Possible intervention militaire à Cuba: «Les Américains sont en train de fabriquer une crise»

Yannick Beaudoin
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Encore embourbée au Moyen-Orient, l’administration Trump intensifie sa pression sur Cuba.
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En plus du blocus pétrolier qui fait grimper le prix de l’essence de manière vertigineuse dans cet État des Caraïbes, Washington menace régulièrement de renverser le gouvernement de La Havane.
Le porte-avions USS Nimitz a d’ailleurs été déplacé près de Cuba plus tôt en mai. Le directeur de la CIA a également rencontré récemment des dirigeants cubains.
En outre, Washington accuse Raul Castro d’avoir fait abattre des avions américains civils en 1996.
« L’administration Trump prépare quelque chose contre Cuba. Ça va se passer après l’Iran, certainement », a expliqué Éric Sauvé, ancien officier des Forces armées canadiennes et président-directeur général d’Innovigo, en entrevue à LCN.
À cela s’ajoutent les révélations selon lesquelles Cuba aurait acquis 300 drones militaires afin de cibler la base américaine de Guantánamo.
« Les Américains sont en train de fabriquer une crise pour peut-être justifier une intervention dans les prochaines semaines ou les prochains mois », estime Éric Sauvé.

Trump a besoin d’une victoire
Même si les États-Unis ne sont pas tirés d’affaire avec l’Iran, leurs capacités à mener une opération à Cuba demeurent bien réelles, croit l’ancien officier des Forces armées canadiennes.
Si Washington décidait d’intervenir sur le sol cubain, cette opération serait de courte durée, soutient l’expert.
« Ça pourrait prendre la forme d’aller chercher Raul Castro, par exemple. Cependant, Raul Castro, c’est un homme de 94 ans fragile. Je ne suis pas certain que l’opinion publique serait nécessairement favorable à ça. On pourrait aussi être tenté d’aller chercher d’autres dirigeants, comme le président actuel », suggère-t-il.
« Ils veulent une victoire à court terme parce que, dans le fond, Donald Trump a besoin d’une victoire pour les élections de mi-mandat en novembre », ajoute M. Sauvé.
L’histoire des 300 drones pourrait servir de prétexte pour intervenir ; cela permettrait aussi de mieux faire accepter la perspective d’une autre opération militaire auprès des électeurs américains.
« Il faut toujours préparer l’opinion publique pour une guerre. Ça n’a pas été fait pour l’Iran. On a vu qu’il y a un taux de désapprobation très élevé. C’est ça qu’on fait en ce moment pour Cuba, on essaye de pousser l’opinion publique à favoriser l’intervention et de mettre de la pression sur le régime cubain », explique le président d’Innovigo.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-dessus.