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Québécois en mission en F1: Frédéric Brousseau travaille à redonner ses lettres de noblesse à Williams

Il occupe l’un des plus hauts postes de direction au sein de l’écurie britannique depuis deux ans

Ben Pelosse / JdeM
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2025-06-13T22:00:00Z
2025-06-13T23:00:00Z

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Plusieurs raisons ont motivé le Québécois Frédéric Brousseau à rejoindre les rangs de l’équipe de direction de Williams il y a deux ans. Parmi celles-ci, il suffit de lever les yeux sur les tableaux et dapercevoir les noms d’Alex Albon et de Carlos Sainz parmi les plus rapides sur les circuits. La mission n’est pas qu’une mince affaire. Avec ses coéquipiers, il veut redonner les lettres de noblesse à l’écurie britannique.

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Quand ce grand gestionnaire a quitté son poste de vice-président dans l’industrie aéronautique québécoise pour débarquer à l’usine de l’une des plus prestigieuses écuries du sport automobile en déroute, la tâche s’annonçait titanesque.

Ben Pelosse / JdeM
Ben Pelosse / JdeM

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«C’était une organisation qui était en grandes difficultés, a relaté l’homme natif de la Rive-Nord de Montréal en entrevue avec Le Journal, vendredi matin. Avec l’équipe de direction, notre rôle est de la ramener sur les rails et voir Williams en position de gagner des courses en 2028. On est en plein milieu d’une transformation majeure.

«Ce défi, c’est ce par quoi j’ai été attiré, a-t-il enchaîné quelques heures avant de voir Albon et Sainz dans le top 3 de la première séance d’essais libres au circuit Gilles-Villeneuve. Je veux faire une différence et faire partie de l’un des plus gros turn around dans l’histoire du sport.»

En effet, Williams a disparu du top 3 en étant relégué au fond de la grille depuis 2015. Avec l’afflux de nouveaux cerveaux, l’écurie vise à nouveau les plus hautes sphères de la discipline reine du sport automobile.

«Williams, c’est un peu comme le Canadien, a ajouté Brousseau à titre comparatif. Le club a gagné sa dernière coupe en 1993. Nous, c’était en 1997 avec Jacques Villeneuve. On vient derrière Ferrari pour le plus grand nombre de titres chez les constructeurs.»

Reuters
Reuters

Il y a près de 30 ans que l’écurie est bloquée à neuf.

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Sabrer les coûts

Comment un Québécois ayant toujours œuvré dans les hautes sphères de l’aéronautique, chez Pratt et Whitney ainsi qu’Airbus à Mirabel, se retrouve-t-il parmi les décideurs d’une équipe de F1 aspirant à nouveau aux grands honneurs?

Brousseau ne pilote peut-être pas l’une des monoplaces, mais c’est lui qui met toute l’huile dans la machine pour qu’elle tourne rondement et efficacement partout dans le monde. Il gère les opérations et les quelque 1200 employés qui fourmillent des circuits jusqu’au quartier général d’Oxfordshire, en Angleterre.

Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

Avec les défis de carboneutralité et de limitation de coûts auxquels fait face la F1 depuis quelques années, son expérience est primordiale chez Williams.

Fort de ses 28 ans dans le domaine aéronautique, il applique quasiment les mêmes concepts et stratégies au monde de la F1. Notamment dans la réduction des coûts, un domaine où il a appris à exceller, afin de ne pas dépasser le cap des 140M$.

«Il y a aussi beaucoup de synergie avec l’aéronautique, dont les pièces qui sont au même niveau de technologie et précision. Du côté de la production, ça se ressemble et ça diffère. Chez Pratt et Whitney, par exemple, le produit avait 40 ans. En F1, le produit dure une année. J’étais habitué à travailler sur un horizon de 10 ou 15 ans. Je me suis habitué à le réduire à deux ou trois ans.»

Arrivée saluée

Après une année 2024 décevante, Williams a réussi un grand coup en signant Sainz. Une addition qui a convaincu le Québécois qu’il avait vraiment pris la meilleure décision de s’exiler en Angleterre en avril 2023 pour relever ce défi.

Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

«On a une meilleure équipe. Tout semble s’emboîter entre les pilotes et l’organisation. Pour avoir du succès, il faut progresser ensemble. On a de meilleurs pilotes, un meilleur véhicule, une meilleure organisation. On attire de plus en plus le talent. On a élevé notre jeu», a expliqué le Québécois.

Sachant qu’une carrière dans l’univers de la F1 use rapidement ou peut se révéler éphémère, Brousseau se dit chanceux de profiter d’incroyables occasions à saisir dans son parcours.

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