Pour en finir avec Zachary Bolduc

Jean-Charles Lajoie
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M’avez-vous entendu dire que je souhaite que le Canadien échange Zachary Bolduc? La question mérite d’être posée.
Jeudi, dans mon billet de saison, j’affirmais que le CH devait absolument mettre la main sur un attaquant de calibre «top-6». J’ai même évoqué la possibilité de ramener Sean Monahan à Montréal, en profitant de la saison catastrophique des Blue Jackets de Columbus. Et pourquoi pas un joueur comme Alexis Lafrenière? Avec l’approche de Martin St-Louis, il serait un «fit» parfait pour le Tricolore. Gros bonhomme talentueux, capable de déplacer de l’air, Lafrenière rappelle Juraj Slafkovsky, même si je préfère Slaf.
Mon point demeure: si Jeff Gorton et Kent Hughes veulent bouger, ils devront payer. Et ce paiement se fera en joueurs actifs, question de libérer de l’espace avec le retour des blessés. C’est ce qui met Bolduc dans la conversation.
Soyons clairs: le CH ne sacrifiera pas Nick Suzuki, Cole Caufield, Ivan Demidov, Oliver Kapanen ou Slafkovsky. Et il ne réussira pas à «passer» Brendan Gallagher ou Josh Anderson. Alors, si tu veux mettre la main sur un gars comme Lafrenière, tu vas devoir payer. Et parmi les joueurs «échangeables», le nom de Bolduc s’impose.
Je n’ai pas lancé ça de gaieté de cœur. J’aime beaucoup Zachary Bolduc. Je le surveille depuis six ans. J’ai vu sa progression, comment Patrick Roy en a fait un projet personnel avec les Remparts de Québec et l’a transformé en meilleur joueur. Derrière une confiance débordante se cache un humain sensible et brillant, qui assimile très bien le jeu.
Après un départ canon avec un but dans chacun de ses trois premiers matchs avec le Canadien, Bolduc traverse une période difficile. Martin St-Louis lui offre du tough love après lui avoir donné des chances sur le premier trio et la première vague d’avantage numérique. Était-ce vraiment pour lui accorder toutes les chances de produire? Ou pour fouetter Slafkovsky? Chose certaine, le Slovaque a compris le message: son hockey est extraordinaire depuis deux mois.
Pendant ce temps, Bolduc tente de se définir sur un trio complété par Phillip Danault et Anderson, parfois Gallagher, avec quelques secondes sur la deuxième vague d’avantage numérique. Et en prolongation? Zéro minute, zéro seconde. Pourtant, on parle d’un choix de premier tour reconnu pour son flair offensif, son tir puissant et son coup de patin au-dessus de la moyenne. Un potentiel top-6, selon neuf recruteurs sur dix à son année de repêchage.
Alors, quel est le plan du Canadien pour Bolduc? Que voient Gorton, Hughes et St-Louis en lui, maintenant et dans cinq ans? À en juger par les actions du coach, on croirait que le CH n’a pas de grandes attentes. Bolduc n’a pas la même protection que certains autres jeunes de l’organisation, bien enveloppés dans du papier bulle. Comment ne pas conclure qu’il pourrait être sacrifié dans une transaction? C’est mon point de vue, mais pas mon souhait.
En rêvant à l’acquisition d’un attaquant grand format, je me console en espérant que le CH voie beaucoup de bon en Bolduc... et qu’il explose après avoir signé un contrat pont de quatre ou cinq ans au rabais.