LNH | Sénateurs: «Quand tu ne gagnes pas, le défi est là pour un entraîneur» – Jacques Martin


Jean-François Chaumont
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OTTAWA | Jacques Martin a dirigé son premier match derrière un banc de la LNH en 1986-1987 avec les Blues de St. Louis. Maintenant âgé de 71 ans, Martin a accepté le colossal défi de remplacer D.J. Smith sur une base intérimaire avec les Sénateurs d’Ottawa, une équipe dont le plus vieux joueur, Claude Giroux, est né en 1988.
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S’il n’avait pas occupé un poste d’entraîneur en chef depuis son congédiement au mois de décembre 2011 avec le Canadien, Martin avait agi comme adjoint chez les Penguins de Pittsburgh, où il a gagné la Coupe Stanley en 2016 et 2017, et avec les Rangers de New York pour une seule saison en 2020-2021.
Pour la visite du Canadien jeudi soir au Centre Canadian Tire, Martin célébrera son premier mois depuis son retour avec les Sénateurs. Il sourit timidement quand on lui fait la remarque. Des mois d’expériences, il en a plusieurs au sein de la LNH.
Il n’avait pas besoin d’une expérience de plus sur son curriculum vitae. Engagé le 6 décembre comme simple consultant, il a pris le flambeau de Smith un peu plus de deux semaines plus tard (18 décembre).
«Je voulais revenir pour l’organisation, pour le nouveau propriétaire (Michael Andlauer) et le nouveau président (Cyril Leeder). Je ne connaissais pas le nouveau directeur général, Steve Staios, mais j’ai rapidement aimé son intelligence, sa vision et ses stratégies pour le hockey. J’aime aussi la philosophie de l’organisation, nous rapatrions de bonnes personnes. J’étais aussi heureux de revoir Alfie (Daniel Alfredsson). Je l’ai dirigé longtemps et je connais le type de meneur qu’il est. Il a une bonne influence pour le groupe.»
Doser les émotions
En ce mercredi matin glacial dans la capitale nationale, Martin a regardé l’entraînement des gradins, laissant toute la place à ses adjoints. Jack Capuano a dirigé la majorité des exercices.
«Je suis un peu plus vieux et j’ai mal à une épaule, a-t-il expliqué. Je ne voudrais pas chuter et finir par me faire mal. Mais je suis attentivement nos entraînements. Et j’aime toujours autant ça.»
«J’apporte de l’expérience, mais aussi une stabilité avec ma personnalité, a-t-il dit. Souvent, les joueurs font prendre la personnalité de leur entraîneur. D.J. Smith avait beaucoup d’émotions, l’équipe est aussi émotive. Il faut garder cette passion, mais il faut apprendre à la doser.»
Une saison misérable
Avant le congédiement de Smith, les Sénateurs avaient un décevant dossier de 11-15-0. Il n’y a pas eu ce regain de vie anticipé avec le changement derrière le banc. Sous la gouverne de Martin, les Sens ont une fiche encore pire à 4-9-0.
«Je ne crois pas que nos difficultés récentes s’expliquent par le changement d’entraîneur, le blâme revient aux joueurs dans le vestiaire, a plaidé le défenseur Jake Sanderson. Nous ne jouons pas à notre plein potentiel. Nous devons être meilleurs.»

«Tant qu’on ne jouera pas bien pendant 60 minutes et tant qu’on ne trouvera pas de constance, nous aurons de la misère à gagner des matchs, a renchéri le défenseur Thomas Chabot. Nous aimons jouer pour Jacques. Il travaille sur les détails dans notre match. Ça peut paraître banal, mais ça devient gros dans un match. Il se concentre aussi pour réduire l’espace chez les défenseurs avec les attaquants.»
Martin ne s’en cache pas. Le chantier qu’il a hérité est encore plus gros qu’il croyait.
«Oui, il y a encore plus de travail. C’est un bon défi. J’adore encore ce que je fais. C’est intéressant. Quand tu ne gagnes pas, le défi est là pour un entraîneur. Tu dois trouver des solutions pour tes joueurs. Il y a des moments où tu dois te montrer dur, mais tu dois aussi les encourager. Ils restent fragiles au niveau de la confiance.»
Le modèle des Canucks
À moins d’une surprise majeure, les Sénateurs (15-24-0), qui sont au dernier rang de l’Association de l’Est, manqueront les séries pour une septième année d’affilée.
En début de saison, on prédisait pourtant de belles choses pour cette équipe.
«On se basait sur des attentes, a répliqué Martin. La nouvelle organisation n’était pas encore en place. Ça fait cinq ans qu’ils disent qu’ils bâtissent. Il y a un bon noyau, mais il manque certains éléments. Le noyau reste meilleur que la fiche de l’équipe en ce moment. À Buffalo, les Sabres sont dans une phase de reconstruction depuis de nombreuses années. Il y a des joueurs talentueux, mais ils doivent apprendre à jouer de la bonne façon. Les équipes qui ont du succès trouvent des façons pour bien entourer ses jeunes.»
Pour mieux encadrer le noyau de l’équipe, Martin aimerait que les Sénateurs s’inspirent des Canucks de Vancouver. Au cours de l’été, ils ont greffé des joueurs comme Ian Cole, Sam Lafferty, Casey DeSmith et Teddy Blueger. Patrik Allvin, le DG des Canucks, n’a pas attiré des joueurs vedettes, mais il a fait confiance à des joueurs qu’il connaissait déjà de ses jours à Pittsburgh.