Pourquoi le double n’est-il pas aussi populaire?


Mylène Richard
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PARIS | Même si les joueurs de tennis adorent évoluer en double, la popularité de cette discipline ne fait pas l’unanimité, notamment chez les réseaux de télévision.
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Avec les succès des sœurs Serena et Venus Williams ainsi que des jumeaux Mike et Bob Bryan au fil des années, le double a gagné le cœur de plusieurs amateurs, mais il est très rare de pouvoir regarder ces duos en action bien assis dans son salon.
«C’est pourtant très populaire, les estrades sont remplies quand on joue et même des fois, il manque de place sur les plus petits courts. On voit les gens qui essaient de regarder le match debout, entre deux têtes», explique Leylah Annie Fernandez.
«Les gens adorent la dynamique qu’il y a en double. Le jeu est plus rapide qu’en simple, il y a de beaux coups, remarque l’Américaine Taylor Townsend, la partenaire de la Québécoise. Les partisans des meilleurs joueurs de simple les suivent en double aussi. Les fans de Leylah ont une autre chance de la voir jouer, et souvent de plus près.»
Souvent, les athlètes sont plus détendus. Ils s’amusent entre eux et il y a une belle énergie avec la foule. Bianca Andreescu en est une belle preuve, elle qui a notamment dansé sur le court à Dubaï en début de saison.

Aussi important que le simple
Pour Leylah, les joueurs doivent fournir un effort supplémentaire pour valoriser et faire connaître cette discipline.
«On doit le dire le plus possible que le double est aussi important que le simple. On ne joue pas juste en double pour avoir une occasion de s’entraîner, mais parce qu’on aime pratiquer ce sport et passer du temps sur le court. Si les joueurs parlent plus du double et démontrent son importance, les gens vont aimer ça et peut-être qu’un jour, les matchs seront présentés à la télévision», espère Fernandez.
Toutefois, plusieurs veulent se concentrer sur le simple, comme Félix Auger-Aliassime et Denis Shapovalov ont choisi de le faire à Paris, notamment parce qu’ils n’étaient pas à 100% de leur forme.
Des bourses moindres
Et ça se comprend également quand on sait que les bourses remises aux athlètes sont beaucoup plus élevées en solo. À Roland-Garros, par exemple, les champions en simple recevront 3,3 M$, tandis que ceux du double se partageront 850 000$ et ceux du mixte, 176 000$.
«Je ne sais pas pourquoi ce n’est pas aussi populaire à la télévision, mais quand on voit des joueuses qui excellent en simple comme Jessica Pegula et Coco Gauff [troisième et sixième têtes de série] être deuxièmes favorites en double, ça apporte beaucoup de visibilité et c’est merveilleux. On doit continuer dans cette voie», conclut Townsend.