Plan de l'administration Trump: voici les 21 points pour la paix à Gaza
Washington a présenté son idée à quelques pays à l'assemblée générale de l'ONU
Zoé Arcand
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Les États-Unis ne parlent plus de transformer Gaza en centre balnéaire et proposent maintenant un plan pour la paix de 21 points qui permettrait aux Palestiniens de rester chez eux.
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Le quotidien israélien The Times of Israël a obtenu une copie du programme présenté par Washington à quelques pays arabes et musulmans en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York plus tôt cette semaine.
La proposition des États-Unis est à des années-lumière du plan qu’avait évoqué le président américain pour la première fois en février dernier de déplacer les Palestiniens pour faire de la bande Gaza une « Riviera du Moyen-Orient » sous contrôle américain.
Bien que les États-Unis ne reconnaissent toujours pas l’État palestinien, contrairement au Canada ou à la France, le plan fait état de la mise en place d’une Autorité palestinienne qui exclurait le Hamas, « encourage explicitement les Palestiniens à rester à Gaza » en plus de permettre la libération de tous les otages, selon le Times of Israël.
Le plan voit même la première puissance mondiale établir un dialogue avec Israël et les Palestiniens afin de convenir d’un « horizon politique » pour une « coexistence pacifique », indique le quotidien israélien.
Voici les 21 points du plan:
- Gaza deviendra une zone déradicalisée, exempte de terrorisme et ne représentant aucune menace pour ses voisins.
- Gaza sera réaménagée dans l'intérêt de sa population.
- Si Israël et le Hamas acceptent la proposition, la guerre prendra fin immédiatement, l'armée israélienne cessera toutes ses opérations et se retirera progressivement de la bande de Gaza.
- Dans les 48 heures après qu’Israël accepte publiquement l’accord, tous les otages vivants et décédés seront rendus à leur famille.
- Une fois les otages libérés, Israël libérera plusieurs centaines de prisonniers palestiniens condamnés à perpétuité et plus de 1000 Gazaouis arrêtés depuis le début de la guerre, ainsi que les corps de plusieurs centaines de Palestiniens.
- Une fois les otages libérés, les membres du Hamas qui s'engagent à coexister pacifiquement bénéficieront d'une amnistie, tandis que ceux qui souhaitent quitter la bande de Gaza se verront accorder un passage sûr vers des pays acceptant de les recevoir.
- Une fois cet accord conclu, l'aide affluera dans la bande de Gaza à un rythme au moins équivalent à celui fixé dans l'accord sur les otages de janvier 2025, qui prévoyait 600 camions d'aide par jour, ainsi que la remise en état des infrastructures essentielles et l'entrée d'équipements destinés à déblayer les décombres.
- Cette aide sera distribuée — sans ingérence de part et d'autre — par les Nations Unies et le Croissant-Rouge, ainsi que par d'autres organisations internationales non associées à Israël ou au Hamas.
- Gaza sera administrée par un gouvernement provisoire et transitoire composé de technocrates palestiniens qui seront chargés de fournir les services quotidiens à la population de la bande de Gaza. Le comité sera supervisé par un nouvel organisme international créé par les États-Unis en consultation avec leurs partenaires arabes et européens. Il établira un cadre pour le financement du développement de Gaza jusqu'à ce que l'Autorité palestinienne ait achevé son programme de réforme.
- Un plan économique sera élaboré pour reconstruire Gaza, en réunissant des experts ayant une expérience dans la construction de villes modernes au Moyen-Orient et en examinant les plans existants visant à attirer les investissements et à créer des emplois.
- Une zone économique sera créée, avec des tarifs douaniers et des taux d'accès réduits qui seront négociés par les pays participants.
- Personne ne sera contraint de quitter Gaza, mais ceux qui choisiront de partir seront autorisés à revenir. De plus, les Gazaouis seront encouragés à rester dans la bande de Gaza et se verront offrir la possibilité d'y construire un avenir meilleur.
- Le Hamas n'aura aucun rôle à jouer dans la gouvernance de Gaza. Il s'engagera à détruire et à cesser de construire toute infrastructure militaire offensive, y compris les tunnels. Les nouveaux dirigeants de Gaza s'engageront à coexister pacifiquement avec leurs voisins.
- Une garantie de sécurité sera fournie par les partenaires régionaux afin de s'assurer que le Hamas et les autres factions de Gaza respectent leurs obligations et que Gaza cesse de constituer une menace pour Israël ou son propre peuple.
- Les États-Unis travailleront avec leurs partenaires arabes et internationaux pour mettre en place une force internationale de stabilisation temporaire qui sera immédiatement déployée dans la bande de Gaza afin d’y assurer la sécurité dans la bande. Cette force mettra en place et formera une force de police palestinienne, qui servira d'organe de sécurité interne à long terme.
- Israël n'occupera pas Gaza et ne l'annexera pas, et l'armée israélienne cédera progressivement les territoires qu'elle occupe actuellement, à mesure que les forces de sécurité de remplacement établiront leur contrôle et la stabilité dans la bande de Gaza.
- Si le Hamas retarde ou rejette cette proposition, les points ci-dessus seront mis en œuvre dans les zones exemptes de terrorisme, que l'armée israélienne cédera progressivement à la force internationale de stabilisation.
- Israël s'engage à ne plus mener d'attaques au Qatar. Les États-Unis et la communauté internationale reconnaissent le rôle important joué par Doha dans la médiation du conflit à Gaza.
- Un processus visant à déradicaliser la population sera mis en place. Il comprendra un dialogue interconfessionnel visant à changer les mentalités et les discours en Israël et à Gaza.
- Lorsque le développement de Gaza aura progressé et que le programme de réforme de l'Autorité palestinienne aura été mis en œuvre, les conditions pourraient être réunies pour ouvrir une voie crédible vers la création d'un État palestinien, ce à quoi aspire le peuple palestinien.
- Les États-Unis établiront un dialogue entre Israël et les Palestiniens afin de convenir d'un horizon politique pour une coexistence pacifique.