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«Poor shaming» et éruptions cutanées: un blogue publie de la désinformation sur les friperies

Photo portrait de Anne-Sophie Poiré

Anne-Sophie Poiré

2026-01-28T22:54:09Z

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Un article du blogue Ton petit look, qui détaille les «20 raisons» pour lesquelles il ne faut «jamais» acheter dans les friperies, fait vivement réagir sur les réseaux sociaux. Des insectes rampants ramenés à la maison, des frais médicaux qui dépassent le coût du vêtement en cas d’éruption cutanée, le risque d’encourager la criminalité: on accuse le média de rapporter des faussetés sur le marché du seconde main, qui est pourtant loué par les experts en économie durable.

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«La plupart des arguments énumérés dans l’article s’appliquent surtout aux vêtements neufs de l’industrie de la fast fashion, et non à ceux que l’on retrouve en friperie», souligne d’emblée l’analyste en réduction à la source pour Équiterre, Julie-Christine Denoncourt. 

Comme beaucoup d’utilisateurs des réseaux sociaux, l’organisme environnemental s’est dit «choqué» par l’article paru sur le blogue Ton petit look, il y a quelques jours, qui a tenu à faire le point sur les «20 raisons» pour lesquelles il vaut mieux éviter les boutiques seconde main.

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«Gênant», «ridicule» et «déconnecté» sont les principaux qualificatifs utilisés pour décrire la publication. 

«Les friperies promettent des bonnes affaires, mais elles apportent souvent plus d’ennuis que de trésors», écrit le journaliste que plusieurs soupçonnent d’être en réalité une intelligence artificielle. 

Capture d'écran / Ton petit look
Capture d'écran / Ton petit look

Parmi les «ennuis» énumérés: les punaises de lit, la saleté, des fringues qui s’abiment après un seul lavage, l’incertitude éthique quant à la provenance du vêtement et de mystérieuses éruptions cutanées qui coûteront plus cher en frais médicaux que le prix du morceau lui-même. 

«En 2026, cet article n’a pas sa place en contexte d’inflation et de crise climatique», lance Julie-Christine Denoncourt. 

«On ne cite aucune source en plus d’alimenter des mythes sur le marché du seconde main que l’industrie a eu tant de mal à déboulonner dans les dernières années. Même si ce n’est pas un blogue à grande portée, ce genre de publication peut nuire à la consommation durable et écoresponsable», ajoute-t-elle. 

Au moment d’écrire ces lignes, le groupe Obox, propriétaire de la marque Ton petit look, n’avait pas répondu à la demande d’entrevue de 24 heures

«Poor shaming»

En pleine crise de l'abordabilité, les friperies demeurent une bonne solution pour se procurer des vêtements de qualité à moindre prix. 

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Plus du tiers de Québécois (35%) avaient d’ailleurs acheté davantage de produits de seconde main en 2025 que l’année précédente, selon le plus récent Baromètre de la consommation responsable paru en mai dernier. 

Les adeptes sont formels: les friperies regorgent de morceaux faits de tissus nobles et durables, comme le coton, la laine ou la soie, qui coûteraient dix fois plus cher s’ils étaient achetés neufs. 

Le blogue Ton petit look ne semble toutefois pas de cet avis et semble préférer s’adonner au «poor shaming», selon plusieurs utilisateurs sur les réseaux sociaux. 

L’article prétend que porter des vêtements d’occasion «peut être perçu comme un signe de désespoir» en plus de «clairement» afficher un «petit budget». «Les professionnels soucieux de leur image s’en tiennent à des vêtements neufs et impeccables pour gagner en crédibilité», dit-on. 

Dans une publication sur Instagram, la journaliste et chroniqueuse mode Lolitta Dandoy, bien connue du milieu depuis plus des décennies, rappelle pourtant qu’elle magasine depuis 30 ans dans les friperies. 

Des éruptions cutanées, vraiment?

Pendant ce temps, l’inflation pousse toujours plus de consommateurs à se tourner vers des articles bon marché de mode éphémère achetés directement du pays de fabrication – pour ne pas nommer les géants Shein et Temu. 

Ils sont vendus à prix dérisoires, certes, mais ils sont surtout dangereux pour la santé. 

Un peu plus de 160 produits achetés sur les deux plateformes chinoises ont récemment été soumis à des analyses mécaniques, chimiques et électriques par l’International Consumer Research and Testing (ICRT). 

Résultat: 65% des articles Temu et 73% des produits Shein n’étaient pas conformes aux règles européennes qui sont similaires à celles en vigueur au pays. 

Certains contenaient même du cadmium, un métal lourd classé «cancérigène» par Santé Canada. 

«Les produits chimiques qui entrent dans la fabrication de vêtements d’ultra-fast fashion ont beaucoup plus de risques de provoquer des éruptions cutanées que l’humidité des friperies», précise Julie-Christine Denoncourt d’Équiterre.

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