«Prescott»: une saga criminelle enlevante

Guillaume Picard
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L’univers de la saga criminelle Prescott, qui est aussi un thriller haletant, est dur et brut.
On plonge au cœur d’une petite ville installée en bordure de frontière, où les habitants mettent du pain et du beurre sur leur table grâce au pénitencier fédéral et à la cimenterie de la famille Meunier.
Valérie Trudeau (Catherine Chabot, excellente), qui a hérité d’un motel en décrépitude où les proches des prisonniers séjournent, se bat dans un monde d’hommes pour protéger sa famille et ses terres.
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Celles-ci sont convoitées par son ennemi juré, Gilles Meunier (Jean L’Italien, fort convaincant), un homme d’affaires à la tête de la cimenterie, qui verse aussi dans le trafic d’armes avec les motards. La situation géographique de Prescott — qui pourrait se situer en Beauce — est parfaite pour ce petit commerce illicite et, comme la propriété de Valérie dispose d’un chemin conduisant à la frontière, Meunier cherche à s’en emparer.
Au début de cette intrigue concoctée par la comédienne et autrice Anie Pascale — qui a été inspirée parce qu’elle vit près de la prison de Bordeaux, à Montréal —, Valérie découvre un corps dans un baril rempli de béton. Il n’en faut pas plus pour qu’elle soupçonne immédiatement les Meunier, Gilles et son fils Shawn (Marc Beaupré), qui est accessoirement son ex et le père de son deuxième fils toxicomane, Derek (Léokim Beaumier-Lépine).
Elle lance alors sa propre enquête, mais, en fourrant son nez partout, elle pourrait mettre sa vie et celle de ses proches en danger. Elle peut compter sur son aîné, Jordan (Lévi Doré), qui travaille au pénitencier, pour l’aider à creuser.

Au même moment, il y a une augmentation de la violence au pénitencier fédéral, en plus d’un manque d’effectifs, un cocktail qui met son fragile équilibre en péril. Surtout quand une prise d’otages éclate...
Comme si ce n’était pas assez, des tensions raciales font rage derrière les murs. Elles sont alimentées notamment par Steve « Minou » Lafleur (Mario Saint-Amand), un motard qui continue ses petites affaires pendant sa période de réclusion.
Une longue rivalité
La guerre entre les Trudeau et les Meunier perdure depuis des décennies. Il y a belle lurette, les Trudeau avaient refusé de vendre leurs terres au gouvernement fédéral pour la construction du pénitencier. Leur pourvoirie s’y trouvait et il n’en reste aujourd’hui que le motel et son bar.

Les Meunier, eux, ont fait la piastre en vendant des terrains à Ottawa et en fournissant le béton nécessaire à la construction de l’établissement carcéral.
Heureusement, il y a aussi de la lumière et même de la solidarité dans toute cette noirceur et toute cette violence. Caroline Néron fait même rire dans la peau d’une mère dont le fils (Noah Parker), un joueur de hockey étoile, est incarcéré après avoir été condamné pour l’homicide involontaire d’un adversaire sur la patinoire. Elle est tout simplement délicieuse dans ses scènes, dans les deux premiers épisodes que nous avons vus mercredi.
On sent dans la photographie de la série une dureté et un côté brut. Le directeur photo, Philippe St-Gelais, qui avait travaillé sur la série coup de poing Je voudrais qu’on m’efface, a collaboré avec le réalisateur Julien Hurteau pour nous immerger dans ce climat de haute tension où, avec la caméra à l’épaule, on contribue à nous tenir en haleine et à incarner un côté documentaire, rendant le tout plus authentique, comme le souhaitait Hurteau.

La productrice Nathalie Cécyre et la boîte de production Pixcom sont déjà au travail pour la deuxième saison, qui sera tournée cet automne. Dix autres épisodes ont en effet été commandés avant même la diffusion de la première mouture. En télé ces temps-ci, on prend toutes les bonnes nouvelles !
- Les deux premiers épisodes de Prescott seront déposés sur illico+ le jeudi 21 mai. Les huit autres suivront, à raison de deux nouveaux épisodes chaque jeudi.
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