Piscine Aurélie-Rivard: le triomphe de la différence


Benoît Rioux
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Le parcours de l’athlète Aurélie Rivard a été honoré, lundi matin, à Saint-Jean-sur-Richelieu, avec une piscine qui porte désormais son nom. Une victoire symbolique pour elle, mais aussi pour tous ces gens qui, un jour ou l’autre, se sentent différents.
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«De nommer un endroit au nom d’une athlète paralympique, ça va surtout donner beaucoup d’espoir aux jeunes qui, comme moi, sont différents, qu’ils aient un handicap ou non, a commenté la nageuse, avec émotion. Ça lance un message à tous ces jeunes qui ne savent pas trop où ils s’en vont dans la vie. Ils peuvent regarder ça et se dire que c’est possible d’atteindre ses objectifs.»
Il fut une époque, particulièrement à l’adolescence, où Aurélie Rivard ne savait pas non plus où elle s’en allait.
«Je ne pense pas que j’avais le profil pour être la personne que je suis aujourd’hui», a-t-elle résumé simplement.
«Émouvant!»
En discutant un peu avec ses parents, mais aussi avec sa jumelle, Charlotte, on constate rapidement à quel point la piscine Aurélie-Rivard, là où la jeune fille s’entraînait dans le Complexe sportif Claude-Raymond, cache un long parcours parsemé d’embûches. Tout ça parce qu’une fillette est née, en 1996, avec une main gauche sous-développée.
«Quand on s’arrête et qu’on regarde tout le chemin parcouru par Aurélie, c’est incroyable, a témoigné Charlotte. Je l’ai vécue comme sœur, étape par étape. Quand nous étions plus jeunes, elle souffrait d’anxiété et sa confiance était au plancher.»
«Aurélie part de loin, c’était une petite fille très timide qui n’allait pas dormir ailleurs sans nous et qui ne mangeait pas grand-chose, a pour sa part confié sa mère, Nadine Galipeau. Elle avait besoin de sa jumelle, c’était sécurisant pour elle de l’avoir à ses côtés. Aurélie a fait des pas de géant et c’est d’autant plus remarquable, selon moi. C’est émouvant!»
Intimidation et discrimination
L’entrée d’Aurélie Rivard à l’école secondaire Docteur-Alexis-Bouthillier fut particulièrement difficile alors qu’elle a été victime d’intimidation et de discrimination.
«C’est vraiment là qu’elle a réalisé qu’elle était différente, estime sa jumelle, également une ancienne nageuse qui travaille aujourd’hui dans le domaine de la publicité. De mon côté, j’étais là, mais je ne pouvais rien faire parce que je n’étais qu’un enfant, moi aussi.
«Je suis fière de ma sœur parce qu’elle n’avait pas nécessairement le profil, mais elle s’est construit un caractère et elle n’a jamais lâché, a ajouté Charlotte. C’est pleinement mérité! Avec ses 13 médailles paralympiques, ça ne fait aucun sens.»
Pleine reconnaissance
À seulement 28 ans, Aurélie Rivard a déjà visité le podium des Jeux paralympiques à 13 reprises, dont 6 fois sur la plus haute marche. En septembre dernier, à Paris, elle a notamment remporté l’épreuve paralympique du 400 mètres style libre, dans la catégorie S10, pour une troisième fois consécutive.

«Au niveau personnel, c’est la célébration ultime de ma carrière, mais j’y vois aussi quelque chose de plus gros, une décision qui s’inscrit dans le mouvement paralympique, a par ailleurs ajouté Aurélie Rivard, accueillant avec beaucoup d’humilité le fait d’avoir une piscine à son nom. C’est une étape menant vers l’ultime but qui est la pleine reconnaissance des performances, ayant une valeur égale à celles de mes collègues olympiens.»
Remerciant son mentor Benoît Huot, Aurélie Rivard a également tenu à souligner l’apport du Fonds Claude-Raymond dans son développement, indiquant qu’elle n’avait senti «aucune discrimination» de la part de cette organisation «par rapport à [son] handicap».