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Plus ambitieux que jamais

Marc Bergevin: «À l’interne, on a des attentes élevées»

De l’avis du directeur général Marc Bergevin, le Canadien s’en va dans la bonne direction.
De l’avis du directeur général Marc Bergevin, le Canadien s’en va dans la bonne direction. Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin
Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2021-01-03T20:07:05Z
2021-01-04T01:25:53Z

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Depuis qu’il est en poste, Marc Bergevin a souvent abordé les saisons de son équipe en visant une place en séries éliminatoires. « Une fois dans les séries, tout peut arriver », a-t-il répété à maintes reprises. Cette fois, le discours est différent.

 À 10 jours de l’ouverture de la campagne 2020-2021, le directeur général du Canadien a rencontré les médias par l’entremise d’une visioconférence. 

 « À l’interne, on a des attentes élevées. Il faut performer, a-t-il lancé d’entrée de jeu. J’aime l’équipe qu’on a mise en place. Je m’attends à ce qu’on soit prêt le 13 janvier, à Toronto. »

 Au cours de la saison morte, Bergevin a maximisé ses heures de télétravail en faisant les acquisitions de Jake Allen, Joel Edmundson et Josh Anderson, et en faisant signer un contrat à Tyler Toffoli. À ce quatuor qui venait colmater quatre brèches, il a récemment ajouté de la profondeur en attirant les vénérables Michael Frolik et Corey Perry.

 Ce qu’il y a de particulier avec ces joueurs, c’est que la plupart ont déclaré avoir accepté de se joindre au CH car ils croyaient cette formation en mesure d’aspirer aux grands honneurs. Il faut remonter à loin pour voir des joueurs autonomes s’amener dans la métropole québécoise avec autant de convictions.

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« Ce qu’on a fait dans la bulle nous a beaucoup aidés, a convenu Bergevin. Nos joueurs nous ont lancé un message, on a fait ce qu’on avait à faire. »

S’il y a un reproche qu’on faisait souvent au Tricolore, c’est de ne pas faire le poids contre ses adversaires plus lourds.

Or, Edmundson se joint à Weber au sommet des défenseurs les plus grands du groupe (6 pi, 4 po), Anderson devient l’attaquant le plus lourd (222 livres). D’ailleurs, à 6 pi 3 po, Perry et lui n’accusent qu’un pouce de recul sur Joel Armia, le plus grand attaquant du Tricolore.

« J’ai regardé les gars patiner ce matin [dimanche]. J’aime ce qu’on a fait. Voir que les joueurs sont excités me prouve qu’ils ont la tête au bon endroit. On a toujours une équipe rapide, mais on est plus gros. Nous pourrons jouer de toutes les manières possibles », s’est réjoui le DG.

Il y a quelques années, Bergevin avait tenté de remédier à la situation en embauchant Dwight King et Andreas Martinsen. Disons que, cette fois, on parle de patineurs d’un tout autre calibre.

  • Écoutez la chronique sports et société de Jean-François Baril sur QUB radio:

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Une division compétitive

Grand bien en fera aux Montréalais puisque quatre des sept équipes formant la toute nouvelle division Nord évoluent habituellement dans l’Association de l’Ouest : les Canucks de Vancouver, les Oilers d’Edmonton, les Flames de Calgary et les Jets de Winnipeg.

Il risque d’y avoir beaucoup de hockey robuste, sans compter les nombreux déplacements dans l’ouest du pays. Habituellement, le Tricolore se rend à l’autre extrémité du pays une fois par saison. Un périple d’une semaine au cours duquel en profitent les quatre formations mentionnées plus haut.

Cette fois, ce sont trois séjours de plus d’une semaine qui attendent le Canadien. Cinq matchs en huit jours en janvier, six en 10 au cours du mois de mars et cinq en huit dans la deuxième portion du mois d’avril.

