Dégoûté par une transaction, Jean-Jacques Daigneault a failli abandonner


Jonathan Bernier
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Jean-Jacques Daigneault a eu beau être échangé plus souvent qu’à son tour, il n’a jamais perdu le feu sacré. À chaque occasion, il gardait le moral en se disant qu’il améliorait son sort. Sauf une fois.
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«La transaction qui m’a fait passer des Ducks aux Islanders m’a dégoûté un peu», lance-t-il.
«Je venais de signer un contrat de trois ans, on était bien installés à Anaheim. En plus, Janie venait d’accoucher, ce qui fait qu’on avait deux enfants de trois ans et moins. En Californie, c’était facile d’avoir deux jeunes enfants. Elles étaient toujours au parc ou allaient marcher sur le bord de la plage.»
En fait, ce qui dégoûtait surtout Daigneault, c’est que les Islanders avaient fait son acquisition avec un objectif précis qui n’avait rien à voir avec ce qu’il pouvait accomplir sur la patinoire.
On était alors le 6 février 1998. Quelques mois plus tard, les Predators de Nashville allaient prendre forme via le repêchage d’expansion en sélectionnant un joueur parmi les 26 équipes déjà existantes. Or, les Islanders avaient besoin d’arrières à laisser sans protection. Daigneault, âgé de 32 ans, n’a pas mis de temps à le comprendre.

«J’ai dit à Janie que je n’irais pas, que j’en avais assez», raconte Daigneault.
«Je lui ai répondu que je ne pensais pas que c’était une bonne idée, qu’il était trop jeune pour la retraite, rétorque Janie. Je lui ai dit d’y aller d’abord et de lâcher s’il voyait qu’il n’aimait pas ça.»
Le défenseur a suivi le conseil. Il a joué 18 matchs avec les Islanders avant d’être réclamé, comme prévu, par les Predators. Incluant cette première saison à Nashville, il a disputé cinq saisons supplémentaires dans le hockey professionnel.
«On s’en va où?»
Sinon, il garde également un souvenir particulier de la transaction qui l’a fait passer du Canadien aux Blues.
C’est Janie qui avait répondu au téléphone. Réjean Houle, fraîchement nommé au poste de directeur général, se trouvait au bout du fil.
«Il m’a demandé pour parler à Jean-Jacques. J’ai averti Jean-Jacques, mais avant de lui passer le téléphone, j’ai demandé à Réjean: “On s’en va où?”»
Si Janie était convaincue de la raison de l’appel du nouveau directeur général, c’est parce que tout indiquait que les heures de son mari à Montréal étaient comptées.
«On avait amorcé la saison avec cinq défaites de suite. Cinq matchs où j’avais été laissé de côté, explique Daigneault, champion de la Coupe Stanley de 1993. Quand Réjean [Houle] et Mario [Tremblay] sont arrivés, je n’ai pas plus joué. Alors, on se doutait que quelque chose s’en venait.»
C’est donc à St. Louis, et non à Montréal comme elle l’avait prévu, que Janie, alors enceinte de sept mois, a donné naissance à l’aînée de la famille.