Quatorze villes en 17 saisons: Janie Daigneault, le roc de Jean-Jacques, un homme à la valise


Jonathan Bernier
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Jean-Jacques Daigneault fait partie de ce groupe de joueurs que l’on surnomme les hommes à la valise. Ceux qui ont porté les couleurs d’au moins 10 formations dans la LNH. Ils sont neuf. C’est comique, voire adorable, comme sobriquet. Mais la réalité, elle, donne lieu à un quotidien pour le moins étourdissant.
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«Avant même d’avoir 5 ans, Gabrielle, la plus vieille de nos trois filles, avait déjà vécu dans sept villes différentes», indique Janie Daigneault, qui a vécu avec son hockeyeur de mari toutes ces tribulations.
«Quatorze villes, une vingtaine de déménagements», précise-t-elle en rappelant qu’il y a également eu quelques séjours dans la Ligue américaine de hockey.
Vancouver, Philadelphie, Hershey, Sherbrooke, Montréal, Worcester, St. Louis, Pittsburgh, Anaheim, Long Island, Nashville, Phoenix, Minneapolis, Cleveland. Tout ça sur une période de 17 ans.

Il y a assurément des couples qui auraient éclaté en cours de route. Les Daigneault, eux, sont toujours ensemble après 39 ans de mariage. D’ailleurs, malgré tous ces changements d’adresse, jamais ils n’ont été séparés plus que deux ou trois semaines.
«Quand j’ai adopté cette vie-là, j’ai décidé que je m’investissais à 100%, lance Janie Daigneault. J’ai toujours dit qu’on était toujours échangés en famille. Ça n’a jamais été une option que quelqu’un reste en arrière.»

«Chaque fois, on se donnait une semaine ou deux pour que je ferme la maison, que je la mette à vendre et que j’aille le rejoindre, poursuit-elle. Je pense que ça nous a aidés qu’on reste ensemble, qu’on se suive et qu’on vive ces difficultés-là en couple.»
Une belle vie
Devoir demeurer à l’hôtel pendant trois mois, jouer pour quatre équipes au cours d’une même saison avec un nouveau-né, vivre de nouveaux départs deux fois par année sont au nombre de ces épreuves traversées.
Et pourtant...
«On a fait de cette vie-là notre vie. Et ça en a vraiment été une belle», assure-t-elle.
Cette vie, soutiennent les Daigneault, a permis à la famille de s’épanouir. Aujourd’hui, Gabrielle, âgée de 29 ans, est comptable à Philadelphie. Valérie, 27 ans, est avocate à Pittsburgh. Juliette, la plus jeune à 17 ans, quittera le nid familial l’automne prochain pour poursuivre ses études à l’Université d’Ohio, où elle a obtenu une bourse en natation.

«Les transactions, ce n’est pas facile, convient l’ancien joueur et entraîneur adjoint du Canadien. On en a subi, on en a provoqué. La richesse que ça a donnée à notre famille, c’est la capacité de s’adapter et de ne pas avoir peur de l’inconnu.»
Par ailleurs, Janie Daigneault se fait un point d’honneur de mentionner qu’elle a élevé ses trois filles dans un environnement francophone.

«Ce dont on est très fiers, c’est que nos trois filles parlent français, soutient-elle. J’ai toujours parlé français à la maison pour m’assurer qu’elles soient bilingues et que la culture québécoise fasse partie de leur vie. Elles écoutent de la musique francophone. Le français fait partie de leur vie.»
Disons qu’on ne peut en dire autant de tous les hockeyeurs québécois ayant fait carrière aux États-Unis ou au Canada anglais.
Le retour de l’ascenseur
Jean-Jacques Daigneault a toujours été conscient des sacrifices que les quatre femmes de sa vie ont faits pour qu’il puisse poursuivre sa carrière le plus longtemps possible. Surtout Janie, qu’il appelle son roc.
C’est pourquoi il a décidé de leur retourner l’ascenseur en avril 2021 lorsque les Mooseheads d’Halifax, qu’il pilotait depuis deux saisons, l’ont congédié.

«Je me suis dit que ça n’avait pas de bon sens de déménager une adolescente d’une ville à l’autre pour du coaching. Je me suis éloigné de la game pour lui offrir quatre ans de stabilité», raconte Daigneault.
Jean-Jacques, Janie et Juliette ont donc choisi de retourner vivre en Arizona, là où ils avaient encore une maison et où ils étaient familiers avec le club de natation.
«Cette fois, c’est lui qui a mis sa vie sur pause, déclare Janie. Il a fait un sacrifice pour nous comme on en a fait pour lui au fil des ans. Je l’apprécie grandement.»