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Live Nation/Ticketmaster: Québec doit suivre de près le procès de la justice américaine contre le géant du divertissement

Photo Adobe Stock
Photo portrait de Frédérique De Simone

Frédérique De Simone

2026-03-05T00:00:00Z

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Le Québec aurait tout intérêt à suivre de près le procès des géants américains Live Nation et Ticketmaster qui s’est amorcé cette semaine à New York, croit un observateur du secteur.

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Selon Patrick Kearney, directeur général du Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN), « le Québec se retrouve dans une drôle de situation » face à Live Nation, qui détient 49 % des parts d’evenko, l’un des plus importants promoteurs, producteurs et diffuseurs au Québec, et qui contrôle une grosse part de la vente de billets ici grâce à Ticketmaster ainsi que les billetteries d’organismes publics comme la Place des Arts de Montréal et le Grand Théâtre de Québec.

« Si la cour américaine tranchait en faveur du démantèlement des deux entités [Live Nation et Ticketmaster] au terme de ce procès, Ticketmaster resterait la plus grande billetterie des États-Unis, mais probablement aussi du Canada », croit-il.

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Photo Axel Tardieu
Photo Axel Tardieu

« Qu’est-ce qui les empêcherait de travailler ensemble sans être parties prenantes ? J’ai de la misère à voir comment ils en viendraient à utiliser un autre système de billetterie. [...] Après ça, ce sera au gouvernement de justifier pourquoi il utilise un système de billetterie qui fait face à une poursuite judiciaire aux États-Unis », a-t-il avancé, estimant qu’il y avait là une certaine incohérence pour les gouvernements fédéral et québécois.

La justice américaine accuse Live Nation d’avoir utilisé sa taille et son pouvoir pour mettre en place un système anticoncurrentiel, lequel lui permet d’obtenir des contrats de promotion exclusifs avec des artistes et de s’appuyer ensuite sur son vaste répertoire pour signer des accords d’exclusivité avec des salles de spectacle.

Le géant californien est aussi accusé d’avoir nui aux artistes, aux salles et aux spectateurs avec son stratagème.

Getty Images for TAS Rights Mana
Getty Images for TAS Rights Mana

Le gouvernement québécois doit bien comprendre les enjeux des accusations contre Live Nation et Ticketmaster et être prêt à réagir à la décision de la justice américaine, croit M. Kearney.

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« Dans ses derniers états financiers, leur marge bénéficiaire était d’environ 37 % », a souligné M. Kearney, rappelant qu’un bénéfice aussi élevé détonnait par rapport à celui des autres joueurs du secteur, surtout au Québec. « Il faudrait arrêter de soutenir une compagnie qui fait autant de profits », a poursuivi le DG du REFRAIN, estimant que l’accès à des sites et à des salles subventionnées représentait déjà en soi un avantage considérable.

Selon un reportage de l’émission Enquête, les festivals produits par evenko, tels qu’Osheaga, Lasso et ÎleSoniq, ainsi que les Francos, le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) et Montréal en Lumière, ont reçu 15 millions de dollars par an de fonds publics du Québec entre 2022 et 2024.

« Il faut faire attention dans la façon de regarder l’ensemble de l’écosystème. [...] On ne peut peut-être pas contrôler le monopole, mais on n’est pas obligé de l’encourager », a-t-il dit en entrevue à l’Agence QMI.

D’après lui, il ne faut pas nécessairement délaisser les grands festivals comme Osheaga ou le FIJM, mais le Québec devrait impérativement trouver une façon de mieux tirer son épingle du jeu.

Il a également rappelé que si la justice américaine tranchait en faveur d’un démantèlement de Live Nation et Ticketmaster, ce verdict ne concernerait que ses pratiques aux États-Unis. Au Canada, ce serait plutôt au Tribunal de la concurrence d’étudier la cause à son tour.

Evenko/Live Nation agit aussi à titre de gestionnaire exclusif du Centre Bell, de la Place Bell à Laval, du MTELUS, du Théâtre Beanfield, du Théâtre Manuvie et du Club Dix30 à Brossard.

Ailleurs au Canada, Live Nation, sous sa branche canadienne Live Nation Canada, exploite entre autres le Rogers Stadium de Toronto, l’Opéra de Toronto, l’amphithéâtre RBC, le History et le Danforth Music Hall, mais aussi le Commodore Ballroom à Vancouver et le History Ottawa, qui ouvrira ses portes prochainement.

Le procès en bref

Le ministère américain de la Justice, 39 États et le district de Columbia poursuit Live Nation. Selon la poursuite, Live Nation détient un monopole illégal sur l’industrie du spectacle depuis sa fusion avec la billetterie numérique Ticketmaster, en 2010, et demandent le démantèlement de leur union. Le procès devant jury, qui s’est ouvert lundi, pourrait durer jusqu’à six semaines.

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