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Pourquoi le Canada glisse au classement olympique

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie
2026-02-24T23:12:06Z

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Les 21 médailles récoltées par le Canada à Milan-Cortina représentent l’un des bilans les plus maigres des 20 dernières années. Trois de moins qu’à Turin en 2006. Et surtout vingt de moins que la Norvège, qui a quitté les Jeux avec un impressionnant total de 41 podiums, dont 18 en or. 

Comment un pays de seulement 5,5 millions d’habitants, qui n’a envoyé que 80 athlètes, parvient-il à dominer ainsi l’olympisme ?

Grâce à une économie parmi les plus solides du monde, à un PIB par habitant qui avoisine les 90 000 $ US et à un modèle démocratique qui figure au sommet des classements internationaux.

Après la Deuxième Guerre mondiale, la Norvège a choisi d’exploiter ses gisements et d’en faire un moteur de développement collectif. Résultat : un indice de développement humain parmi les plus élevés de la planète... et un monstre sacré du ski de fond, Johannes Høsflot Klæbo, devenu roi des Jeux avec six médailles d’or.

Pendant ce temps, le Canada — pays de 40 millions d’habitants, prospère et fier de sa social-démocratie — peine à transformer son potentiel en résultats. Avec un PIB par habitant d’environ 55 000 $ US, comment expliquer une récolte aussi mince de la part de nos 250 athlètes ?

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Dubreuil paie sa route

Dans un texte coup de poing publié dans le Journal de Montréal et sur TVA Sports, Laurent Dubreuil raconte comment il a dû quitter Milan pour se rendre aux Pays-Bas en vue des Mondiaux de la semaine prochaine... à ses frais. Les Jeux étant terminés, plus personne ne paye.

Gênant, pour un athlète d’élite qui représente le pays avec brio.

Marcel Aubut n’est plus la figure la plus populaire de la sphère publique, mais lorsqu’il dirigeait le Comité olympique canadien, il avait au moins une vision.

Sous son impulsion, le programme À nous le podium a vu le jour en route vers Vancouver 2010. Résultat : 26 médailles — seulement deux de plus qu’à Turin — mais surtout 14 d’or, le double des Jeux précédents.

Puis vint la chute : la disgrâce d’Aubut, un recul partiel de l’engagement gouvernemental et un déclin amorcé à Pékin il y a quatre ans. Milan n’a fait que confirmer une tendance lourde.

Depuis la fin des Jeux, le sous-financement du sport amateur est décrié partout. Athlètes et observateurs montent au front pendant que le COC active l’alarme.

Mais en période d’austérité, difficile de convaincre Ottawa de remettre le sport prioritaire.

L’oubli entre deux Olympiades

La population adore ses athlètes... pendant les deux semaines olympiques. Les 204 autres semaines du cycle ? Silence.

Pourtant, l’idée maîtresse d’À nous le podium fonctionnait : lever d’abord des fonds privés, puis obliger le gouvernement à égaler chaque dollar investi.

Ce mécanisme a créé le plus important fonds de soutien aux athlètes de notre histoire — et livré les résultats éclatants de Vancouver.

Le COC a-t-il aujourd’hui l’énergie, le leadership et le réseau nécessaires pour retourner cogner aux portes du milieu des affaires ? Déplorer la situation publiquement est facile. La régler l’est beaucoup moins.

Une société en santé met de l’avant ses porte-étendards. Ces athlètes qui inspirent les jeunes et portent la fierté d’un pays sur leurs épaules.

Kim Boutin a voulu être Marianne St-Gelais. Marianne a voulu être Isabelle Charest. Steven Dubois a voulu être Charles Hamelin, qui voulait être Marc Gagnon. C’est l’effet olympique : une chaîne d’inspiration qui nourrit les sports moins médiatisés.

Quand l’un des nôtres atteint le sommet mythique de l’Olympe, c’est tout un peuple qui exulte. Et au milieu de cette liesse naissent des rêves : ceux de nos enfants, qui espèrent un jour faire pleurer de joie toute une nation.

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