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Prisonnière de son mari? On décortique la saga autour de Ballerina Farm, la «trad wife» aux 8 enfants qui vit sur une ferme de l’Utah

Photo portrait de Léa  Martin

Léa Martin

2024-08-01T16:21:15Z

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Un article du quotidien britannique Times lève le voile sur la vie pas si parfaite de Ballerina Farm, la «trad wife» la plus populaire d’Instagram. Le reportage, qui fait grand bruit depuis sa publication la semaine dernière, présente une femme qui semble avoir abandonné ses rêves pour un homme contrôlant.

Sur Instagram, où elle est suivie par 9 millions d’abonnés, Hannah Neeleman, mieux connue sous le pseudonyme Ballerina Farm, trait les vaches, prépare son pain au levain et s’occupe de ses huit enfants dans l’État de l’Utah.

La journaliste du Times, Megan Agnew, est une des rares personnes à avoir pu entrer dans l’intimité de la femme et sa famille de cette manière. Ce que la reporter y a constaté n’a rien à voir avec la vie idyllique que l’influenceuse s’efforce de montrer en ligne.

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Commençons par le début: c’est quoi, au juste, une «trad wife»?

Le mouvement des «trad wifes» est à l’opposé du «girl boss era», qui encourage les femmes à poursuivre une carrière, à défoncer les plafonds de verre et à devenir indépendantes.

Les «trad wifes» rejettent ce modèle d’émancipation féministe et retournent aux «valeurs traditionnelles» de la famille, du couple et, la plupart du temps, aux valeurs chrétiennes.

«Les trad wives croient qu’une femme doit se soumettre à son mari et servir sa famille. Ce concept n'est pas dégradant et son rôle n’est pas moins important ou essentiel que celui de l’homme», plaide dans une vidéo l’Américaine Estee Williams, qui appartient au mouvement.

«Les femmes devraient avoir le choix d’être au foyer sans être jugées», ajoute-t-elle.

Aux États-Unis, plusieurs de ces influenceuses sont mormones. C’est le cas d’Hannah Neeleman, mais aussi de Nara Smith, mannequin de 22 ans, qui prépare des céréales et de la gomme à mâcher pour ses enfants devant ses quatre millions d’abonnés Instagram.

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Une femme qui a abandonné ses rêves

Une des premières choses que l’on apprend en lisant l’article du Times consacré à Ballerina Farm, c’est qu’Hannah Neeleman n’a pas toujours caressé le rêve de devenir mère au foyer dans une ferme laitière.

«Mon objectif était New York. J’ai quitté la maison à 17 ans et j’étais tellement excitée de m’y installer. J’adorais son énergie. Et j’allais devenir une ballerine. J’étais une bonne ballerine», confie-t-elle à la journaliste, avant de prendre une pause.

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«Mais je savais que lorsque je commencerais à avoir des enfants, ma vie commencerait à changer.»

C’est pendant ses années d’étude à Juilliard, une école artistique renommée à New York, qu’elle rencontre Daniel Neeleman, qui allait devenir son mari. Issu d’une riche famille mormone (son père est le PDG de la compagnie aérienne américaine JetBlue), on comprend en lisant l’article qu’il souhaite se marier, et vite.

Si Hannah Neeleman croyait pouvoir finir ses études avant le mariage, son mari avait d’autres plans pour elle: «Ça ne va pas marcher, il faut qu’on se marie tout de suite», lui aurait-il dit. Un mois plus tard, ils étaient fiancés, deux mois plus tard, mariés, et trois mois plus tard, elle était enceinte.

Après leur premier enfant, Henry, qui a maintenant 12 ans, Hannah a enchaîné les accouchements: Charles (10 ans), George (9 ans), Frances (7 ans) , Lois ( 5 ans), Martha (3 ans), Mabel (2 ans) et la petite dernière, Flora.

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Les signes d’une relation abusive

Après la publication de l’article, de nombreuses personnes ont dénoncé sur TikTok ce qu’elles qualifient comme une relation de contrôle.

La journaliste souligne d’ailleurs que tout au long de l’entrevue qu’elle a réalisée avec Hannah Neeleman, son mari est resté à ses côtés et qu’il lui coupait sans arrêt la parole. La mère de famille aurait également souvent tourné la tête vers son mari pour chercher son approbation avant de répondre.

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Si l’influenceuse assure avoir choisi sa vie traditionnelle tout autant que son mari, la journaliste du Times semble en douter.

«Daniel voulait vivre dans les grands espaces de l’Ouest, c’est ce qu’ils ont fait; il voulait cultiver la terre, c’est ce qu’ils font; il aime les sorties en amoureux une fois par semaine, c’est ce qu’ils font (ils ont une gardienne ces soirs-là); il ne voulait pas de nounou à la maison, donc il n’y en a pas. Le seul espace réservé à Mme Neeleman, une petite grange qu’elle voulait transformer en studio de ballet, est devenu la salle de classe des enfants», écrit-elle.

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Une communauté méfiante

Après la publication de l’article, le couple a mis du temps avant de partager une vidéo. La première qu’ils ont publiée les montre dans le champ, en train de s’embrasser, alors que Hannah Neeleman tient sa petite dernière dans les bras.

@ballerinafarm I’m calling it “Dairy Date Night” 🐄🌾♥️ @Daniel ♬ original sound - Ballerina Farm

Sur TikTok, la mise en scène ne semble pas convaincre.

«Il fallait sauver sa réputation, hein?», «Cligne deux fois des yeux si tu as besoin d'aide»: voici le genre de commentaires qui se retrouvent sous les dernières vidéos du couple.

Une autre vidéo qui a choqué sur Instagram: celle où Hannah Neeleman reçoit son cadeau d’anniversaire. Alors qu’elle confie espérer recevoir des billets pour aller en Grèce, elle déballe un tablier muni de petites pochettes pour mieux récolter les œufs à la ferme.

«C’est pathétique», «Daniel, ta famille possède une compagnie aérienne. Offre à maman ses billets», «Quelqu'un, emmenez cette magnifique femme en Grèce et ramenez-la à Julliard tout de suite!!!»: le cadeau n’est pas passé auprès des abonnés de l’influenceuse.

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À la suite de la publication de l’article, des femmes qui ont déjà appartenu au mouvement des «femmes traditionnelles» ont également témoigné de l’enfer qu’elles affirment avoir vécu.

«J’ai été Ballerina Farm, dit Patricia Cox, une Américaine qui témoigne sur TikTok. Lorsque vous en aurez assez des abus, ils détruiront votre vie.»

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