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Qualification olympique malgré une blessure, une réussite qui devient encore plus méritoire pour un gymnaste québécois

Photo BEN PELOSSE
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-07-24T14:24:42Z
2024-07-24T18:55:06Z

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PARIS | Une qualification olympique n’est jamais simple, mais il arrive à certaines occasions que le défi soit encore plus grand.

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C’est exactement ce qui s’est produit dans le cas du gymnaste William Émard. 

Après avoir contribué à la sélection de l’équipe canadienne au championnat mondial 2023, une première depuis les Jeux de 2008 à Pékin, Émard et les meilleurs gymnastes devaient confirmer leur place sur une base individuelle à l’occasion des nationaux qui se déroulaient en juin dernier à Gatineau.

Le ciel lui est toutefois tombé sur la tête le 17 février lors d’une compétition Élite Canada lorsqu’il s’est déchiré le biceps droit. Il avait subi une blessure similaire au biceps gauche deux ans plus tôt.

«Ma blessure est arrivée à un moment critique et j’avais juste le temps minimum pour me rétablir pour les nationaux, a-t-il raconté. Parce que j’avais déjà vécu la même chose, j’ai été assez intelligent pour ne pas trop pousser la note. J’ai retiré quelques éléments afin de ne pas mettre de stress sur mon biceps.»

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Une troisième place très satisfaisante

Après avoir reçu une injection de plasma enrichi de plaquettes pour favoriser le processus de guérison, le gymnaste de 24 ans s’est pointé à Gatineau en bonne forme. «L’opération n’était pas une option et on avait utilisé cette même technique en 2022 avec de bons résultats, a-t-il expliqué. Tout s’est bien passé et je ne n’aurais pas pu demander mieux.»

«Quand je me suis blessé, je capotais, mais je suis resté plus confiant que je pensais, de poursuivre Émard. Il y a eu des moments de doute où je pensais que je n’y arriverais pas, mais la clé a été de demeurer ultra positif.»

Aux nationaux, Émard a terminé au troisième rang au concours complet. Il a remporté l’argent au sol et le bronze aux anneaux, qui est l’épreuve la plus taxante pour les biceps. Ses résultats l’ont assuré d’une place à Paris, où il vivra ses premiers Jeux. «Cent pour cent d’accord que ma blessure ajoute à l’exploit de ma sélection, a-t-il répondu à la question du Journal. Si je ne m’étais pas qualifié, j’aurais eu une bonne excuse. En me qualifiant, l’exploit est encore plus impressionnant.»

Joueur de soutien

Émard estime une expression fort populaire au hockey professionnel pour parler de ses objectifs dans la Ville Lumière. «Je me vois plus comme un employé de soutien, a-t-il illustré. Je veux contribuer au succès de l’équipe où l’on vise un top 8. Pour les épreuves individuelles, j’accepte mon sort alors que j’aurais visé un top 8 aux anneaux et au sol sans ma blessure.»

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«Ma qualification est ma médaille olympique», d’ajouter celui qui a réussi le meilleur résultat de l’histoire canadienne en terminant en huitième place du concours complet au championnat mondial 2021. «Mon parcours a été intéressant et c’est ce dont je vais le plus me souvenir.»

«Pour 2028 à Los Angeles, si mon corps me le permet, j’aimerais que l’histoire soit différente et que j’aie un rôle de personnage principal, d’ajouter Émard, qui poursuivra ses études et son baccalauréat en administration-marketing à temps plein après les Jeux. «Je viserais alors un top 8 au sol et aux anneaux.»

Depuis son arrivée dans la Ville Lumière, le biceps tient le coup. «Ça se passe bien et j’ai rajouté quelques éléments aux anneaux, a-t-il précisé ce matin après l’entraînement de l’équipe canadienne à l’Arena Bercy. Je suis sur la limite basse pour atteindre la finale, mais je suis là avant tout pour l’équipe.»

«Comme mon frère»

Émard aura l’occasion de vivre son rêve olympique avec deux personnes qui lui sont très chères. 

«Vivre les Jeux avec Félix [Dolci] et mon coach Adrian [Balan] rend l’expérience encore plus gratifiante. Moi et Félix, on a fait notre parcours de A à Z ensemble et il est un comme un frère pour moi. On se connaît par cœur. Sa mère était ma surveillante le midi au primaire.»

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