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«Nous sommes tous concernés et impactés»: Pierre Karl Péladeau lance un autre cri du cœur

Le PDG de Groupe TVA veut mobiliser toute l’industrie

Photo portrait de Guillaume Picard

Guillaume Picard

2026-05-12T16:05:51Z
2026-05-12T18:58:07Z

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Le président et chef de la direction de Groupe TVA par intérim, Pierre Karl Péladeau, a lancé un nouveau cri du cœur, mardi, pour l’avenir de TVA, mais plus particulièrement des fictions après le débranchement de sa nouveauté Indomptables. Il a dit souhaiter mobiliser toute l’industrie et a appelé à une diminution des frais d’exploitation liés à la réglementation.

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« Est-ce qu’on se doit de revoir la façon dont on doit travailler ? C’est indéniable. On doit tous s’asseoir ensemble, avoir une discussion. [...] C’est sûr que c’est pas agréable pour personne, mais c’est incontournable », a dit l’homme d’affaires en marge de l’assemblée générale annuelle de Groupe TVA.

Le modèle d’affaires de la chaîne privée la plus regardée au Québec ne fonctionne plus, les revenus publicitaires étant en chute libre depuis des années au profit des GAFAM, les Google, Amazon, Meta, Microsoft et TikTok de ce monde, qui dominent la planète, a répété M. Péladeau, comme il l’a fait maintes fois.

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« Il n’y a plus de frontières, de licences, il faut que vous déréglementiez », a-t-il dit, ajoutant que les plateformes étrangères nous avaient « envahis » et que, dans leur cas, elles échappaient pratiquement à tout contrôle de l’État.

Photo Agence QMI, JOËL LEMAY
Photo Agence QMI, JOËL LEMAY

M. Péladeau a démontré, chiffres à l’appui, que plus de 90 % des revenus publicitaires, « le pain et le beurre de nos activités », étaient dorénavant accaparés par les entreprises étrangères.

Les revenus publicitaires de la télévision linéaire au Québec francophone se chiffraient, en 2021, à 569 millions $. Ils seront, en 2026, de 420 millions $. À l’horizon de 2030, ils devraient avoir reculé à 325 millions $, selon les plus récentes estimations.

« Je sympathise avec toute l’industrie parce que nous sommes tous concernés et impactés », a-t-il ajouté, disant que la valeur des abonnements en télédistribution avait diminué de 146 millions $ en cinq ans.

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

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Devant les appels à l’aide lancés tant auprès de Québec que d’Ottawa, M. Péladeau croit qu’il « ne peut pas faire autre chose que de répéter, répéter et répéter » son message, à savoir qu’il y a péril en la demeure, non seulement pour la télévision privée, mais aussi pour la culture québécoise.

Les conséquences se font déjà sentir, comme en témoigne l’annonce récente du débranchement de la nouvelle série annuelle Indomptables, lancée en janvier dernier par TVA, qui n’aura pas droit à une deuxième saison en raison d’une enveloppe budgétaire insuffisante. D’autres productions, comme Sorcières ou Passez au salon, ont connu le même sort.

Photo Agence QMI, JOËL LEMAY
Photo Agence QMI, JOËL LEMAY

Selon M. Péladeau, si rien ne change après son énième cri d’alarme, d’autres productions ne verront pas le jour, des productions d’ici seront remplacées par des acquisitions étrangères et des tournages seront délocalisés.

Il a lancé des flèches en direction de Radio-Canada, qui bénéficie de centaines de millions de dollars de deniers publics par année, en plus de piger dans la tarte publicitaire et d’exploiter une plateforme payante.

« Radio-Canada continue d’exercer une concurrence déloyale en raison de sa présence sur le marché publicitaire », a dit M. Péladeau, demandant un « petit break », un « espace ».

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• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Au sujet des frais de production, l’homme d’affaires a indiqué que 30 % des budgets étaient liés à l’AQTIS et a parlé des dérogations aux conventions collectives qui ont été demandées aux syndicats, qui ont rétorqué que leurs membres étaient déjà dans une situation précaire.

« Ce n’est pas une nouveauté », a-t-il souligné, invitant encore une fois « tout le monde à travailler ensemble ».

Depuis 2022, environ 800 emplois ont été supprimés au sein de Groupe TVA, mais, dans l’industrie, les pertes d’effectifs atteignent 3500 travailleurs. Des stations régionales de TVA ont été fermées. Il croit que d’autres employés pourraient être remerciés si rien ne changeait.

Photo Agence QMI, JOËL LEMAY
Photo Agence QMI, JOËL LEMAY

« Les efforts ont été faits et continuent d’être faits », a dit M. Péladeau, qui croit que Groupe TVA et les diffuseurs privés ne peuvent pas continuer d’absorber seuls cette situation.

Soulignons que la première ministre du Québec, Christine Fréchette, a promis, d’ici le 24 juin, de déposer une « Stratégie québécoise de l’audiovisuel ».

TVA menacée de fermeture ?

Est-ce que TVA est menacée de fermeture ou Québecor pourrait-elle s’en départir ? a-t-on demandé à M. Péladeau.

« Est-ce que TVA est éternelle ? Ça, je ne peux pas répondre à ça. Ma responsabilité, c’est d’essayer de m’assurer que, justement, on va avoir un véhicule de promotion de notre culture, de notre industrie, de notre écosystème, le plus viable possible. »

Quant à TVA Sports, qui bénéficie en ce moment des succès du Canadien de Montréal, les négociations pour le renouvellement de l’entente de diffusion des matchs de la LNH sont « très avancées », selon M. Péladeau.

Au moment même où celui qui est aussi président et chef de la direction de Québecor lançait son cri du cœur, Radio-Canada dévoilait deux nouvelles fictions, les séries Sur le fil et Plan B 5.

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