Possible retrait de Siemens: le maire Marchand minimise l’impact pour le projet de tramway


Jean-Luc Lavallée
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Interrogé sur le possible retrait de Siemens de l’appel d’offres pour la construction des rames du tramway, le maire de Québec ne semble pas trop inquiet de l’absence de concurrence pour cette portion du projet qui représente 20% du coût total.
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Appelé à commenter pour la première fois la sortie publique du fabricant de trains – qui menace de se retirer du processus si la Ville refuse de considérer sa technologie de tramway «hybride» avec ou sans fils –, le maire Bruno Marchand a fait preuve d’une grande prudence, lundi, dans un premier temps.
«Je ne vais pas commenter une menace ou une communication d’un groupe qui veut ou non déposer [une soumission]. Ça lui appartient. Nous, on travaille avec deux soumissionnaires. Le bureau de projet fait le travail qu’il faut, avec la rigueur nécessaire, en respectant le cadre réglementaire», a-t-il insisté, visiblement menotté par l’aspect légal du processus qui bat son plein, à l’heure actuelle.
«Après ça, s’il y a une décision à prendre, [selon] ce qu’eux auront fait ou pas fait, rendus là, on le fera... Pour l’instant, on travaille avec deux soumissionnaires et on travaille dans les règles de l’art», a-t-il ajouté.
Pressé de questions, il a néanmoins tenu à se montrer rassurant par la suite en minimisant les effets potentiels d’un tel désistement sur les coûts du projet, si Siemens met sa menace à exécution en laissant le champ libre à Alstom/Bombardier.
«90% [du projet] n’est pas touché par le matériel roulant», a-t-il d’abord avancé, rappelant qu’un deuxième appel d’offres est en cours pour la réalisation des infrastructures (plateforme de béton, pôles d’échanges, stations, tunnel au centre-ville, centre d’entretien, etc.). La valeur de ce contrat sera nettement plus importante, a-t-il exposé.
Deux consortiums en lice
«Le chiffre officiel, c’est 80%, s’est-il ensuite ravisé. Il n’en demeure pas moins que la majeure partie du projet est sécurisée par le fait qu’il y a deux consortiums intéressés qui vont nous déposer des propositions et pour lesquels le travail avance bien», a-t-il observé.
Deux consortiums ont levé la main pour cet important volet du projet: ModerniCité et Mobilité de la Capitale.
Rappelons que l’administration Labeaume, il y a un an, avait décidé de relancer le processus d’approvisionnement en le scindant en deux (matériel roulant et infrastructures), afin d’éviter une hausse des coûts découlant de l’absence de concurrence.
Une décision «stratégique» qui aura porté fruit, selon Bruno Marchand. «On n’est pas du tout au même endroit [qu’il y a un an].»
Pas de projet expérimental
Le maire a par ailleurs rappelé que la Ville de Québec ne doit pas être un banc d’essai pour une technologie récente qui n’a pas encore été éprouvée dans un contexte hivernal comme le nôtre.
C’est le gouvernement Legault qui a imposé cette exigence aux fabricants, connue dès le départ.
«On ne peut pas tergiverser jusqu’en 2030 à essayer quelque chose qui marche, qui ne marche pas... Le gouvernement du Québec a mis ça comme condition, on respecte et accepte cette condition-là, elle est normale, elle est même bonne.»
Le chef de l’opposition, Claude Villeneuve, a tenu essentiellement le même discours que le maire lundi matin.
«On ne veut pas faire d’expérimental. Ça va être quelque chose de sûr, quelque chose qui fonctionne», a-t-il commenté.
Quant au processus d’appel d’offres en cours, il s’est montré à son tour très prudent et a indiqué avoir hâte de voir les propositions. Il estime que le retrait potentiel de Siemens «ne met absolument pas en question la réalisation et le succès du tramway».
– Avec la collaboration de Taïeb Moalla