Qui est Manuel Mathieu, l’artiste montréalais derrière les mosaïques de la station Édouard-Montpetit du REM

Frédérique De Simone
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Les cinq mosaïques monumentales qui ornent la nouvelle station Édouard-Montpetit du Réseau express métropolitain (REM) ont été imaginées par l’artiste montréalais Manuel Mathieu.
L’artiste multidisciplinaire d’origine haïtienne y a dévoilé, lors de la mise en service officielle de la station lundi, Le mont habité, une œuvre poétique inspirée de la matière qui compose le mont Royal, où est habrité la station.

C’est à la suite d’observations au microscope et d’analyses effectuées sur des échantillons de gabbro — la roche dans laquelle la station Édouard-Montpetit a été creusée — que l’artiste a choisi les matières et les couleurs de ses créations. Plutôt grise en surface, cette pierre révèle une étonnante diversité chromatique quand on l'observe en profondeur.
Nécessitant plus de deux ans de travail, les mosaïques de Manuel Mathieu font également écho à la profondeur de la station Édouard-Montpetit — la plus profonde au Canada et la deuxième en Amérique du Nord — tout en mettant en valeur la force de la pierre, son caractère intemporel et son héritage géologique.

Formé à l’Université Goldsmiths à Londres, mais aussi à l’Université de Montréal, à l’UQAM et à HEC Montréal, Manuel Mathieu a été exposé dans de nombreuses institutions et galeries à travers le monde. Ses œuvres figurent dans plusieurs collections muséales et publiques, notamment celles du Perez Art Museum (Miami), du Musée des beaux-arts de Montréal, du Musée des beaux-arts de l’Ontario (Toronto), du Musée des beaux-arts du Canada (Ottawa) et de la Fondation Longlati (Shanghai).
Reconnu pour son travail explorant la mémoire, l’histoire et la matérialité, il a récemment lancé sa propre maison de parfums, inspirée par ses racines, ses voyages et sa quête d’expression.

PHI lui consacre d’ailleurs l’intégralité de son espace jusqu’à la fin de l’hiver avec l’exposition Unité dans la noirceur, l’une des plus exhaustives consacrées à Manuel Mathieu. Outre des peintures, dessins et céramiques récents, elle réunit une nouvelle installation sculpturale et vidéo, ainsi qu’une mosaïque et sa plus récente incursion dans l’univers olfactif, présentée sous la forme d’une installation immersive de grande envergure.
En 2024, il a reçu la Médaille du couronnement du roi Charles III, et en 2025, il a été nommé à l’Ordre des arts et des lettres du Québec.