« Au niveau des déplacements, ça va assurément être une saison plus difficile. Mais avec l’équipe qu’on mettra sur la patinoire cette année, on est bien équipé pour faire face aux équipes de l’ouest », a d’abord mentionné Bergevin. « Ce sera une division compétitive. On sait qu’il n’y aura que quatre des sept équipes qui participeront aux séries. Ça signifie que trois seront exclues, trois bonnes équipes. Il faudra être prêts », a-t-il ajouté.

Encore les mains pleines

Ce qui fait la fierté de l’homme de hockey de 55 ans, c’est qu’il est parvenu à assembler ce casse-tête sans sacrifier l’avenir de l’équipe. Présentement, le Canadien détient toujours 14 choix pour le prochain repêchage, qui se tiendra à la fin juillet. Et la banque d’espoirs est demeurée intacte.

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« À travers la LNH, ceux qui disent que le Canadien a tout misé cette année, comme si on avait mis tous nos jetons sur la table, ont tout faux. On n’a rien fait de ça. On a ajouté des éléments sans rien donner. On a gardé nos jeunes et nos choix au repêchage. Donc, l’équipe est bien placée pour cette année, mais également pour les années à venir. »

Bergevin en a profité pour rappeler que c’est l’espace qu’il a toujours jalousement gardé sous le plafond salarial qui lui a permis de faire ces acquisitions. 

Ne reste plus qu’à espérer que la pandémie ne viendra pas annuler tous ces efforts. 

Une clairvoyance qui pourrait être payante  

Au cours de la prochaine saison, la COVID placera les équipes devant des réalités qu’elles n’ont jamais rencontrées auparavant. Voilà pourquoi Marc Bergevin s’est assuré de garnir sa formation de vétérans.

« Présentement, Corey Perry et Tomas Tatar sont toujours en quarantaine. Ils seront en mesure de rejoindre l’équipe dans deux jours [demain]. » 

« Effectuer des transactions a toujours été difficile. Ça le sera encore plus cette saison en raison de la pandémie. Si rien ne change, ce sera difficile d’acquérir des joueurs qui jouent aux États-Unis. »

« La COVID, c’est contagieux. Si un joueur teste positif, ça ne veut pas nécessairement dire qu’il a été imprudent. Il y aura probablement des cas, c’est la raison pour laquelle il est important de miser sur la profondeur et l’expérience. »

Bergevin se félicite d’avoir prévu le coup en faisant rapidement l’acquisition de Jake Allen au terme des séries éliminatoires.

« Je m’attendais à ce qu’on ait un calendrier condensé. Ça nous aidera beaucoup de miser sur deux très bons gardiens. »

Marc Bergevin a été un téléspectateur attentif pendant le Championnat mondial de hockey junior. Il avait les yeux sur trois de ses espoirs : Kaiden Guhle (Canada), Cole Caufield (États-Unis) et Jan Mysak (République tchèque).

« Cole a marqué hier [samedi]. Au cours du tournoi, il a frappé des poteaux et obtenu des occasions de marquer. Sa progression est bonne. Il sera de retour au Wisconsin pour compléter son stage universitaire. »

« Mysak, on l’aime. Il n’a que 18 ans. Il est encore très jeune. Même chose pour Guhle. Il a marqué le premier but du Canada, a fait beaucoup de bonnes choses. J’aime l’espace restreint qu’il laisse entre l’attaquant et lui. J’aime la façon dont il tue des jeux. »

Au terme du tournoi, Caufield retournera à l’Université du Wisconsin. Qu’adviendra-t-il de Guhle (Raiders de Prince Albert) et de Mysak (Bulldgos d’Hamilton), qui appartiennent à des équipes de la LCH ?

« C’est une possibilité qu’ils viennent ici. Présentement, on est en discussion. On attend de voir ce qu’il se passera avec la Ligue junior de l’Ontario et la Ligue junior de l’Ouest [qui n’ont toujours pas repris leurs activités]. »

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