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Plus de 500 morts dans les manifestations en Iran, selon un groupe de défense des droits humains

Agence QMI

2026-01-11T12:57:32Z
2026-01-11T18:54:07Z

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Le bilan des morts dans les manifestations en Iran s’est nettement alourdi dimanche s'élevant au-dessus des 500, selon les plus récentes données d'un groupe de défense des droits humains révélées par l'agence de presse Reuters.

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L'organisation de défense des droits humains HRANA, basée aux États-Unis, a déclaré avoir vérifié la mort de 490 manifestants et de 48 membres des forces de sécurité, et que plus de 10 600 personnes ont été arrêtées en deux semaines de troubles, d'après les chiffres en provenance d'activistes à l'intérieur et à l'extérieur de l'Iran.

Toutefois, l'Iran n'a pas communiqué de bilan officiel et Reuters n'a pas été en mesure de vérifier ces chiffres de manière indépendante.

Menace d'intervention américaine

Téhéran a menacé de cibler les bases militaires américaines si le président Donald Trump mettait à exécution ses menaces d'intervenir en faveur des manifestants.

Le mouvement, initialement déclenché à Téhéran le 28 décembre par des commerçants devant la cherté de la vie et la dépréciation de la monnaie, a gagné de nombreuses autres villes et pris de l’ampleur ces derniers jours.

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Alors que la République islamique fait face à l’un de ses plus grands défis depuis sa proclamation en 1979, le président américain, Donald Trump, a répété samedi que Washington se tenait «prêt à aider» les manifestants «aspirant à la liberté».

En cas de frappes américaines, l’Iran ripostera en ciblant des sites militaires et le transport maritime des États-Unis, a averti dimanche le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Une entrevue télévisée du président iranien, Massoud Pezeshkian, doit être diffusée dans la journée. Il abordera la situation économique et les «revendications du peuple», selon la télévision d’État IRIB.

Hôpitaux «débordés»

Sur le terrain, la mobilisation ne faiblit pas.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré de grandes foules défilant dans la nuit de samedi à dimanche au cœur de plusieurs villes iraniennes, notamment la capitale, Téhéran, et Machhad, dans l’est du pays.

Ces images sont probablement diffusées par des moyens satellitaires, alors que la coupure d’internet, depuis maintenant plus de 60 heures, rend quasi impossible toute communication avec le monde extérieur.

«Cette mesure de censure constitue une menace directe pour la sécurité et le bien-être des Iraniens», a souligné sur son compte X l’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks.

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Dans d’autres vidéos, qui n’ont pas pu être authentifiées par l’AFP à ce stade, on voit des familles qui semblent identifier dans une morgue de Téhéran les corps de proches tués dans les manifestations.

«Le monde doit agir»

De son côté, l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, a dit avoir confirmé, depuis le début des protestations, «la mort d’au moins 192 manifestants», soit plus du double de chiffre de 51 décès donné vendredi. Elle a averti que le bilan pourrait être bien plus élevé vu le peu d’informations filtrant de la situation dans le pays.

Le Centre pour les droits de l’homme en Iran, dont le siège est à New York, a dit avoir reçu des «témoignages directs et des rapports crédibles» sur la mort de centaines de manifestants ces derniers jours.

L’organisation Human Rights Activists News Agency, basée aux États-Unis, avait fait état plus tôt de la mort de 116 personnes, dont 37 membres des forces de sécurité ou autres responsables.

«Un massacre est en cours en Iran. Le monde doit agir maintenant pour empêcher de nouvelles pertes humaines», a averti l’organisation.

Elle a ajouté que les hôpitaux étaient «débordés», que les réserves de sang diminuaient et que de nombreux manifestants avaient été délibérément visés aux yeux par des tirs.

Lignes téléphoniques coupées

Dans des déclarations à la télévision d’État, le ministre de l’Intérieur, Eskandar Momeni, a mis en garde «ceux qui mènent les manifestations vers la destruction, le chaos et des actes terroristes».

Dimanche, le chef de la police a annoncé «d’importantes arrestations contre les principaux éléments impliqués dans les émeutes».

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À Téhéran, un journaliste de l’AFP décrit une quasi-paralysie de la vie quotidienne. Le prix de la viande a presque doublé depuis le début de la contestation et beaucoup de boutiques ont baissé le rideau.

Les écoles sont fermées et l’enseignement se fait désormais à distance, mais sans internet, il est impossible de se connecter. De même, si de nombreux Iraniens se rendent encore au bureau, l’absence de réseau rend toute activité pratiquement irréalisable.

Samedi soir, les lignes de téléphonie mobile ont également été coupées. Selon des habitants de Téhéran, lors de la dernière grande vague de manifestations en 2022-2023, elles continuaient de fonctionner et le niveau de perturbation de la vie quotidienne n’avait rien à voir avec la situation actuelle.

Très présent sur les réseaux sociaux, Reza Pahlavi, fils en exil du chah renversé en 1979, a appelé à de nouvelles actions plus tard dimanche.

«N’abandonnez pas les rues. Mon cœur est avec vous. Je sais que je serai bientôt à vos côtés», a-t-il lancé.

Cette mobilisation survient dans un pays affaibli par la guerre avec Israël en juin, les coups portés à plusieurs de ses alliés régionaux ainsi que les sanctions liées à son programme nucléaire, rétablies en septembre par l’ONU.

Israël a affiché dimanche son soutien à «la lutte du peuple iranien pour la liberté» et appelé l’UE à qualifier les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, d’«organisation terroriste».

-Avec la collaboration de l'AFP

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