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Planter des arbres, pas une solution magique pour le climat

La plantation d’arbres devrait être «un dernier recours»

Reboiseur à l'œuvre. Il plante des plants de résineux, l'essence que l'on plante le plus au Canada, car c'est ce que réclame l'industrie forestière qui exploite les forêts publiques.
Reboiseur à l'œuvre. Il plante des plants de résineux, l'essence que l'on plante le plus au Canada, car c'est ce que réclame l'industrie forestière qui exploite les forêts publiques. Facebook, Forests Canada
Photo portrait de Anne Caroline Desplanques

Anne Caroline Desplanques

2026-06-02T04:00:00Z
2026-06-02T04:05:00Z

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Planter des arbres n’est pas une solution magique pour lutter contre les changements climatiques. Ottawa n’a d’ailleurs pas suffisamment de données pour mesurer l’impact des pratiques forestières sur nos émissions, a critiqué le commissaire à l’environnement.

Lire aussi : Les arbres de Justin Trudeau réduits en copeaux

« Si [le programme 2 milliards d’arbres] était véritablement une mesure climatique, il faudrait suivre le flux de carbone qui en résultait. Mais je ne vois pas beaucoup ça », déplore Valérie Courtois, forestière et directrice de l’Initiative de leadership autochtone.

Valérie Courtois, forestière innue et directrice de l’Initiative de leadership autochtone.
Valérie Courtois, forestière innue et directrice de l’Initiative de leadership autochtone. Courtoisie Initiative de leadership autochtone

Le commissaire notait en 2023 que le gouvernement « n’avait pas déterminé la façon dont il allait assurer la surveillance à long terme des arbres plantés ». On « ne saura pas si ces arbres ont survécu ni s’ils procurent les bienfaits prévus » sur les émissions du pays, écrivait-il.

Planter émet du carbone

Pour Mme Courtois, la plantation d’arbres devrait être « un dernier recours ».

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Elle explique que la majorité du carbone forestier est stocké dans les sols et les matières organiques. Or, ceux-ci sont souvent perturbés lors des travaux de plantation, ce qui engendre des émissions de carbone.

Le gros des arbres plantés est en plus récolté par les compagnies forestières qui en font du bois d’œuvre ou encore des granules à brûler dans les foyers.

Prioriser les aires protégées

La forestière innue plaide donc plutôt pour la protection des milieux existants, en particulier les zones humides et les tourbières.

Les milieux humides servent d'habitat à de nombreuses espèces, comme ces orignaux. Ils disparaissent nénamoins trois fois plus vite que les forêts, à cause notamment de l’agriculture industrielle et du remblayage lié au développement urbain.
Les milieux humides servent d'habitat à de nombreuses espèces, comme ces orignaux. Ils disparaissent nénamoins trois fois plus vite que les forêts, à cause notamment de l’agriculture industrielle et du remblayage lié au développement urbain. Courtoisie Initiative de leadership autochtone

En mars, le gouvernement Carney a justement annoncé un plan de 3,8 milliards $ pour protéger 30 % du pays d’ici 2030, contre 14 % actuellement. L’enveloppe prévoit un investissement significatif dans le programme des gardiens autochtones du territoire.

Environ un millier de gardiens sont actifs au Canada. Ils collectent des données environnementales en continu permettant de lutter contre les changements climatiques et le déclin des espèces, et renforcent la cohésion sociale sur le territoire.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

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De moins en moins de plantations

Au moment où les feux de forêt déciment des pans entiers du pays, il y a de moins en moins de fonds pour planter des arbres. Ce printemps, les pépinières forestières du pays ont ensemencé 10 % moins que l’an dernier, signale Mike Downing de l’Association canadienne des pépinières forestières.

Il indique qu’il y a de moins en moins de contrats provinciaux de reboisement. Au banc des accusés : la fin du programme 2 milliards d’arbres et les droits de douane américains qui plombent les exportations de bois d’œuvre.

La Scierie St-Michel dans Lanaudière s'est déclarée insolvable il y a quelques jours. Elle avait mis ses activités sur pause en août 2025 et en janvier 2026 à cause des tarifs sur le bois d’œuvre décrétés par l'administration Trump.
La Scierie St-Michel dans Lanaudière s'est déclarée insolvable il y a quelques jours. Elle avait mis ses activités sur pause en août 2025 et en janvier 2026 à cause des tarifs sur le bois d’œuvre décrétés par l'administration Trump. Photo fournie par ASSOCIATION FORESTIÈRE DE LANAUDIÈRE

Pourtant, les plantations ne devraient pas uniquement répondre aux besoins de l’industrie, souligne Valérie Courtois.

Elle explique que planter des feuillus comme les saules de Ramo, plutôt que des épinettes pour faire des planches, permettrait de mitiger l’intensité des feux de forêt puisque ces arbres conservent l’humidité et sont donc moins inflammables.

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