Protections menstruelles durables : 4 arrondissements de Montréal ne les remboursent pas


Alice Fournier
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Des citoyennes de Rosemont—La Petite-Patrie, Anjou, Lachine et l’Île Bizard ont été frustrées de constater que leur arrondissement ne rembourse pas les protections hygiéniques durables, alors que c’est le cas ailleurs à Montréal et dans des dizaines de municipalités québécoises.
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« Je pense qu’il serait temps que Lachine se réveille un peu pour ce genre de truc aussi important ! », s’indigne la résidente de l’arrondissement de Lachine, Evy Roy, dans une publication Facebook.
Selon elle, les subventions pour les produits hygiéniques féminins réutilisables sont vraiment importantes pour aider les femmes à pourvoir des besoins de base.
« Au fond, soutenir ce type de produits, ce n’est pas juste une question d’argent : c’est une façon d’aider les femmes à vivre plus dignement, tout en pensant à l’avenir de la planète », confie-t-elle à 24 heures.
Dans les 15 autres arrondissements, le montant et les conditions des subventions diffèrent et chacun travaille avec des organismes différents pour répondre aux besoins.
Les résidentes d’Ahuntsic-Cartierville, par exemple, peuvent obtenir un remboursement de 50 % pour tout achat de coupes menstruelles, culottes hygiéniques réutilisables, serviettes et inserts lavables de plus de 30 $. Un montant maximal de 75 $ est offert.
Un besoin à considérer
L’arrondissement de Lachine a pourtant déjà fait partie du programme lors de sa première édition en 2017. Plusieurs citoyennes ont témoigné avoir reçu le service sous l’administration de Projet Montréal.
« La demande pour ces produits a diminué grandement au fil des années, remettant en question cette offre », explique l’arrondissement en réponse aux questions de 24 heures.
Lachine dit ainsi réviser son programme écologique, venu à échéance le 31 décembre, pour identifier des actions plus efficaces selon ses objectifs de transition environnementale, ce qui n’inclut pas ce programme.
L’arrondissement d’Anjou, quant à lui, assume son choix : « Le conseil d’arrondissement a pris la décision de ne pas adhérer à ce programme à ce stade », explique-t-il par courriel.
Rosemont—La Petite-Patrie a dû mettre fin à son programme de subvention des produits d’hygiène durables puisque le partenaire resposnable n’est plus en activité, précise-t-on par courriel.
Pourtant, il est à noter que pas moins de 771 millions de protections hygiéniques sont jetées chaque année au Canada, selon les données colligées par le Groupe de recommandations et d’actions pour un meilleur environnement (GRAME).
À Montréal seulement, ce sont 1422 tonnes de ces produits qui finissent dans les sites d’enfouissement et, certains, directement dans les cours d’eau chaque année.
Par ailleurs, chaque personne menstruée dépense, en moyenne, 6000 $ en produits menstruels jetables au cours de sa vie, calcule l’Association canadienne de santé publique.
Utiliser des produits réutilisables est une solution pour réduire ces dépenses, mais ils restent dispendieux.
Toujours selon le GRAME, 44,2 % des personnes menstruées affirment que leur première réticence à se procurer des produits d’hygiène personnelle durable est le prix élevé.
L’arrondissement de l’Île Bizard n’a pas répondu à nos questions.