6-2 durant lequel elle a rappelé que, malgré ses excellents résultats qui s'accumulent chez les pros, elle a encore un peu de «stuff de junior» en elle, pour reprendre cette expression bien connue des amateurs de hockey (mais sûrement moins au All England Club).
En fin de troisième manche, la jeune Mirra, qui était au bord des larmes après avoir bousillé plusieurs chances de briser, a semblé frapper la surface du court 2 de sa raquette en signe de dépit.
Elle s'est défendue, en conférence de presse, en disant qu'elle était passée près de tomber et «qu'elle n'avait aucune intention de lancer sa raquette», même s'il «est possible» que le geste ait donné cette impression.
Mirra Andreeva got a point penalty that gave match point to Keys
— The Tennis Letter (@TheTennisLetter) July 10, 2023
She plead with the umpire that she fell & slipped.
Looking at this, she clearly lost her footing.
She released the racquet, but I think the umpire could’ve let this one slide
Sad ending.
pic.twitter.com/CZv5M0nlXW
Mais comme ce n'était pas la première fois du match, l'arbitre l'a pénalisée d'un point, offrant du même coup une balle de match à Keys, qui n'allait pas rater une si belle occasion...

Andy Murray et 25 titres majeurs
Frustrée, Andreeva a quitté le terrain sans serrer la main de l'officielle. Une attitude qui détonne avec la candeur et l'insouciance affichées par la jeune étoile en conférence de presse.
En entrevue, elle n'hésite pas à parler de son admiration pour le Britannique Andy Murray – «Il est tellement beau en personne!», avait lancé Andreeva à Madrid –, mais qu'elle n'a pas osé saluer à Londres.

«Quand je le vois ici, je quitte l'endroit super rapidement parce que je suis trop gênée», a-t-elle raconté en rougissant, la semaine dernière.
Mais devant les journalistes, le prodige parle aussi de sa grande volonté de gagner, elle qui a déjà battu trois joueuses du top 30. Et de gagner... beaucoup de grands titres. «Mon rêve serait de remporter 25 [trophées du Grand Chelem], si c'est possible. Novak Djokovic en a quoi... 22, 23?», avait-elle dit à Paris.
En attendant de voir si son rêve ambitieux se réalisera, Andreeva pointera aux alentours de la 64e place mondiale lundi prochain, elle qui était 102e avant de mettre le pied à Wimbledon.